‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 4)Chapitre 88 sur 157 · LIVRE III. SECT, 2*. CIIAP, IX · texte numérisé non relu

LIVRE III. SECT, 2*. CIIAP, IX

Rs^rogne vénaieiit de l'envoyer à la cour, sans doute avçc le consentement de Schwyz ^K Schwyz, il est vrai, protesta de la manière la plus formelle ^^ qu'il ne lui avait point donné de message; lui-même assura n'avoir fait aucune mention de Grûningen et du bailliage libre. Quelques personnes s'obstinèrent néanmoins à croire que l'intention de Schwyz était de recevoir de l'Empereur rinvestiture de ces pays^*; d'autres conjecturaient que l'Empereur profiterait de la jalousie qui r^;nait entre les Confédérés pour recouvrer les domaines patrimoniaux perdus par sa maison. Depuis l'avènement d'Albert, de vieux amis de Habsbourg s'étaient montrés trop dévoués à la cour |*d' Autriche/ pour qu'il fut nécessaire qu'un homme de Schwyz vînt rappeler à l'Empereur l'occasion favorable.

Quoi qu'il en soit, les juges et le surarbitre chargés de prononcer ei^tre Zurich, les Rarogne et Wyl, se rendirent à la diète de Lucerne '^. Les citoyens de Grûningen y produisirent maint grief sur le peu de respect de Zurich pour leurs anciennes libertés, ainsi que la prière de leur conserver provisoirement leur position, conformément à la lettre royale. Un député d'Unterwalden , animé de l'esprit de ses pères, qui préféraient à tout le reste le pacte et la liberté, s'écria ; « Je » m'étonne , hommes de Grûningen , que vous et d'au- » très soyez si insensés que de vous imaginer que » pour une lettre , une sommation et un ordre du roi » romain, nous violerons nos alliances à l'égard de

** Il ne pouvait guère leur cacher son voyage et le bot dans lequel il Fentreprenait.

** « Ils Tattestèrent avec de gros mois. » Tsekudi. ** BulUnger le croit ainsi.

** 1441, 15 février.

» Zurich ou de qui que ce soit. Quand même le Roi » écrirait derechef, et que le Pape écrirait aussi ^ cela » n'aura jamais lieu ^^. » L'accueil fait à ces paroles prouva aux citoyens de Grûningen qu'ils devaient se soumettre ^^. Afin de les y décider, les Confédérés convinrent avec Berne de se faire présenter les griefs et de leur procurer l'assurance d'une bonne administration. Ensuite on parla sérieusement aux deux frères Pétermann et Hildebrand , barons de Rarogne , et aux députés de Wyl : <» Les Confédérés, pour leur part, ne » se font pas rembourser un sou des frais de la guerre ; » en tout cas, ce serait au parti qui a été secouru à » donner des indemnités ^'^ ; les sires de Rarogne et les » citoyens de Wyl se sont déjà passablement dédom- » mages au moyen de quelques mille florins de contri* » butions de guerre et du bétail qu'ils ont emmené ; les » guerres intérieures n'enrichissent pas ^^, ils doivent » le savoir; le surarbitre et les arbitres, par amour » pour eux , ne prononceront pas ^ afin qu'ils puissent » mériter la reconnaissance par une renonciation vo- » lontaire. » A l'ouïe de ce langage des Confédérés, Rarogne et Wyl délièrent les pays conquis de leurs ser-mens. Ceux-ci furent requis par les Confédérés de prêter de nouveau serment à Zurich , sans délai et san» égard pour la lettre royale.

Le serment fut prêté; le comté de Kibourg, la sei-»

** Tsehudi

^* « Alors les pauvres gens du district de Grûningen virent que c'en était fait de la consolation que les Schwyzois leur avaient donnée, • HùpU,

*^ Cet argument dut empêcher Schwyz de pousser raffaire plus loin.

** On les oppose ici aux guerres que les chevaliers faisaient au service de seigneurs étrangers.

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