‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 4)Chapitre 9 sur 157 · LIVRE m. SECT, 2*. CHAP. III · texte numérisé non relu

LIVRE m. SECT, 2*. CHAP. III

sant bourgmestre^^. La cour de Frédéric était un rendiez- vous des grands de l'Autriche antérieure , de la Rhétie et de l'Helvétie y des parens de sa maison qui désiraient une ^lÉrt dans son testament , d'un grand nombre de capitaines ^ de gouverneurs , de jeunes chevaliers qui cherchaient du service , et d'au-' très qui considéraient cette cour comme une école des moeurs de la noblesse; là brillaient les de Rarogne^ les Werdenberg, les Arbourg, les Sax, les Metsch de Kirchberg, les de Brandis, tous rivaux dans le grand art de plaire. Pour figurer avec honneur dans ce cercle de gentilshommes^ les bourgeois et les campagnards suisses avaient besoin de deux choses, d'un mérite personnel qui inspirât une estime involontaire, et d'une adroite modestie qui pût le leur faire pardonner. Le jeune Stûssi avait les défauts opposés. Le comte et les autres seigneurs qui le croyaient encore peu formé ne faisaient pas grande attention à lui, et les jeunes nobles, rapprochés de lui par l'âge , déconcertaient sa vanité par leurs railleries ^^ . Dans ses lettres à son père il représenta sa position sous le jour le plus odieux ; le cœur paternel ne soupçonna pas ses motifs. Croyant voir sa personne et Zurich méprisés dans son fils, le bourgmestre le rappela et témoigna de l'humeur. Le comte, qui ignorait la cause de ce rappel, mais qui en prévit les suites, exprima de la manière la plus vive le chagrin qu'il en ressentait. C'est après cela qu'il perdit son procès contre les Siegbert, reçut la sommation au sujet de Windek et le message relatif à sa succession ^^.

^* « 11 s'imaginait que , parce qu'il était fils du bourgiuestre , les chaise^ et les bancs devaient, à la cour, lui faire la révérence. » Tfchudi ^7 Ils le traitaient de coq bouffi. Id, 4» Jgan Conrad FàtsUn^ Géogr, de la Confédirai. , Ul, 4â , 45 et 7% ,

Le landammann de Schwyz , Ital Réding de Kberegg, sortait d'une très-ancienne famille; la gloire du triomphe de Morgarten rejaillit en grande partie sur son bisaïeul ^^ ; son propre pîre , Hector, avait été landammann. Outre les richesses de sa famille, qu'il sut augmenter d*une manière brillante^®, et Téloquence qui le rendit célèbre ^^, il faut qu'il ait possédé à un haut degré les qualités qui exercent le plus d'influence dans une démocratie, une mâle cordialité, une ajQkbilité noble et insinuante, une intelligence prompte en ressources , le feu de l'enthousiasme , un courage inébranlable, puisque dans un pays fort ja- Iqpix de la liberté et de l'égalité il régna ^^> pour ainsi

doute de la vérité de ces faits par trois raisons s i* Ils ne reposent pas sur des preuves suffisantes; 2* ils dénoteraient une petitesse d'esprit indigne du caractère que montrèrent constamment le bourgmestre et le comte; S" Zurich prétendit toujours être demeuré dans de bons termes avec Frédéric. A ces observations nous opposerons les suivantes : i** Il est rarement possible de trouver des preuves diplomatiques de faits semblables; d'ailleurs, non-seulement Tschudi, qui possédait des documeos contemporains, mais aussi le Zuricois Louis Edlibaeh, qui profita de la chronique de son père, né en 1454 , racontent la chose si ouvertement, que Leu (bourgmestre de Zurich) , et , à ma connaissance , presque tous les autres historiens, l'ont admise sans contradiction; 2* si la conduite du bourgmestre (le comte est entièrement innocent) a trahi en cela quelque faiblesse, celle-ci a de trop profondes racines dans le cœur humain pour n'être pas excusable même chez des hommes d'un sentiment moral beaucoup plus cultivé qu'on ne peut l'attendre équîtablement de ce siècle; S** l'assertion de Zurich n'exclut pas tout incident pémble; cda serait contraire à tous les actes; mais certes il est impossible de l'entendre d'une affaire privée à laquelle la ville, comme État, n'a pas donné la moindre attention.

^* T. n, p. 276. Bisaïeul, du moins selon Leu.

^® Il reçut du roi , pour ses domaines , l'investiture de la Marche.

^^ Il harangua en 1415 le concile de Constance au nom des Confédérés, et en 1417, à Einsidlen, l'Empereiu: au nom.de Sch^z. Leu.

^ Félix Hemmerlin , son contemporain , mais ennemi acharné de Schwyz, dit qu'il fut le demi-dieu des Schwyzois , « et suo et alieno po-

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dire ^ pendant bien des années avec une autorité sans exemple avant lui. Il sut apurer à son canton une prépondérance analogue parmi les Confédérés. Il avait un frère signalé par sa bravoure ^^, et des fils qu'il introduisit de bonne heure dans les affaires publiques ^^. Son esprit et son courage revivaient surtout dans son filsIteP^. On ne sait pas d'une manière précise comr ment le landammann mit à profit le refroidissement de Frédéric de Tokenbourg pour Zurich afin d'augmenter l'influence de Schwyz : il parait qu'à l'égal d'autres hommes d'Etat haUles il fit servir à ses desseinsy outre les considérations politiques ^ certaines circonstances qui parlaient au cœur de Frédéric. Son fils illégitime, Jean de Tokenbourg , qui n'eut en partage que les dons immédiate de son père et que celuin^i dut laisser après lui sans ressources, fut reçu bourgeois à Schwyz ^^

• polo crudelias debîto dominatum ; » • crudelius » signî6e sans doute plus puissamment, caria cruauté n'aurait pas été long- temps tolérée par ses concitoyens. Bibl, helvét,!, 69, « exepislola ad quemdam superbum clerîcum. »

'> Le capitaine Jost; qui périt en i^kh , près de Saint-Jacques.

^* Rodolphe fut nommé bailli déjà avant 1421.

^^ Landammann à Schwyz durant vingt années consécutives ; il mourut en 1A66. n sera souvent question de lui.

*• T. rv, p. 506. Il y eut encore un Diethelm de Ton ne sait quelle branche de la famille de Tokenbourg , et dont la naissance est également inconnue. Né vers 1890 , il n'était pas issu de Diethelm , père de Frédéric , qui mourut en 1885 , mais plutôt d'une branche latérale a!née^ encore peu connue. Le méchant abbé de Saint-6all,Guno de Stoffien, doit avoir faussement accusé ce jeune homme d'en vouloir à ses jours. On rapporte qu'il s'enfuit en lii09> et lit en aventurier les guerres du Nord; qu'ensuite il revint dans la haute Allemagne (ce fut sans doute plutôt son fils), qu'il épousa en Souabe une de Frondsperg ; que plus tard son fils Frédéric Diethelm , époux d'une de Ramschwag , s'établit dans la Thnrgovie, et le fils de celui-ci, Ulrich Diethelm, à Rasch«in non loia

L'invitation à désigner son héritier et à permettre le rachat de Windek ne put engager le comte à quitter la position à laquelle il fut redevable , dans des conjonctu* res difficiles^ du long bonheur de son gouveriiement. Il fit valoir l'impossibilité de prendre une prompte résolution sur de si grands intérêts ^'^; il promit d'en venir à une détermination précise dans une conférence. On y invita Schwyz et Berne. Quelques parens du comte avaient des relations étroites avec cette dernière ville.

La souche commune de Frédéric et de ses parens y c'était son grand-père du même nom que lui ^*. Celuici eut de Gunégonde, héritière de Vatz, deux fils et autant de filles^ Donat ^^^ Diethelm^ Marguerite et Clémence.

Le comte Donat de Tokenbourg laissa en mourant une fille unique ^ nommée Gunégonde comme sa grandmère , épouse du comte Guillaume de Montfort-Bré-

dllanz, dans les Grisons » où il devint le père d'une famille encore florissante. Charte du Cuvig (juge de village) et de la communauté des voisins de Raschein en faveur du nohle et honorable sire Diethelm de Tokenbourg (se référant à des chartes de celui-ci) , 152Q ; renouvelée 1641. Comme il arrive pour les traditions de famille, il y a quelque difficulté , mais non insurmontable, à concilier la tradition avec les chartes : Ulrich Diethelm doit être né en 1&80 ; son père naquit donc probablement au plus tard en 1455; or, les de Frondsperg ne s'établirent en Souabe qu'en 1467, alors qulls achetèrent la seigneurie de Mindelheim. Le baron de Hormayr dans i'Almanach tyrolien de 1804. — Toutefois il ne parait pas impossible de concilier ces données ; les époques ne sont déterminées que dans la tradition et non dans le document fondamental de 1520.

'^ Protoc. munie, de Zurich, vers Vérène 1482 : « Il n'en fiait jamais^ il passe d'un but h un antre. »

" Mort en 1369.

" Mort en 1399.

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