‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 5)Chapitre 23 sur 75 · XII · texte numérisé non relu

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d'un sommeil appesanti par le vin , il en fit un grand carnage. Quelque grave qu'eût été l'échec^ il ne frappa point les Suisses comme la nouvelle que Henri III se trouvait eh pèlrsonne dans l'armée de la Ligue , à la tète de 1 0^000 Confédérés. Us se plaignirent vivement de la tromperie qui les exposait à combattre le roi de France et ceux de leurs frères qui servaient sous ses drapeaux. « Ces braves, dirent-ils , sont fidties aux alliances. Ils ne sont point partis secrètement comme nous^ eh trompant l'oôil du magistrat, u Tillmann , le plus respecté de leurs chefs , n'était plus, fionstetten l'avait remplacé dans le commandement sans succéder à son autorité. Ils le contraignirent d'envoyor faire connaître au roi sur quelle fausse supposition ik étaient entrés en France, Les députés rencontrèrent Henri III dans l'abbaye de Bonval et déposèrent à ses pieds l'expression de teurs regrets. « C'est bien , leur répondit le monarque ; mais si , maintenant que vous m'avez vu commander mes armées , vous persévériez à me combattre^ vos supérieurs me vengeraieht. >j Sur ces entrefaites, les Allemands se laissèrent surprendre dans les environs de Chartres , et Guise en fit encore périr un grand nombre. Les maladies s'étaient jointes à l'épée pour les emporter par milliers. Alors toute cette puissante armée, qui avait fait trembler le sol de la France, se fondit comme la heige an soleil. Point de guides, point de pain pour les hommes, de fourrage pour les chevaux. Le soldat, n'ayant pas de poudre, jetait son arquebuse. Les Suisses n^pociaient avec le roi. Fendant la conférence, d'Êpemon> croyant avoir meilleur marché d'eux par le glaive, les attaqua brusquement; mais ils le repoussèrent avec vigueur^ et le, firent rentrer dans ses quartiers. Une

ocmventîon fui signée le 2 décembre, par laquelle les Confédérée s'engageaient à sortir de France * ; le ix>i, à leur payer 450,000 écus ^. Un banquet donné par d'Êpemon réunit quelques heures les Suisses des deux camps. Le roi leur fit à tous force caresses. Puis> aban* donnant la France aux Ligueurs, les restes des trois régimens se laissèrent ccmvoyer jusqu'à la frontière. Ils arrivèrent à Genève épuisés^. La maladie avait emporté les deux de Mullinen, Gabriel et Sébastien de Diessbach , Luternau, Sturler, Merveilleux , tous ex<r cellens capitaines. Les guerres d'Italie les plus meurtrières Favaient été moins que cette campagne. De treize mille hommes, partis dans la joie, cinq mille à peine rentrèrent, les {uremiers jours de l'an 1588, dans leurs foyers, s'entourant des ombres de la nuit, plusieurs pour mourir de fatigue ou de chagrin. A Zurich, quelques-uns payèrent de leur tète la désobéissance aux lois de leur patrie^.

La terreur les suivait. Guise, assurait-on, se pressait

* « Ponr n'y plus rentrer qu'ils ne fassent rappelés par Sa Majesté. • Il n'y avait point là de Xénopbon. — Quelques-uns prirent parti dans les tiODpes da roL Journal de Henri IIL Mémoiret de Neverê,

> A la mi-décembi^. Ils étaient nus, sans souliers.

* StiU, gebedgt und bcschim. Vat. Slg.

* Berne soumit aussi la conduite des capitaines à un examen. Manuel « AI 5. — â Neuch&tel, plusieurs membres de la justice ayant été destitués pour atoir pris part à l'expédition, le conseil d'état appela quelquesuns des quarante à y siéger à leur défaut — Les rumens Krepaioger, Réding et Tuggîner, qui avaient servi le roi, rentrèrent en âolne on nioia plus tant •— De Thoo. -^ D'Aubigné* — Davila«— Duplesits Mornay, IV, S9. — Cayet — Mémoires de la iôgne. -^ Sommaire discours de la ^léfnte des reltres dans Gimber, XL --«^Mémoires'de Sillery^ mas. Sa lettre aux Gantons catholiques et son discours tenu à Lacerae le Si décembre^— Reddition de 12,000 Suisses au roi. ( Leloog, II, iS, 611).-^ Mémoire de ce qui s'est fait en l'armée du roi de Navan» ( Lelong^

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sur leurs pas. Bientôt Ton apprit que le fer et le feu ravageaient le Montbelliard, terre amie et protestante ^ Déjà les partis se montraient sur la frontière. Berne , s*àttendant à voir les armées de la Ligne franchir le Jnra, se hâta de mettre quelques mille hommes sous les armes. Genéye vit Forage s'avancer plus menaçant que jamais. Il y avait plusieurs années que Sixte Y mon-* trait du doigt cette ville et l'Angleterre : Tune^ en pro* mettant au roi d'Espagne un million d'écus le jour que ses flottes y auraient acquis un port ; l'autre^ en déchirant la honte des princes chrétiens de l'avoir laissée subsister jusqu'à cette heure. On Tavait entendu dire : « Au défaut des hommes^ Dieu choisira des légions d'anges pour renverser le prince, protecteur de Genève. » Cette parole venait de s'accomplir. Le faibk Henri ill ne s'opposait plus à l'attaque. Les Gantons catholiques la permettaient, à la condition que, la ville conquise, ses remparts seraient rasés. Mats Dieu n'a* vait privé Genève de la protection du roi que pour lui en donner une nouvelle. Ce iîit, qui l'eût cru? celle de Sixte y lui-même. Déjà les troupes pontificales étaient en marche vers les Alpes; elles allaient se réunir à celles de Charles Emmanuel, lorsqu'elles reçurent Tordre de faire halte ^i. Ce n'était pas au moment où la

18, 640 ). — Der Navarrîsche oder Tempiakrieg ( par un Bmnois )• — Slettler. -*- Mem. tigorina ( 2* édit )» 154. ~ Sismondi, XX.

* Manuel du Conseil de Berne, 415. -- Stettler. — Deataebe Mi»- Ten. Le Donba, enflé par les plniest airMa Vumée des priosea lomins»

^ t Si la gaerte est de seligion, le frnil doit en rester an pqie «I è Téyéqae de Genève ; si (fétal, ao dnc et doit se iaire parlai. » Léli, 2S6.— Tempesti, V, 49S.-- Spon» H, 69. -^ Gliarles Emmannei rappela de Rome son ambassadenr. Quand Siite mourut , l'on assort fut Is diable l'avait étranglé.

France succombait que Rome pouvait ajouter à la prépondérance de FEspagne, Le rôle du Saint-Siège était de maintenir l'équilibre européen, non d*achever de le rompre. L'orage s'éloigna cette fois encore de Genève et des Gantons.

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