‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 10 sur 178 · LIVRE IV. CHAP. VI · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP. VI

de la Suisse et une position neutre. Presque cernée par des sujets ou des partisans de l'Autriche , à peu près sans territoire, empêchée par l'indépendance jalouse du Klekgau m , district le plus voisin , de former quelque alliance intime , cette ville devait préférer en politique la prudence à la magnanimité. Hewdorf méditait une surprise pour déterminer en faveur de l'Autriche ces sentimens flottans. Il rassembla donc à Waldshut autant de cavalerie qu'il était possible de le faire sans donner l'éveil. Fier comme à Rome, alors qu'il fut créé chevalier m , Bilgeri traversa le Klekgau, montra joyeusement dans Kûssenberg son haut et grand manoir m , et dans la forêt du Rossberg la place où s'élevait naguère le château paternel ,23 , remonta rapidement cette formidable vallée , passa par Neukirch , prés de Lôhningen , où des ecclésiastiques tenaient les faibles rênes du gouvernement 12 *, au pied du château des anciens Hune de Béringen 12s , et arriva au défilé situé sur l'ancienne frontière 126 ; de ses rochers avan-

Des évènemens arrivés peu après prouvent que Neukirch et Unterhallau aspiraient à l'indépendance. La sollicitude des habitans de Wîlchingen pour leurs libertés , leurs droits et leurs anciens usages se voit dans des chartes de 1433 et 1437.

411 Ordre de l'entrée 1452, dans Pet, Scriptt. rer. Austriac. t. II, 561. U figure là comme conseiller.

IM Riïger dans le registre de famille des Im Thurn.

151 Henri de Hewdorf le vendit en 1443 à Guillaume Im Thurn. Ibid.

4S * Charte de 1 k 05. Gomme quoi Tévêque Marquard de Constance hypothèque à la ville pour 4562 florins d'or ses revenus et ses droits dans le Klekgau. Acte d'achat passé par le bourgmestre Adam Cron avec le couvent de Paradis pour les six métairies de Lôhningen. 1439.

" 5 Sur la plus haute cime de la montagne, du côté de l'Enge (défilé). Leu. On en voit quelques traces.

,M Cette donnée est tirée des actes de partage carlovingiens. Plus tard, le tribunal provincial du Klekgau se réunit dans SdbaJIhouse aru Tilleul

ces on découvre la ville de Schaffhouse , le fleuve et au loin les plaines riantes d autres pays. Sur la ligne où les collines boisées se terminent en vignobles , un fossé défendait les faubourgs contre des surprises 127 ; les petits châteaux des nobles Schaflhousois ornaient et protégeaient le Lôwenstein et d'autres collines 128 . Toutà-coup la ville fut , non pas invitée avec des paroles flatteuses à se réunir amicalement à l'Autriche, mais sommée avec menacede se soumettre 129 : la sommation fut si impérieuse, que le bourgmestre 130 ne la rapporta au peuple qu'en tremblant ; sa communication fut repoussée avec outrage. Il régnait dans la ville une vieille et confiante affection pour la domination clémente de l'Autriche ; on tenait à vivre en paix et en bonne intelligence avec la noblesse circonvoisine ; on aurait donc accepté des conditions convenables. Mais Tinsolence des menaces éveilla chez les gentilshommes et les bourgeois le sentiment de leur dignité, le souvenir de services payés d'ingratitude et des craintes pour les générations à venir. Dans cet embarras extrême, les Schaffhousois mirent à profit la lenteur

(1290; Ch.). Les limites du Klekgau avaient-elles changé, ou bien le défilé carlovingien n'élait-il pas celui dont nous parlons? Car avant qu'où eût fait sauter des rochers au bord du Rhin et ailleurs, il y avait partout des défilés qui méritaient ce nom.

127 Le fossé près de l'hôpital est mentionné dans une eh. de 1466.

111 11 passa en 1449 de la famille des Lyben à celle des Im Thurn. Riïger.

119 Le mot sujétion fit une mauvaise impression. Stcttler, 1, 178 ; mais ils dirent «qu'il devait en être ainsi et non autrement » Bullinger.

m May t Hist. milit., le nomme Henri Barter; celui-ci vivait en effet alors : je n'ose pas faire souvent usage des récils de May, soit parce qu'il ne cite pas les sources, soit parce qu'il est fréquemment en contradiction avec les sources que je connais. v •

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