LIVRE IV. CHAP. VI
souvent salutaire des formes républicaines pour gagner du temps 131 : ils se hâtèrent d'envoyer aux Suisses, par l'intermédiaire de Zurich, leur engagement définitiflong-temps différé. Hewdorf attendait impartent, mais avec confiance, les clefs et la soumission , lorsque soudain le bruit des cloches du couvent de Tous-les- Saints, de la tour de St.-Jean et de tous les autres clochers, l'éclat des trompettes, des cris de joie attirèrent tous les regards vers la ville. On aperçut sur le pont du Rhin le cortège des députés de Zurich, de Berne, de Lucerne, deSchwyz, de Zoug et deGlaris. Bilgeri exhala des imprécations ; Henri de Randeck railla amèrement les orgueilleux seigneurs 132 ; tous s accablèrent réciproquement de reproches si vifs, que peu s'en fallut qu'il n'en vinssent aux mains 133 ; chacun reprit le chemin de ses foyers.
Le bourgmestre, les conseils et tous les bourgeois qui avaient accompli leur seizième année, réunis dans l'église de St.-Jean, jurèrent avec les députés une alliance suisse pour vingt-cinq ans* 34 ; ils jurèrent de s'entr'aider loyalement, de leurs conseils et de leurs armes, pour obtenir droit 135 , pour repousser l'injustice,
1,1 On porta celte affaire devant les tribus, dont le vote devait être précédé d'un rapport et d'une discussion qui exigeaient du temps.
&M Riïgcr dans la chronique de la ville. Fils d'un père plein de mérite, il faisait partie du conseil de Scbaffhouse, il y a quelques années; mais il en fat exclus et condamné à une amende pour avoir fait une fausse indication de sa fortune , à l'époque du paiement des contributions. Pfisier.
m Hewdorf lui-même faillit à être battu. Bull. On emmena Randek
Hé. Riiger.
»* Alliance du 1" juin 1454, dans Tschudi; 13 jours avant l'alliance avec la ville deSL-Gall.
m Nommément pour maintenir la liberté impériale.
€t convinrent de s'accorder les uns aux autres la liberté du transit et du marché. La ville abandonna le droit de faire des traités 136 avec des étrangers ou la guerre sans l'autorisation des Confédérés. La liberté trouve sa sûreté dans ses limites.
Le frein mis à l'ardeur belliqueuse ne fut pas inutile. Aussitôt que l'énergie suisse anima les Schaffhousois, ils parlèrent fièrement à Lupfen 137 , et les villes souabes les honorèrent comme d'importans intermédiaires entre elles et la Suisse 138 . Au nom de la Confédération , Zurich 189 et plus amicalement encore Lucerne H0 s'empressèrent, à force de conseils, d'encouragemens, d'interventions, de prouver aux nouveaux Suisses le prix de leur alliance. Par dépit de cette alliance ou des contributions nécessaires à la chose publique, deux Fulach et un Im Thurn 141 renoncèrent
Bien entendu des traités qui eussent pu devenir dangereux pour la liberté et la tranquillité de la république. On en trouve encore dans la suite un grand nombre sur des affaires particulières et auxquels le reste de la Suisse ne prit aucune part. Au temps dont il s'agit, l'obligation de se concerter était fort utile pour écarter toute proposition ultérieure; on avait affaire désormais avec toute la Confédération.
Sur le droit de chasse dans le Randen. Lettre de Zurich à Schaffhouse. St.-Matthieu. 1454.
Correspondance de Schaffhouse avec Rothwyl, vers St.-Othmar « Tels sont les Confédérés, ils aident à exécuter après avoir aidé à délibérer. • Lettre, 137.
**• Lucerne d Se hafffiouse 1455. «Fussent-ils seuls entre tous, par amitié pour Schaffhouse, ils enverront l'avoyer de Hunwyl à Strasbourg, quelque difficile qu'il soit pour eux de se passer de lui dans ce moment. >
144 Henri et Gaspard de Fulach, Guillaume Im Thurn au Noisetier (*) et Guillaume Am Stad. Acte de conciliation, U56, fValdkireh, Chron. de Schaffli.
* Dans plusieurs anciennes villes de la Suisse , un certain nombre de maisons avaient ou même ont encore une espèce d'enseigne peinte ou sculptée sur la façade, un noisetier, un sapin, un cygne; le propriétaire . pour se distinguer des autres citoyens du même nom , ajoutait au sien celui de son habitation. On s'appelait ainsi M. X. du'TUleul, ce qu» ne bissait pas de donner aux roturiers le plaisir d'an petit ai* de noblesse. C M.