LIVRE IV. CHAP. VII
comme aujourd'hui , par députation * 10 , et chaque députation à la majorité de ses membres, sur le moyen de réunir les forces de l'Allemagne , en proclamant la paix générale 411 , sur le contingent à fournir par chaque État pour un corps d'observation de dix mille hommes 412 , sur l'établissement d'un fonds commun 413 . La décision définitive fut différée jusqu'au moment où l'on délibérerait sur des résolutions complémentaires 414 ; la défiance, Tégoïsme 415 , l'esprit de parti 416 firent perdre de vue la cause de la chrétienté. L'Empereur , qui avait eu des intentions sérieuses 417 , refusait maintenant dans sa mauvaise humeur de confirmer aux Suisses , quoique soutenus par la maison de Wurtemberg, les franchises octroyées par ses prédécesseurs 418 .
»*• Le nombre des députations était de 25. Ibid.
411 Paix publique, 24 juillet, 1471 , dans Goldast , Liïnig , Dumont.
411 Voyez la Matricule d'Empire dans Mullcr, Théâtre de la diète d'Empire sous Frédéric V (III) 4 e représentation, p. 486. Les Confédérés étaient taxés fort haut, à 1000 fantassins et 100 cavaliers : de ce nombre l'évêque de Baie devait fournir 3 cavaliers et 10 fantassins; celui de Genève, 2 et 10 ; celui de Lausanne, 6 et 15 ; les frères Comtes de Werdenberg 3 et 6 ; le comte de Thiersiein, 1 et 2 ; celui d'Arberg (Valangin et Willisau ) , 3 et 6 ; l'abbé de St,-Gall , 3 et 5, et pour le Tokenbourg , 1 et 2 ; celui de Schafîbouse , 1 et 2 comme celui d'Einsidlen et celui de St. -Jean à Tokenbourg; la ville de Bâle, 15 et 30; Mulhouse, 3 et 6.
*»* Mâller,\. c. 490.
414 Les villes dirent vouloir se déclarer au bout de six semaines.
415 Les primes-électeurs ecclésiastiques refusèrent la dîme, vu qu'ils payaient au pays les annates, « ut habeant cardinales, unde alant bes- » lias snas. » Kranz ,W andalia.
416 L'Empereur était fort mal avec le Patatinat et Veideni. Ilœberlin , VI, 692. On s'en aperçoit dans la Missive.
4,7 Missive : On craignait qu'il ne détournât le fonds commun de sa destination : mais n'avait-il pas lui-même le plus grand intérêt à écarter l'ennemi?
iln Schilling % Stumpf, Btdlinger, expressément Comment donc
Mainte décision fut inscrite au protocole 419 , mais on put bientôt dire de cette diète aussi : « L'Empereur a pris beaucoup de résolutions que Frédéric est hors detat d'exécuter 420 . »
Bilgeri de Hewdorf , Bernard d'Eptingen et d'autres ennemis des Confédérés virent sans doute avec peine que Charles possédât depuis trois ans les pays hypothéqués par l'Autriche , sans avoir commencé encore la guerre désirée. Ils cherchèrent donc à aigrir les Suisses par des actes de violence 421 ; les représentations furent reproduites à la cour, sans doute par l'organe de Hagenbach 422 . Charles, qui se défiait du roi 423 , et ne pouvait voir avec indifférence les troubles de l'Angleterre , tacha de gagner du temps par des négociations 424 et de hâter l'accomplissement du #œu impatient de l'Autriche 425 , dans le but de s'assurer à lui-même la dignité royale et le vicariat d'Empire sur la rive gauche du Rhin 426 .
Pfeffel{Hist. d'Ail. A. 471) a-t-il pu dire : .Les Suisses sont investis de leur supériorité territoriale?»
**' Le Recês ou Protocole est dans Senkenberg , t. I.
420 Campanus in epp. Il accompagna le cardinal légat (Piccoloraini).
424 Schilling, p. 75. Il se pourrait cependant qu'on eût confondu ce fait avec celui qu'on va raconter bientôt.
4,2 A cela se rapporte l'Instruction de Charles pour la députation destinée à Sigismond; elle fut probablement donnée vers la fin de 1472, et elle se trouve dans Comines, III, 238.
iK » En grande cautèle lient la matière en suspens avec journées d'amiabilité. » Ibid. '
414 II demanda que cette année encore, mais pour la dernière fois, Sigismond laissât reposer ses mandats impériaux d'arrestation • contre les particuliers Zwitsois. » Le nom des Suisses est écrit de cette façon dans tout ce document, et celui de l'Autriche, « Otherice. »
425 Le mariage avec son héritière.
426 II était question de conférer à Charles la dignité de roi du Saint- Empire romain.