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LIVRE IV. CHAP> VII

En Angleterre, la dernière espérance de la Rose Rouge sétant éteinte dans une triste obscurité 427 , Louis conclut avec Charles une trêve dans laquelle il comprit la république de Berne et tous les Confédérés de la ligue de la haute Allemagne 428 ; en réalité il venait de poser les armes pour jamais 429 . Alors Hagenbach et les seigneurs dont nous avons parlé commirent de jour en jour plus d'actes hostiles contre la Suisse.

La fabrication des toiles florissait depuis peu de temps en Suisse 430 ; des marchands de toile 431 de Zurich, de Berne, de Lucerne et de Schwyz s'étaient mis en route pour la foire de Francfort. Bilgeri de Hewdorf, qui était au service de Bourgogne, voulant se venger de la Confédération 432 , les surprit non loin de Brisach 433 , les pilla 434 et les fit emmener à Schuttern, petite ville, assez forte pour ce temps-là, qu'occupait comme administrateur ou à titre d hypothèque un sire

4,7 Edouard n'épargna pas

The meek usurpera holy head.

Above , below, the rose of snow, Twin'd with her blusbing foc, we spread.

4ÎÎ « La seigneurie et communauté de Berne et leurs alliés, ceux de la • langue (ligue comme dans la trêve de l'année précédente) de la Lan te Allemagne. . Trêve de Louis et de Charles ,i M ,ôam Comines , IU f 247.

m 28 févr. 1473 , la trêve fut dès-lors constamment renouvelée.

4,9 Ordonnance à ce sujet , Berne 1472 , dans Stettter.

431 Louis Edlibach. Il les appelle Wadlute ( de Gewand ! j.

4,1 Schilling dit expressément que Uagenbach engagea Ilewdorf en qualité de conseiller au service de son maître le duc de Bourgogne, p. 76. Le prince Martin Gerbert dans sa Sylva nigra, t. Il, 236, admet par erreur, d'après Tritthémi us, que Bilgeri avait une réclamation contre Baie; c'était contre Schaffhouse, et c'est pour cela qu'il arrêta des alliés de cette ville.

4,1 Henri Schaffer, de Berne , périt là d'un coup de feu. Schilling. 4,4 On leur enleva pour plus de 2000 llorins de marchandises.

de Hohengéroldsek 436 . Une obligation de dix mille florins fut le prix qu'il mit à leur liberté. Les Strasbourgeois vinrent au secours des prisonniers bannières déployées, avec leurs principales pièces d'artillerie et toutes leurs milices , forcèrent Schuttern à se rendre, rasèrent les tours et les murs , et conduisirent les marchands avec beaucoup d'égards à Strasbourg; Fammestre et le Conseil examinèrent l'obligation , dont Hewdorf lui-même avait violé les conditions 436 , l'annulèrent et renvoyèrent les malheureux consolés. L'amitié seule et non le devoir porta les Strasbourgeois à cet acte et à la vengeance qu'ils tirèrent de Hohengéroldsek 437 . Les villes de l'Alsace, éprises de la liberté, et les pays hypothéqués, auparavant administrés par l'Autriche d'une main faible, mais avec une bonté loyale, maintenant opprimés ou menacés par une puissance plus sévère, commencèrent à jeter des regards d'envie sur la Confédération suisse.

En effet, le chevalier Pierre de Hagenbach, gentilhomme de Pfirt, qui, dit-on, quitta de bonne heure sa patrie pour vivre plus à sa guise auprès du duc Charles et pour s'élever plus haut 438 , devint bientôt, par sa faute et sans sa faute, aussi odieux dans l'administration confiée à sa fidélité et à son courage chevaleresque 439 , que Gessler l'avait été chez les anciens

4,5 Je présume que c'était Gangolf de Géroldsek, dont la femme était tle la maison de Montfort; cependant ce pourrait aussi être Diebold ou Walthcr.

436 II ne leur rendit pas la liberté. Schilling. Peut-être qu'une partie de la somme lui fut payée d'avance.

437 «En tonle fidélité et pourtant rien ne les obligeait»

458 «A cause de maint mauvais tour. » Edlibach. « Il s'était enfui des pays allemands pour de notables méchancetés et crimes. » Schilling. Ml « A cause de ces actions chevaleresques et de la singulière faveur

habitans d'Uri et de Schwyz. Il exigeait impérieusement des levées de troupes destinées contre la France, et il haussa les droits de consommation 440 , pour les rendre conformes à ceux de la Bourgogne, attendu d'ailleurs que la plupart des domaines du prince étaient hypothéqués 441 (soit bonté, soit crainte de l'archiduc qui ne voulait pas lever de nouveaux impôts). Le ton plus ferme du gouvernement bourguignon parut orgueil, le nouvel ordre des instances , déni de justice, l'un et l'autre intolérables surtout aux campagnards. Ce qui, en outre, faisait le plus de tort à Hagenbach , c'est que, tandis qu'il irritait par le mépris des anciennes formes , il manquait de cette sévérité de mœurs qui commande l'obéissance. La dureté trouve son excuse dans la nécessité; l'ambition qui opprime, éblouit du moins par l'éclat de la grandeur ; mais les peuples ne supportent pas qu'un maître redoutable soit esclave delà volupté, et, non content de disposer de leurs biens et de leur vie , leur ravisse encore la consolation de l'amour conjugal. L'audace avec laquelle Hagenbach insultait aux mœurs et recherchait cette gloire, accusait la faiblesse d'un homme bien au-dessous du pouvoir et du poste qu'on lui avait confiés 442 .

de son maître. » Etterlin (d'autant plus digne de foi , qu'ordinairement il parle de lui avec amertume , comme plusieurs autres. ) GuilUmann dit avec impartialité : « ad imperata si subditi currerent, non acerbus; si • cunctarentur, praeferox ; justitiae severus magis quam aequus minis- » ter. • Lui aussi croit que son élévation fit son malheur. **• Sur le blé , le vin et la viande. Edlibach.

441 Les domaines de Pfirt avaient été hypothéqués à Christophe de Rechberg, ceux de Landesehre à Thûring de Hallwyl , ceux d'Altkirch *u sire de Ravestein, Béfort, Delémonl, Isenheim au sire de Môrsberg (Morimont) etc. ; d'après la liste que donne Gollut.

kkt Edlibach, Schilling, Etterlin fout de lui ce portrait. Le dernier

Avant et après l'événement de Schuttern , Charles, sans inimitié pour la Suisse, députa vers elle et même à des diètes 443 l'abbé de Neuhaus 444 afin de l'assurer de son ancienne amitié, de lui offrir sa médiation auprès de l'archiduc, de qui Hewdorf relevait essentiellement 445 , et de lui proposer d'une manière pressante une alliance étroite. Le grand but de sa vie, fit-il dire, la cause commune du nom chrétien 446 , dans l'intérêt de laquelle il avait entamé des négociations avec la cour de Naples, exigeait la soumission préalable du perfide duc Galéazzo Sforza 447 , et par conséquent le concours de la Suisse et de Venise ; il promit d'envoyer de l'argent à cet effet 448 . L'intention de Charles de vivre en bonne intelligence avec la Suisse perça dans les sentimens qu'il obligea Hagenbach d'exprimer à la diète de Constance 449 .

dit : « Quant à ses sentiments, il oubliai: sa naissance et ne voyait que sa brillante position. » = Il croyait devoir prendre les mœurs de France, sans avoir pris celte urbanité qui rend leur corruption supportable. D. L. H.

4 " A Zurich vers Noël 1742, l'année suivante à Lucernc et à Constance. 'Recês dans le manuscrit de Tschudi, que Jean Conrad Fawi voulut publier en 1772 ; mais alors déjà les Suisses ne méditaient plus sur les actions de leurs pères.

444 Plusieurs ont traduit son nom par « Maisonneuve , Casanova. •

**• 11 était originaire du Hégau.

**• La conquête du saint sépulcre et l'expulsion des Turcs. Dans l'Instruction n. 422 t m à la défense de la foi et au recouvrement du droit

de l'Empire, » 11 ne parle pas ici de ce dernier chef. 447 11 flottait entre lui et la France.

441 « Nos enfans se réjouiront de cette réunion. » Recès de Lucem,

649 Hagenbach ne voudrait pas au prix de 1000 florins, que messirc Bilgeri eût arrêté ces gens sur le territoire de son maître. Il dit qu'il a donné l'ordre partout de ne pas adresser une mauvaise parole aux Con-

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