‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 114 sur 178 · LIVRE IV. CHAP. VII · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP. VII

La convention perpétuelle ayant été proclamée le dimanche des Rameaux , le bailli apparut à Brisach , le vendredi saint, au son des insi rumens militaires 562 , interrompit le sermon sur la passion, et força le curé de lui dire une messe complète 563 . Les jours suivans, il composa le conseil municipal de gens de son bord 564 . Après les affaires vint le plaisir, aux dépens de l'honneur d'un bourgeois marié 566 . Dans la nuit de Pâques , pendant laquelle une multitude de fidèles attendaient dans l'église l'aube du jour de la résurrection 566 , il entreprit avec des Lombards d'escalader la ville d'Ensisheim, qui lui résistait. Ce qui est opposé aux vœux du pays reste difficilement secret, de sorte que ce projet fut déjoué avec perte 567 . Le jour où les chrétiens célèbrent le triomphe du Sauveur sur la mort (10 avril), il troubla la solennité en faisant proclamer l'ordre que les habitais de Brisach déposassent les épées qu'ils avaient ceintes pour se rendre à l'église, et que les personnes de toute condition et des deux sexes travaillassent à fortifier une tète de pont 568 . Ses ennemis l'ont accusé d'à-

"* Tambours et fifres. Edlibcuh.

Le même à comparer avec Schilling, 113.

"» C'était ordinairement vers Pâques que l'on changeait ou conOrmait les conseils des villes. Ce que Schilling rapporte ici dut être une mesure extraordinaire.

565 Etterlin : « Il satisfît sa passion avec la fille d'un homme de bien qui n'osa pas trop en parler. • Guillimann dit que plusieurs jours auparavant il avait usé de violence envers la jeune fille et que le père s'en était plaint à Vôgelin.

Ces solennités nocturnes de l'Eglise primitive ont été abolies sous prétexte de l'intérêt des mœurs ; leur premier but avait été d'exciter l'enthousiasme religieux par la célébration du moment môme de l'événement.

U1 Munster, Cosmographie, p. 62a.

" 5 Edlibach et avant lui Etterlin disent qu'il voulait changer pour

voir voulu fermer la ville aux habitans et la faire occuper par des troupes étrangères 569 . Les citoyens se tenaient sur la place publique , remplis d'indignation, mais bésitant entre des résolutions contraires. Alors Frédéric Vogelin , dont le courage inspirait de la confiance, entendit raconter que le bailli avait fait arrêter son frère , qui refusait de poser les armes. Il saisit cette occasion pour se rendre auprès de lui avec un bon nombre de ses amis. Hagenbach refusa de relâcher le prisonnier parce qu'il ne montrait point de repentir. Vogelin, exaspéré, se jeta sur le bailli. Au milieu du tumulte, tandis que des hommes prudens s'interposaient pour prévenir un meurtre, Hagenbach fut jeté du haut de l'escalier en bas. Il courut vite sur la place , sans doute pour appeler des soldats. Aussitôt les citoyens attroupés se saisirent de lui et le menèrent chez le bourgmestre 57 °. Tout montrait l'intelligence de l'archiduc 571 et du roi. Telle était encore la disposition des esprits en Bourgogne et la situation des partis en Suisse , qu'il fallut, comme dans d'autres

eux le jour de Pâques en jour de corvée. Suivant Mânster, la corvée avait été fixée au lundi suivant , jour de féte aussi.

••• Tradition commune, mais peu vraisemblable, des historiens suisses contemporains. Ceux-ci lui attribuent aussi la menace de faire crever les yeux aux gens ; ce qui paraît n'avoir pas été un châtiment usité en Bourgogne.

670 C'est ainsi qu'en parle Mânster , exact dans cette histoire. Hagenbach, troublé, baissa les yeux. Vogelin eut de la peine à le sauver de la foreur du peuple. Guillimann.

671 Edlibach pense que Sigismond n'avait pas voulu remettre le prix des hypothèques, jusqu'à ce que Charles lui eût donné satisfaction pour les grandes licences de son bailli. Mùnster dit que le bailli fut pris à son intention et non pas aussi liimultuaircment que la multitude a coutume d'agir quand elle agit spontanément.

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