UVRE IV. CHAI». VU
cas semblables, une offense grave pour rendre la guerre inévitable.
Le bailli fut enfermé au milieu de cris épouvantables ; tout Brisacb était en fureur et sous les armes ; les huit cents Lombards et Français , ignorant la langue et le complot, privés de leur chef, avaient tout à craindre, chacun dans son logis, et se laissèrent déterminer sans peine à pourvoir à leur sûreté par une prompte retraite 572 . Tout fut connu en peu d'heures à Fribourg et à Baie. D'abord Bâle et d'autres villes, dont les citoyens étaient créanciers du bailli, demandèrent son arrestation formelle 573 . Il fut donc transporté de la maison du bourgmestre dans un cachot de la tour près de la porte de la ville et mis aux fers 574 . Lorsque les conseillers de Sigismond apprirent que le bailli bourguignon était arrêté à Brisach et que le seigneur légitime du pays pouvait lui faire expier la violation des conditions auxquelles la remise du territoire avait eu lieu, ils résolurent de n'agir que de concert avec les Confédérés 575 . Avant que Charles de Bourgogne ne put prendre des mesures pour empêcher le rachat des hypothèques , l'archiduc vint à Baie avec une forte escorte (20 avril) 57G . Il envoya de là Herrmann d'Eptin-
67a Schilling ; il ajoute : • Les insolens Français avaient bien mérité » la mort ; je suis cordialement fâché qu'ils aient échappé. » Etterlin rapporte que quelques-uns de ses servilcurs restèrent dans la ville, charmés de l'événement, parce qu'ils étaient las de sa tyrannie. Bullinger nous apprend comment la ville parla avec ses satellites.
671 Stumpf. Bâle agit sans doute au nom de toute l'union inférieure.
674 Munster, PVurslisen.
"* Etterlin. Cela va d'ailleurs sans dire.
676 Schilling: avec 400 hommes des Confédérés. Munster : avec 300 Chevaux. Il mit les premiers en garnison ; il donna 200 des derniers à Eplingen , et il en garda 100 auprès de sa personne.
gen avec deux cents chevaux dans ces provinces pour exiger d elles un nouveau serment de fidélité , qui fut partout prêté avec joie. Antoine de Munsterol livra le château de Tannes, trop faible contre la population entière 577 . Cette issue fut chantée comme une victoire même par des en fans 578 .
Leduc de Bourgogne écrivit à l'archiduc, au sujet du rachat des hypothèques , « qu'il n'avait pas recher- » ché, mais reçu ces pays dans un temps où Sigismond » ne pouvait plus les défendre contre les Suisses ; que » le rachat n'avait pas été formellement annoncé dans «Besançon 579 ; que l'archiduc devait réfléchir qu'en » s'emparant de ces domaines par la force, il avait plus m à redouter de lui qu'auparavant il n'avait à redouter » des Suisses. » Il fit aussitôt marcher des troupes du coté de ces provinces , tandis que Pierre de Hagenbach, pour obtenir sa liberté , promit tout ce qu'on voulut 580 . L'angoisse que la vue de la mort donne à un serviteur enfermé dans une prison touche peu quand la vengeance a soif de son sang.
* 77 PVnrêtisen. Stumpf dit que Sigismond fut reçu non comme un maître , mais comme un père et un libérateur.
678 « Christ est ressuscité , le bailli est arrêté ; réjouissons - nous ;
• Sigismond nous console tous. Kyrie eleison. S'il n'avait pas été pris, ■ nous aurions été mal lotis; maintenant dans les chaînes, ses ruses mé-
• chantes sont vaines. * Munster,
579 C'est ainsi que je comprends la réponse de Charles d'après la copie tirée de la continuation de Tschu^i ; Sigismond devait premièrement annoncer le rachat , puis déposer la somme dans le même lieu , probablement près du tribunal provincial. D'après les indications de Munster et de fVurstisen, elle n'avait pas encore été déposée : Charles ne voulut pas reconnaître la légalité du dépôt fait à Bàle.
M0 Schilling : Remise des obligations, indemnités, serment de rester chez eux.