LIVRE IV. CHÀPé VU
parurent justifiées 683 . La conduitede l'affaire fut remise absolument et en toute confiance à Tavoyer régnant Nicolas de Diessbach : ainsi le décida le conseil et les vingt-deux hommes délégués par les Deux-Cents et qui lui étaient entièrement dévoués 684 . Avec non moins de solennité que lorsque , chaque année , au jeudi-saint , ils prêtaient serment aux lois fondamentales de la ville de Berne, tous jurèrent de garder le secret et de ne jamais se reprocher les uns aux autres leurs votes dans cette affaire*.
Peu de jours après (2 octobre), on déclara aux ambassadeurs français, au nom de la ville de Berne, « que, » si jamais le roi avait besoin de secours, Berne se charn geait de lever pour son compte six mille hommes de » troupes suisses 686 ; que lui, le roi, ne serait jamais re- » qui s qu'à la dernière extrémité de marcher au secours » de la Suisse , et que dans les guerres avec la Bourgo- » gne, il lui serait permis de satisfaire par de l'argent » aux obligations de l'alliance 686 ; que Berne s'engageait
server M. de Tillier (t II, 220, n.). Le Grand Conseil ne se composait ce jour-là que des membres du Petit Conseil et d'environ 40 bourgeois au lieu de 200; les opinions paraissent y avoir été passablement d'accord , et ce fut avec assez d'unanimité qu'une assemblée si peu nombreuse prit la résolution la plus importante pour Berne, pour la Suisse, pour l'Europe, qui eût jamais été volée depuis la fondation de la ville ; en déclarant la guerre au prince le plus hardi et le plus puissant de la chrétienté, elle remit en question l'existence de la république bernoise et peut-être de la Confédération. C. M.
Si l'on n'en avait pas jugé ainsi, comment aurait-on fait à Diessbach , dans son épitaphe , un titre de la résolution qui fut prise ? «»* Anshclm, à 1474 , 22 septembre.
* C'étaient donc des conspirateurs qui voulaient se ménager l'impunité? D. L. H.
685 {llolter), Collection de» traités de la France avec la Suisse.
• M Moyennant 80,000 florins du Rhin par an , tant que durerait la
» par ce traité 687 au nom des villes et des Cantonfs » de tous les Confédérés. »
A Fribourg, sous la présidence du seigneur Raoul de Vuippens, le conseil et les Soixante résolurent 688 « de » n'avoir des alliances qu'avec leurs Confédérés suisses ; » notre territoire est petit , le peuple peu nombreux ; » devons-nous le livrer aux étrangers pour de l'ar-
» gent 689 * ? »
Des députés de toute la Suisse et delà ligue inférieure se rendirent aussitôt (9 octobre) vers l'archiduc à Feldkirch , pour conférer sur les affaires de Bourgogne 690 . La délégation impériale leur adressa une sommation au nom de leurs devoirs envers l'Empire , et Sigismond promit participation et secours 691 . Ils repartirent pour Lucerne, afin de conclure**.
Mardi avant Simon Jude, l'an 1474, la ville de Berne , qui paraissait chargée des pouvoirs de tous les Confédérés 692 , adressa au duc de Bourgogne, à ses
guerre. Sage convention , commode pour] le roi, digne de la Confédération. Les Bernois montraient qu'ils avaient la conscience de leur force \ on ôtait à la France tout prétexte pour envoyer des troupes en Suisse. = L'alliance renouvelée soas Vergennes préparait le contraire. D. L. H.
• }7 Telle qu'elle avait été projetée le 10 janvier.
• M Lettre de Fribourg à Berne, 30 septembre, dans Anshelm.'
• 8 * Fribourg ne possédait encore que son vieux territoire allemand.
• Cela valait un peu mieux que les discours de Diessbach el de ses vingt-deux collègues. D. L. H.
690 Tschudi, Msc.
IM Stettler assure qu'il promit 8,000 florins pour les frais de la guerre. ** V oyez Appendice, lettre E.
652 La chose est quelque peu incertaine; on en eut du déplaisir, mais il fut effacé par les victoires. Berne voulut faire de même en 1792 et depuis; heureusement pour ses sujets, elle fut arrêtée dans ses projets, dont l'exécution eût fait partager à la Suisse les maux que la Terreur fil éprouver aux ricirples limitrophes de la France. P. L. H.