‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 131 sur 178 · LIVRE IV. CHAP. VIII · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP. VIII

la peste 61 . Faucogney, qui avait perdu ses défenseurs , se vit à la merci des ennemis 52 . Cependant des pluies froides, l'air vicié, le manque de vivres engagèrent les Confédérés à se retirer dans leurs foyers, après avoir remis Héricourt à l'archiduc et joint quelques troupes à la garnison autrichienne qu'on laissa dans cette place 53 . Telle fut l'issue de cette première campagne de la guerre de Bourgogne, qui aurait dû servir d'avertissement au duc.

Pour s'exercer aux armes et pour s'approvisionner, la garnison d'Héricourt se rendit maîtresse de toute la contrée, d'un côté jusqu'à Luxeuil, de l'autre jusqu'aux Franches-Montagnes 54 . Le nombre des victimes que l'épée du soldat dévora pendant l'hiver égala presque celui des victimes tombées dans la bataille 65 . L'évêque de Baie, Jean de Venningen s'empara dans l'espace de trois jours du château de Franquemont ^ probablement bâti autrefois par les Montfaucon 57 ; des Bourguignons le défendaient ; il est situé dans la haute contrée au bord du Doubs que les prérogatives de ses habitans ont fait appeler les Franches-Montagnes 58 . Les Bernois s'emparèrent deCerlier sur le lac de Bienne, de peur que le duc ne profitât des rapports compliqués

" « La peste sévit dans ces lieux. . Schilling. » Chron. frib.

M Tsckudi : 600 Confédérés; Laufjfer : Cappeler, commandant.

64 Jusqu'au val de Morleau. Dunod.

M Jusqu'à deux mille hommes. EJlibaeh.

66 fVurstUen; StettUr; Dunod.

67 De là le droit de Wurtemberg-Montbelliard que ce comte Henri vendit à l'évôché en 1481. Wurstisen.

" Ci-dessus t. III, p. 181. Excellent peuple , plein d'adresse et d'intelligence.

vu. 18

des sires de Châlons 59 pour occuper cette ville, au grand détriment des voisins. Ce que le prince d'Orange y possédait lui resta 60 . Rodolphe d'Erlach, membre du grand conseil de Berne , bailli du précédent seigneur à Cerlier, conserva son administration 61 .

Les Confédérés , les membres de la ligue inférieure et tous ceux qui prirent part à cette campagne , se réunirent en conférence à Lucerne pour délibérer sur le règlement de guerre projeté après la bataille de Sempach 62 , mais qui n'était resté en usage que dans l'armée bernoise 63 . Ainsi, « pour assurer la victoire et la » rendre complète , pour prévenir les stratagèmes de » l'ennemi et les discordes intestines, on prescrivit à » une partie de l'arrière-garde de tuer ceux qui pille— )> raient avant la fin de l'action ; le butin devait être » partagé entre tous. On devait écarter les enfans de » la liberté**, inutiles dans la bataille, ennemis de » l'ordre, souvent traîtres, toujours avides de pillage. » Les Confédérés et ceux qui faisaient la guerre avec » eux juraient d'observer ces lois. »

George de la Trimouille, sire de Craon , se présenta devant cette assemblée au nom de Louis XI et déclara « que le roi témoignait à Messieurs des ligues, ses très- » chers amis qu'il tenait pour les plus fidèles de toute m la terre et pour le peuple le plus vaillant de la chré-

69 Voyez ci-dessus chap. V, à n. 55-65 , t. VI , p. 332 et 533. 69 11 tenait peut-être alors le parti du roi ; ses frères étaient du parti bourguignon.

64 Anshelm.

61 L. II, chap. VI , t. \\\.

" Schilling, 145, les Bernois seuls juraient encore de l'observer. 6A C'est le nom qu'on donnait aux volontaires étrangers et autres. Voyei sur cette conférence Schilling et Bullinger.

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