LIVRE IV. CHAP. VIII
deux villes 80 . Leurs troupes se montrèrent immédiatement à l'entrée du désert alpestre où les habitans de métairies et de villages disséminés cultivent le territoire de Plafeyon, qui se soumit aussitôt. Le château iï liions 81 fut brûlé de fond en comble. Le comte François de Gruyères, maréchal de Savoie 82 , et Jean de Gruyéres-Montsalvans 83 autorisèrent alors toutes les châtellenies et les bannières jusqu'au passage de la Tine , qui conduit au-dessous de son château dans le pays de Gessenay, à contracter avec Fribourg une alliance de combourgeoisie 84 . Le comte François, comme tous ceux de la maison de Gruyères, cherchait
80 Berne échangea sa part. Ibid.
81 Château Ires-fort muni des constructions nécessaires. Ibid,
82 I! mourut cette année ; son fils Louis lui succéda.
81 Son père, aussi nommé Jean, était frère de François. C'est de lui que descendent les derniers comtes de Gruyères. =M. le doyen Philippe Bridel vient de publier une Notice historique sur le comté et les premiers comtes de Gruyères dans les Mémoires de la soc. d'hist. de la Suisse romande , U 1 , 1" livr. p. 229-265 ; elle ne va que jusqu'à Pierre IV, au commencement du XIV* siècle; nous espérons que le savant auteur en donnera la suite et continuera celte histoire intéressante jusqu'au dernier comte de celte maison illustre , Michel , qui se ruina et fut obligé d'abandonner ses domaines aux cantons de Berne et de Fribourg. M. Bridel a publié dans le t. VIII du Conservateur suisse, p. 366-568 , deux lettres écrites par ce seigneur à la république de Fribourg. On tronve une notice plus abrégée sur les comtes de Gruyères dans un charmant ouvrage anonyme de M. Charles, conseiller-d'état de Fribourg , Course dans la Gruyère. Paris, 1826, p. 50-66. Voyez aussi Kuenlin, Dictionn. du C. de Fribourg, L II, art. Gruyères. C. M.
84 A renouveler tous les cinq ans. Ch. 1475. déc. Cette alliance comprenait essentiellement la ville de Gruyères , Bulle (le marché), Corbière , Charmey, Bellegarde et la Roche. Chron. frib. On convint aussi avec le comte qu'il ne donnerait point passage à des ennemis et qu'il empêcherait qu'on ne fit de Chillon . dans le lac JLéman, quelque entreprise contre les Confédérés. Guiltimann. Il y commandait peut-être comme maréchal.
son appui dans l'amour du peuple , dont il écoutait la voix. Aussi les habitans de Gruyères 86 et de Gessenay 86 passèrent-ils la frontière pour faciliter aux Fribourgeois la destruction d'Everdes 87 .
Sur ces entrefaites , les Confédérés furent requis par l'Empereur de marcher contre Charles sous les murs de Nuys. Frédéric lui-même se disposa lentement à s'y rendre, et il ordonna la réunion des troupes impériales. L'alliance avec la France était conclue 88 . L'Empereur, conservant un reste de vieille défiance 89 , jugea la présence des Suisses nécessaire. On n'en vint pas aux mains, parce qu'il ne songeait pas plus que le roi aux intérêts de l'Empire, mais aux moyens d'assurer à son fils l'héritage de Bourgogne. Les Confédérés envoyèrent une députation à Andernach pour représenter l'immense avantage qu'il y aurait à faire la guerre dans le haut pays 90 ; là tout le succès dépendait d'eux ; ils restaient près de leurs frontières. Frédéric, charmé, au fond, de tous les obstacles qui excusaient son inaction , adressa
84 Les Fribourgeois leur payèrent pour ce secours, pendant bien des années, 45 florins. Chron. frib.
M Lettres reversâtes du comte Louis lorsqu'ils le suivirent à leurs frais hors du comté. Môschig, Chron. de Gessenay, 1475.
17 Guillaume, seigneur de Ligny, leur ennemi , habitait le château. Guillimann.
" Le 31 décembre 1474 ; voyez-la dans Muller, Théâtre de la diète d'Empire, 5« représentation, p. 675 et suiv. Géorgisch s'est trompé en ne la citant qu'à t. II, p. 1287 s le 31 décembre 1474 fut compté avec Tannée ecclésiastique 1475.
19 Voy. dans Léonard, Tr. diplomat. t. I, la Déclaration de l'Empereur que l'alliance du roi « eu m Suiticensi'bus » ne doit apporter aucune restriction à celle qu'il avait lui-même conclue avec ce monarque, et que Louis ne prêterait jamais secours aux Suisses contre l'Autriche. Andernach , 31 décembre 1474.
»° Hœberlin, UUt. a" Empire , VII , 68.