LIVRE IV. CHAP. VIII
quelque amertume 129 , d'envoyer de prompts renforts à ParméeetdanslesdéElés 130 .
Les capitaines et les conseils de guerre résolurent aussitôt de s'emparer du passage important que les frères Louis et Hugues de Châlons-Château-Guyon tenaient à la disposition de l'ennemi, au grand péril de la Suisse.
Ils traversèrent paisiblement le territoire neuchâtelois. Le margrave Rodolphe était au camp du duc , comme médiateur, pour conseiller la paix; Charles dédaigna l'expérience du vieillard 131 . Les dispositions des bourgeois de Neuchâtel et du peuple des vallées étaient telles que ni le margrave ni, dans le pays de Valangin, le comte Jean d'Arberg ne pouvaient se maintenir sans l'appui de Berne. Le premier conservait à peine sa part légitime dans la législation 132 , et il était obligé de faire droit à ses sujets , non-seulement devant le sénat de Berne , où un prince jouissait de quelque faveur, mais encore devant les conseils et les bourgeois , animés de sentimens plus populaires 133 . Une sentence des Bernois n'assura qu'avec beaucoup de peine au comte Jean la direction des affaires militaires dans le Valangin 134 ; le peuple avait eu des réu-
129 « Afin qu'il comprenne que nons avions en lui wne tout autre confiance, m
1,0 Lettre de Berne au margrave Rodolphe; à la hâte, 16 avril 1475. Les expéditions avaient eu lieu, à travers son pays , par Colombier et le Val de l'an.
•W Chron. frib.
132 Prononcé de Berne entre le comte et les bourgeois de Neuchâtel, 1475 : « qu'aucune des parties ne promulgue sans l'autre des ordonnances ou des défenses. •
133 Le même prononcé les autorise à appeler au Grand Conseil.
"» Prononcé de la ville de Berne, 1475. Le porte-bannière jure aussi
nions , l'obéissance chancelait ; les Bernois rétablirent enfin l'équilibre en promettant aux hommes libres 135 de Valangin et du Val de Ruz ( sur la route de Pontarlier) le droit de combourgeoisie, à l'égal de leur seigneur, mais à condition qu'ils reconnaîtraient la juridiction de Berne 136 . Ainsi, à la veille d'une guerre formidable, les Bernois , parles bienfaits d'une liberté légale et par leurs égards pour les circonstances , surent attacher à leur gouvernement tantôt de nouveaux 137 tantôt d'anciens 138 sujets , en accordant à propos le droit de bourgeoisie 139 ou des franchises 140 *.
Les Bernois , au nombre de plus de cinq mille hom-
au comte de défendre la bannière jusqu'à la dernière goutte de son sang.
M» On excepte ceux qui étaient • taillables et de main morte. » Combourgeoisie de ceux de Valangin et du Val de But avec la ville de Berne, 1475; vidimée 1537.
156 Un « cens tributaire» annuel d'un marc d'argent ou 7 florins du Rhin ; ils sont • obéissans pour aller en guerre. •
iî7 Confirmation des droits écrits et traditionnels que la ville de Cerlier tient de ses anciens seigneurs, 14 déc. 1475.
* 58 Confirmation des anciennes ordonnances dArberg 1375 : Les seigneurs ne peuvent plus gréver la ville de dettes. Ils ont leur gouvernement, leur Ohmgeld, leur méchant denier (contribution sur les fortunes) et leur part déterminée aux amendes. Si l'Aar amène des terrains d'alluvion , une part appartient à l'Eglise, une autre à la ville de Berne, la troisième à la ville d'Arberg.
119 Berne et Bienne accordent à ceux de Douane, de Gléresse et à
d'autres riverains du lac de Bienne , devenus leurs bourgeois , de se libérer des contributions moyennant 600 livres; 1485.
440 Noble et ferme Jean de Sclwnau, affranchi , ensuite de ses plaintes, pour le reste de ses jours, du service et des contributions de guerre;
* C'est ainsi que la ligue achéenne fut en état de résister si long-temps à ROHM triomphante. D. L. U.