LIVRE IV. CHAP. VI
sont restés jusqu'à ce jour incorporés à la Suisse 185 *.
La sûreté au dedans et au dehors fut consolidée par cette alliance. Les rapports de la souveraineté du pays avec le comté de Bade et la haute juridiction qu'y possédait l'évêque de Constance furent déterminés 186 . L'autorité suprême intervenait dans les causes capitales, dans les affaires qui intéressaient la paix publique et dans la police des foires de Zurzach ; mais elle respectait les droits de juridiction avec tant de scrupule , que dans le silence des chartes ou l'incertitude des coutumes les Confédérés ne hasardaient pas de prononcer m , mais laissaient aux partis le soin de s'arranger. Le gouvernement ne devait intervenir que quand la paix publique était troublée. On s'était entendu même avec l'Autriche pour étouffer les guerres particulières 188 . Si dans de bonnes villes aussi des relations de famille semblaient favoriser les perturbateurs
185 La eh, de Y alliance défensive, qui ne fut formellement stipulée qu'en 1464, se trouve dans Y Met, d'Unicrwalden, par Buesinger et Zelger, H, 371. Elle fut conclue avec les trois cantons primitifs et Glaris ; les villes n'y prirent aucune part.
* Ceci était bien nne révolution , et même en plein état de paix avec le souverain du pays. Il est plaisant de se rappeler et de relire après cela les passages dans lesquels , pour faire sa cour à ses collègues patriciens, l'historien blâme avec tant de fiel la révolution de 1798, sans oser toutefois la nommer. Voy. t. VI, ch. V,p. 263, 340, 392, etc. D. L. H.
186 Sentence de Henri de Bubenbcrg au sujet de Klingnau, Kaiserstuhl, Zurzach et des bailliages qui en dépendent; 1450. Dans Tschudi.
187 P. e. dans le différend entre les gens de GQtingen et de Moosbourg et l'évêque de Constance , sur la question de savoir s'il pouvait s'emparer de tous les bien s- meubles d'un homme mort sans héritiers naturels. 1455. Hottinger, Hist. ceci., II, 432. A cette époque ils n'avaient rien à ordonner là ; plus tard il en fut autrement.
188 Négociation entre Bfirftti Kroll de Bûrglen, en Thurgovie , et le gentilhomme Henri de Klingenberg , seigneur engagiste à Rheinfelden, juridiction de Keslen, 1453. Dans T«cWi.
de la paix 189 , on prenait des mesures 190 et des précautions 191 qui assuraient la tranquillité de toutes les personnes placées sous la protection des Suisses. Celles-ci payaient parfois pour cet avantage une contribution volontaire 192 fort modique 193 . Les Suisses n'étaient pas moins prompts à défendre les étrangers contre la violence des leurs, que les leurs contre la violence étrangère 194 , et à cet égard ils se montraient équitables même envers leurs ennemis réconciliés 196 . Lorsque , dans le procès de Bilgeri de Hewdorf contre les de Fukch 196 , la chambre impériale 197 , sous un prétexte frivole 198 , mit Schaffhouse au ban de l'Empire, les
189 Ce fut probablement le cas à Strasbourg, à l'égard du chevalier Frédéric Ze Huse et de ses compagnons. Tschudi, II, 585. « Gens ditissima. » Scliopflin, A Un t. UL, II, 648. Voy. n. 191.
190 Zurich, convocation d'une diète pour apaiser Lucerne. Tschudi, 586. 4,1 Plainte de Strasbourg au sujel d'une arrestation de négocians et
de marchandises , 1457. Ce désordre se rapportait à l'affaire mentionnée dans le chapitre précédent , n. 1068, t. VI, 485. Ze Huse était ami de Béger. Nicolas Zorn, de Bulach , d'une famille patricienne de Strasbourg (Schôpflin, 718 ) faisait cause commune avec lui, comme quatre ans auparavant son frère ou son cousin Jean avec Kroll.
Recès de Sarnen. Epiph. 1454 : ■ Si l'on priera les villes d'Argovie de payer une contribution. • Dans Tschudi.
"» Cette contribution s'élevait à 102 florins.
*** Le bourgmestre et le conseil de Constance au sujet de Jean Kramer d'Urnach, 1457, dans Tschudi. On porta secours.
495 Berthold Vogt espéra vainement, à la faveur de son droit de bourgeoisie à Zurich, rejeter sur la ville de Constance les 2000 florins de contribution de guerre. Hupti.
196 lis avaient reconquis Lauffen qu'il leur avait enlevé.
497 L'ancienne qui suivait ordinairement la cour impériale. Pfeffinger inTi/riar., IV, 548.
198 Le Grand-Conseil de Schaffhouse nia par serment toute participation à cette affaire; néanmoins la ville fut condamnée, parce qu'un seul membre du Conseil, Nicolas Heggenzi , était absent lors de la prestation de ce serment.