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LIVRE IV. CHAP. VIII

Jean Zur Lauben, de la maison d'Antoine de Thurn Gestelenbourg , non moins détestée que celle de Rarogne et, comme elle, chassée du pays 449 . Trop faible ou trop sage pour les faire valoir, Jean avait vendu ses droits à Ruff Asperling , dont la famille pouvait le mieux en tirer parti, grâce au prédécesseur. de Walthersur le siège épiscopal 45 °, à Henri Asperling, qui en avait fait la famille la plus considérable du dizain de Rarogne 461 . L'évêque Henri étant mort avant d'avoir réintégré sa famille dans ses droits , et Walther, plus ami du pays que des grands, s'étant opposé au rétablissement d'une baronnie indépendante dans la vallée d'Auniviers 452 , Asperling appela les Savoyards.

Heureux d'avoir cette occasion, Jean-Louis, évèquede Genève, en quelque sorte co-régent de la duchesse 453 , leva autant de troupes qu'il put dans les provinces de Savoie 454 et dans le Pays-de-Vaud, sous Pierre de Savoie 455 , s'adjoignit celles du bâtard de Bourgogne 456 ,

**• Voy. t III , p. 141-14S ; 343 et 344 ; ci-dessus , n. 446. C'est à tort qu'on a voulu faire de Jean le petit-fils d'Antoine. Leu, art Lauben.

**• « In iisdem locis Raroniae decuma» Asperlingiorum magna poten- . tia exlitit, cxtinclis prœserlim Raroniis. . Simler, 61. • C'était une famille à part. • Stumpf, 61», b. Sinner {Voyagé, II, 2J3 ) , dernier héritier des Asperling , en fait une branche cadette de la maison de Ha rogne ; nous ne savons sur quelle preuve il se fonde. C'est assurément à tort qu'il fait de RuiT Asperling l'héritier de Pétermann ; nous venons de voir, n. 447, l'année de sa mort et sa fille unique»

*** Ci dessus, n. 446.

M Chap. VII, après la n. 626.

"* Miolans commanda probablement sous lui cette milice. Guicltenon. *« Gingins de Châtelard. tVattevitte.

456 Selon Guiehcnon; car, selon Paradin, le bâtard était lui-même présent.

et se mit en route à la tête de plus de dix mille hommes 457 .

Il marcha inaperçu pendant quatre jours par les sinuosités des hautes Alpes 458 , et remonta le Bas- Valais. La nuit couvrait encore les cimes des montagnes , le dimanche, après la fête de Saint-Martin 459 , lorsque des fuyards de la petite troupe vagabonde 460 apportèrent à Sion la nouvelle de l'approche d'une armée. Jean- Louis, déjà vainqueur, donna l'assaut dès le point du jour. I^e tocsin sonna dans tout le Haut- Valais ; à l'exception d'Asperling et de son parti, la multitude accourut de tous les dixains vers le chef-lieu. Ainsi quatre mille Valaisans 461 , quelques Oberlandais bernois et un certain nombre de Grisons venus en hâte au secours de leurs vieux amis, à travers les neiges du Crispait , par la vallée d'Urseren et par les flancs de la Furca 462 , guerriers de bonne volonté, mais mal armés, en vinrent à un combat inégal avec l'armée deux fois plus forte et bien exercée d'un prince belliqueux; vaincus, ils cédèrent tristement; la fumée des villages incendiés leur apprit l'étendue de leur malheur. Dans cette calamité, tandis que les uns se livraient au désespoir et que d'autres n'espéraient qu'en tremblant, apparurent sur les montagnes contiguës au Sanetsch et

457 Évaluation modérée. La Chronique de Sion, citée par Simler, et le bruit public mentionné par Schilling, portent le nombre à 18,000. Gui. chenon dit que cette armée fut rassemblée tumultuairement. Et pourtant il s'y trouvait tant de grands seigneurs î Veut-il excuser l'issue ?

4M II vint du St Bernard. Schilling.

4î9 12 novembre.

4M II y eut là 60 hommes du Sibenthal et du Gessenay, mais ils trouvèrent l'expédition de Savoie trop pénible. Stumpf. *» Stumpf.

464 /</.; Simler.

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