‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 170 sur 178 · LIVRE IV. chap. vin · texte numérisé non relu

LIVRE IV. chap. vin

jeunes gens de sa suite 482 trouvèrent que c'était un jeu d'enlever, en courant , le duché de Lorraine, de venger Romont et les sires de Château - Guyon (ceux-ci étaient auprès de lui 483 ), de se venger eux-mêmes et de mettre à exécution les plans les plus vastes. Il entra dans la Lorraine par le Luxembourg. Il soumit toutes les petites villes par la terreur en n'écoutant ni la commisération ni la justice. Un corps d'Allemands ou de Confédérés 484 lui ayant livré Brié-sur-l'Orne, sous condition de leur libre retraite, il fit courir après eux et exigea la remise de leurs armes, dont on ne leur avait pas promis la conservation. A peine désarmés, il lit pendre tous les roturiers 485 . Depuis quelques années 486 , la guerre le rendait dur, les obstacles et la résistance l'irritaient de plus- en plus; aussi se montrait-il prompt à brûler les villes 487 , à exterminer les habi tans 488 et à fausser la parole donnée aux garrâsons 489 . Les hommes puissans qui insultent au droit

(C/uon. de Neuch. ) démarcher au secours du duc de Lorraine. Les Confédérés entendent probablement par-là le corps d'armée qui se trouvait déjà en Franche-Comté.

m « H avoit en sa compagnie jeunes gens de legière. • Ibid.

*« lbid.

*»* Edlibach les appelle Confédérés ; Don Calmet, Allemands , d'une manière vague; te premier en compte 300; le second , 80.

* ,s Edlibach, Don Calmet, d'accord avec tous les autres sur les points essentiels.

* 16 Depuis 1472. Cependant il préluda, dès 1468 , à Liège. 487 Chronique scandaleuse (scandaleuse comme la plupart des histoires doivent l'être ) : il brûla tant de villes et de lieux « que pour tout ?on vaillant n'eût sçu réparer, » p. 99. Comines, t. IL Comme à Mesle. Comines, 1. 111.

469 Ci-dessus. C'est ainsi que près de Charmes quarante Gascons qui avaient défendu celle place furent pendus , par son ordre , eux saules qui bordaient le ruisseau. Don Calmet.

vu. a3

des gens devraient réfléchir que, dès ce moment, aucun droit ne les protège plus eux-mêmes. Le plus redoutable doit trembler devant ceux qu'il réduit au désespoir.

Dès que Charles se crut au-dessus de tout, les gens de bien l'abandonnèrent, soit à cause de son humeur sombre et de son irascibilité , soit parce que aucun homme sage ne croit à la fortune de celui qui s'enorgueillit de sa fortune 490 . Les flatteurs et les traîtres prirent leur place 491 jusqu'à l'heure des revers; elle le trouva seul.

Le conseil de la guerre de Lorraine borna la défense aux places tenables ; le duc implora personnellement de la manière la plus pressante, le secours du roi, son allié. « Impossible, » ditXoyis. « Charles serait-il en » Lorraine? Pâques-Dieu! je marcherais moi-même » contre lui. » Trop de courriers vinrent en hâte confirmer ce malheur , pour que le roi pût reculer ; il accorda huit cents lances. Le duc de Lorraine se réjouit de cette première marque d'intérêt. Mais ces auxiliaires avaient reçu l'ordre exprès de ne rien entreprendre contre les Bourguignons, de sorte que le pays entier fut conquis jusqu'à Nancy; on fit clairement entendre au duc que le service du roi et le bien de l'État ne permettaient pas en ce moment de rien faire pour lui. En effet, Louis espérait obtenir de Charles l'extradition du comte de Saint-Pol, qui s'était réfugié dans ses États avec un sauf-conduit. À la fin, Charles trahit sa pa-

On commença de l'abandonner vers 1470. Comines, I. II. domines lui-même le (juitla. Le maréchal de Uoussy, le prince d'Orange suivirent bientôt cet exemple. Gollut.

* M À présent déjà le comte Campobasso , que nous apprendrons à connaître.

Page 1