‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 169 sur 178 · LIVRE IV. CHAP, VIII · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP, VIII

On convint d'une trêve jusqu'à la nouvelle année 475 . Les Confédérés refusèrent de la prolonger davantage 470 ; il leur semblait honteux de faire la paix isolé-

ment, plus tard chancclicr]de France; Guy de Sye, seigneur de Villclte, maître Besançon Philibert et Simon Cléron ; ils vinrent • pour aviser avec les députés des ligues pour retarder leur venue. » Mim. de Fr. et de Bourgogne. Paris, 1729. Gomment se fait-il qu'on trouve dans les comptes de Jean de Vurry, plusieurs fois cités par nous, que la trêve fut conclue jusqu'au 30 avril de celte année , et qu'on en obtint la prolongation jusqu'au 6 octobre moyennant 3,570 francs? Et les expéditions contre Pontarlier, Chûtcau-Guyon et Biomont! Cela signifierait-il que les Suisses ne firent pas leur irruption avec toutes leurs forces et pour leur compte, mais, ainsi qu'ils le disaient, comme auxiliaires et avec quelques hommes seulement?

475 Wursiisen.

*'• Becés de Zurich, ap. KoëL Le même, d'accord avec Schilling, Î58. s On avait stipulé la possibilité de prolonger ce terme pour trois mob. Il paraît que Sigismond et les Suisses étaient dans l'intention de profiter de cette clause , mais que Charles ne consentit pas à la prolongation. Car, comme le raconte M. de Durante, d'après Specklin, les Suisses avaient, le IV janvier, tenu une assemblée à Zurich, et de là avaient envoyé des députés à Nancy pour témoigner leur désir de rester en paix, offrant de remettre à des arbitres le jugement de toutes les difficultés , mais demandant une réponse prompte et absolue. Le duc reçut fort mal les envoyés des Suisses ; il rappela tous les sujets de plainte qu'il avait contre eux. Les député» des cantons répondirent à ses griefs. Comines parle aussi de cette ambassade (1. IV, ch. I). Un chevalier qui en faisait pailic lui rapporta « qu'il a voit dît en faisant leurs remontrances , pour

• le (le duc) démouvoir de cette guerre, que contr'eux ne pouvoit rien » gagner : car leur pays estoit très-stérile et pauvre : et qu'ils n'a voient » nuls bons prisonniers : et qu'il ne croyoit pas que les espérons et mords » des chevaux de son ost ne vausissent plus d'argent, que tous ceux de

• leurs territoires ne sçauroient payer de finances, s'ils cstoienl pris. » Les chroniques suisses ne disent mot de l'ambassade ; mais , comme une copie de la trêve de trois mois , conclue le i" janvier 1476 entré le duc Charles de Bourgogne et le duc d'Autriche et ses alliés , se trouve dans la Collection des reçes , celte circonstance ne permet pas de douter que, si la Bourgogne a offert une trêve , la Confédération ne l'a pas refusée. Ce document, tiré du Recueil de recès de M. Tavoyer de Mullinen , L I , est imprimé dans l'Histoire d'/ippenzell de M. Zellwéger, au 1" volume des chartes du tome 11 , p. 457-A60. C. M.

ment 477 , et ils ne voyaient dans une longue trêve qu'une ruse pour gagner du temps*

Le duc René de Lorraine avait été entraîné par Louis XI | comme les Confédérés, à déclarer la guerre à Charles de Bourgogne ; après la paix séparée entre l'Empereur et le roi. dans laquelle il ne fut pas plus compris que la Suisse 478 , l'armée bourguignonne tout entière se dirigea vers ses États. La ligue inférieure montra noblement sa bonne volonté 479 , mais les Confédérés, sa force principale, étaient campés dans la contrée montagneuse. Charles, malgré ses revers au siège de Nuys 480 , apparut si puissant 481 , que les

■ II» ne voulaient pas entendre parler de paix, à moins que la pro-

• position n'en fût faite par le duc d'Autriche, pour qui ils avaient pris

• les armes , et tous leurs alliés étaient aussi venus , desquels ils ne vou-

• laient se séparer ni dans le bonheur ni dans le malheur, mais , au cou- » traire , rester avec eux , comme c'est le devoir réciproque des amis et

• des frères, et comme les Confédérés l'ont toujours pratiqué , conduite

• qui a constamment assuré le succès à leurs armes.* Schilling, 258. Ils mettaient l'honneur des braves dans la fidélité à la parole donnée.

478 Instruction des Bernois à leurs députés en France, 24 octobre : • Remercier le roi de ce qu'il les a compris dans la paix avec l'Angleterre (ce qui était très-indifférent) ; demander si la même clause se trouve dans la trêve avec la Bourgogne (n. 205-208); qu'ils ne sauraient croire le contraire , mais qu'ils voient néanmoins que le duc de Bourgogne fait la guerre à la Lorraine , dont le souverain était aussi l'allié du roi. •

*'» Pemièrement pendant l'été après l'expédition contre Biomont; puis encore le 6 octobre. Il était resté 600 hommes de la ligue à Nancy. Baie aussi en envoya 650. Wurstisen, Il porte le nombre des hommes de la dernière expédition à 3,000; selon Don Calmet il y en eut une fois 6,000.

II avait perdu devant Nuys 4,000 hommes, « entre lesquels y moururent des meilleures gens qu'il eust. Il avait son armée si rompue , si mal en poinct et si pauvre qu'il ne l'osoit monstrer » Comines, 1. IV, ch. V. C'est pourquoi il la réorganisa et la compléta avant la guerre contre la Suisse ; l'élite avait péri ; l'événement l'a bien prouvé.

*»* « Pour à présent n'étoit pas temps , vu le gros exercice du duc , .

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