‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 176 sur 178 · PAGE · texte numérisé non relu

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Pour répandre autant de jour qu'il dépend de nous sur certaines parties plus ou moins embarrassées de l'histoire de la guerre de Bourgogne , nous transcrivons ici un passage de l'écrivain le plus consciencieux à dilucider les faits et à les présenter avec l'exactitude la plus rigoureuse , c'est M. ZelU wèger, dont Y Histoire du peuple appenzellois renferme tant de renseignemens importans pour l'histoire générale de la Suisse. Nous lisons aux pages 90-92 de son tome II :

« Pendant ces évènemens, se croisaient dans les fréquentes diètes de la Suisse les négociations les plus diverses. Le duc de Bourgogne s'efforça de regagner les Confédérés par l'intermédiaire du comte de Romont, et , dans ce but, il n'épargna pas l'argent pour se faire des amis à Berne. Le roi de France, de son côté, éblouit les Suisses par les promesses les plus brillantes pour les engager à faire la guerre. La ligue inférieure et le duc Sigismond agissaient dans le même sens. A la diète de Lucerne, le 6 octobre, les Confédérés déclarèrent qu'ils ne voulaient point être les auteurs d'une guerre avec la Bourgogne; mais que, si Ton parvenait à s'entendre sur le rapport (probablement le traité avec le duc Sigismond), si le duc leur donnait les 8,000 florins pour les frais, et aux troupes une solde convenable, et que ce prince et la ligue inférieure leur adressassent une sommation , ils prendraient les armes.

» Les alliés de la Suisse avaient déjà reçu, le a5 août, de Lucerne, l'invitation de se tenir prêts à marcher. Le 6 septembre, on différa jusqu'à la prochaine diète de déterminer quelle part des 8,000 florins stipulés recevraient Appenzell, Kothweil, Schaffhouse, St.-Gall, Fribourget Soleure (Recueil des reces à Lucerne).

• Le 1 2 octobre, il fut décidé à la diète de Feltlkirch qu'on

scellerait le traité avec la maison d'Autriche, jeudi après St.- Gai I à Lucerne. LaufferÇV, s33) expliqueà ce sujet qu'au mois de juin, Louis XI avait seul apposé son sceau à ce traité, en qualitéde médiateur, et que les deux parties firent de même au jour qui vient d'être dit. On devait également conclure enfin, car la nécessité s'en fait vivement sentir, fut-il dit , le traité avec le roi de France, tel qu'en étaient convenus avec lui Zurich , Berne, Soleure et Uri. On détermina aussi combien d'hommes de chaque canton se trouveraient à Bâle, dimanche avant Simon Jude (Recès de Feldkirch, dans la collection de M. de M ul lin en). »

M. Zellwèger ajoute à cet exposé des faits l'observation suivante : « Plusieurs parties des évènemens qui précédèrent la guerre de Bourgogne n ont pas encore été suffisamment éclairées, et nous ne sommes pas en élat de donner toujours les éclaircissemens nécessaires ; notre opinion est qu'au mois d'octobre 1474 on conclut avec le duc Sigismond, au sujet des 8,000 florins, de la solde, etc., un traité que nous ne connaissons pas , mais qui se trouve peut-être, encore ignoré, dans les archives de Lucerne. La confusion apparente des traités avec la France .peut provenir de ce qu'on ne tient pas compte de la manière dont les Français comptaient l'année; c'est pour cela que nous donnons ici la suite chronologique de ces traités. Le a octobre, Berne, ensuite d'une convention avec Louis XI, donna sa déclaration plus ample de l'alliance de 1470. Les Confédérés, mécontensde cette déclaration, chargèrent Zurich, Berne, Soleure et Uri de projeter avec l'ambassadeur plénipotentiaire de France un nouveau traité; celui-ci obtint leur approbation et fut porté vers la fin d'octobre i474> P ar Nicolas de Diessbach, au roi, qui le fit expédier le a janvier 1 47^ ; mais il porte la date de 1 474» P arce qu'en France l'année 1 475 ne commença qu'à Pâques. »

Indépendamment du grand intérêt de l'exactitude historique , nous avons rapporté ce résultat des recherches de

M. Zellwèger pour faire voir avec quelle attention scrupuleuse les hommes d état et les écrivains de la Suisse actuelle se livrent aux invetsigations qui ont pour objet l'histoire de leur patrie, et quel soin ils mettent à prévenir ou à corriger même les moindres erreurs de détail.

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