‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 20 sur 178 · LIVRE IV. CHAP. VI · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP. VI

mina , compara et s'arrêta aux principes fondamentaux 231 . D'ailleurs, d'une souplesse de mœurs insinuante, il était infiniment rusé, ne se laissait pas surprendre, et cherchait incessamment à s'avancer. Trop instruit et trop libre pour n'être pas accusé d'hérésie 232 , il sut, par son habileté à voiler ce qu'il n'osait pas dire ouvertement 233 et par son attachement aux hommes les plus éminena de ce siècle, déjouer les persécuteurs sans perdre auprès de la postérité la gloire d'avoir eu sur les lois du monde 23 *, sur les sources du droit canon 235 et sur d'autres matières importantes, des idées plus avancées que ses contemporains. Dans sa jeunesse, il soutint le système de l'autorité prépondérante des conciles : il abandonna ce parti, d'abord secrètement 236 ; ou bien l'abolition de la papauté lui parut un pas trop hardi , ou l'histoire ecclésiastique et l'expérience lui avaient fait voir dans les grandes assemblées de l'Église un esprit et une marche tout autres qu'il n'aurait fallu. Il devint ainsi un des plus fermes appuis du siège pontifical, qu'occupait avec prudence

C'est là le sommaire de ses ouvrages, dont j'ai sous les yeux l'édition de Paris de 1514-

2 " Il fut accusé auprès du pape par les chartreux. Heimbourg.

231 ■ Docla quaedam tam in verbis quam in sententiis arnica fuit obscuritas. » Sixte de Sienne.

2,4 Il professa le mouvement de la terre autour du soleil; • et extra processit longe flammantia mœnia mundi ; • il reconnut donc la pluralité des mondes.

235 II reconnut , un des premiers , la fraude des décrétais d'Isidore (Decaihol. veritate, III, 2) et de la donation de Constantin. Denis, Mantisse codd. juris canon, msc.

ut « Angulariter. » Plainte des députés au Concile , 1439 ; dans Koch ; mais il mérita dans la suite le surnom de • Hercules Engenianus, » que jEnéas Sylvius lui donna.

et avec une sévère majesté, dans ces temps difficiles , Eugène de la maison des Condulmeri 287 . A sa mort, Nicolas de Cus fut mentionné honorablement même dans le conclave 238 . Lorsque le plus digne, Nicolas V, de Sarzane, homme savant, équitable et sage, eut été placé à la tête de l'Église universelle, celui-ci lui donna le chapeau de cardinal , et bientôt après 1 evêché de Brixen.

Brixen, au milieu des Alpes rhétiennes, possédait dans tous les pays qui formaient le comté souverain du Tyrol des châteaux importans, des domaines, et, suivant les circonstances , une influence considérable. L'avouerie des biens temporels était passée des ducs de Méranie de la maison d'Andechs dans les mains du comte Albert de Tyrol, puis à ses héritiers de la maison de Gorz , enfin avec le Tyrol entier aux ducs d'Autriche de la maison de Habsbourg. L'élection de l'évêque fut entreprise par le chapitre selon les formes reçues ; mais le désir de l'archiduc n'était rien moins qu'indifférent. Aussi son chancelier et conseiller intime Léonard Weyssmayr, curé et chanoine du Tyrol, fut-il élevé canoniquement au siège épiscopal de Brixen 239 . Mais les papes soutenaient leur droit de provision extraordinaire , quand une assemblée du clergé négligeait de se

237 « Inerat homini gravitas, plenusquc majestatis vullns pontiûcem indicabat. • Mneas Sylv. in Baluz. mise. VII, 525. »• Id.

* 49 1450. Hund, metrop. Salisburg. , I, 304. Ce Léonard est probablement celui qui, avant 1454, administra pendant quatre ans l'évêché de Coirc (ch. V, à n. 576, t VI , 446); il est moins certain qu'il ait occnpé le siège de Gurck; du moins son nom ne se trouve pas dans la liste des évêques de Gurck, publiée par Mctzgcr, Hùt. Saliib., p. 1144. Dans ce temps si factieux il régnait beaucoup de désordre à Coire et dans l'Autriche intérieure.

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