‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 26 sur 178 · LIVRE IV. CHAP. VI · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP. VI

» mande s'ils croient l'église ou à V église 3,4 ? Savent- » ils si le pape ne se trompe pas ? Ils ne connaissent pas )) la Bible , puisqu'on en a défendu la traduction. Si le » cardinal le trouve bon, qu'il ouvre des écoles pour le » peuple des montagnes, toutefois en lui laissant le » temps de cultiver ses terres. Pourquoi le pape a- » t— il défendu d'en appeler aux conciles ? Qui leur a » donné le pouvoir d'enchaîner la main de ses supé- » rieurs ? mais celui qui se défie de son droit ne veut » point de jugement. » Heimbourg traita le pape d'élégant bavard, sans connaissance réelle des formes du droit 315 .

L'excommunication est foudroyante : le culte et la consolation deviennent muets , le commerce et les communications languissent 316 , la puissance de l'archiduc Sigismond est morte, anéantie; son pays, abandonné aux princes et aux peuples voisins. Pie porte le cœur trop haut pour ne pas soutenir énergiquement ses paroles : il invite le puissant Francesco Sforza à conduire une armée contre Sigismond pour plaire à l'Empereur 3,? . Il informe aussi les vaillans Confédérés suisses

314 En tant qu'elle se compose d'hommes ou que des hommes la représentent, il ne croit pas en elle; il croit qu'il y en a une.

Sls « Papa omni pica dicacior, verbositate cou ton tus. • Heimbourg dans son appel « ad Papam , quando musis relegatis ad sacras lilteras se converterit. » Le docteur assure avec raison : « Mecum erit libertas Catonis ; libertatis amator plus semper fui quam blanditiarum. • Le pape l'appelle «loquacem, praesumptuosum, praecipitem.» On ne pouvait guère lui reprocher autre chose; le furieux évêque de Feltre ne trouve à faire contre lui que la vague accusation « voluplatibus fluere et inter epulas sudare. »

M Nul ne devait acheter des sujets de Sigismond du sel , de l'argent oo du vin.

ni Sa lettre se trouve par fragmens dans Raynald, Ann. ecclés. ad 1461. Heimbourg reproche au pape «Caesari vilissime servire. » Notes

de la cessation de toute relation amicale avec le déloyal Sigismond, autrefois duc, coupable du crime de lèsemajesté 318 . Sforza négocie; les Suisses s'emparent d'un district vaste et fertile de l'héritage de Habsbourg, et ils l'ont gardé jusqu'à nos jours.

Après la conquête de l'Argovie, après la guerre de Zurich et l'affaire de Rapperschwyl on avait renouvelé le mode de vivre paciGque, adopté quarante-huit ans auparavant pour un demi-siècle 319 . Mais avant de rompre avec le pape , Sigismond avait voulu rendre les pieux Suisses plus complaisans à l'aide d'un bref d'excommunication sollicité à Rome 32 °. Toute intervention du pouvoir ecclésiastique dans les affaires temporelles est une épée à deux tranchans qui blesse avant tout celui qui le premier la fait sortir du fourreau. Le prince fut entraîné à cette démarche par les gens bien pensans (les émigrés) de Rapperschwyl 321 ; passionnés pour sa cause, qui était la leur, sans calculer les conséquences , ils ne songèrent qu a soulever la puissance

for le bref adressé à Nuremberg. Les contemporains déjà soupçonnaient que l'Empereur était derrière cette affaire. Arenpeck.

»" Le bref est dans Liinig.

119 La paix de cinquante ans de 1412.

120 Tschudi, II , 600. Le ban concernait ceux qui, après la médiation de Constance, se permettraient quelque acte de violence. Sigismond donna cette qualification (n. 338) au serment que les Suisses intimèrent à une moitié de la ville de Stein , qu'il regardait comme sa propriété ; il avertit dans ce sens les commissaires du pape : ceux-ci lancèrent leurs foudres sans information préalable, peut-être même pour aigrir les esprits. Ch. Zurich, n. 386.

1,1 Ils se montrèrent particulièrement actifs, comme on le voit par une saisie violente de marchandises ou de produits du sol , dont la coin même reconnut l'injustice. Tschudi, 1. c.

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