‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 25 sur 178 · LIVRE IV. CHAP. VI · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP. VI

deux mois, de l'hérésie de leur insubordination devant le chef de l'Église universelle. L'archiduc envoya près du pape à Sienne, son conseiller maître Laurent Blumenauer, pour lui donner des explications justificatives , et, si elles ne suffisaient pas, pour faire un appel , afin de gagner du temps 305 . Lorsque ce délégué, après une audience inutile 306 , eut fait afficher son appel, le pape le fit poursuivre comme un étranger sans pouvoirs, bien qu'il en eût pour donner satisfaction , de sorte qu'il ne put rentrer en Tyrol qu avec peine par des chemins détournés et seul 307 . JLe pape lança les foudres de l'excommunication contre l'archiduc 308 ; « à regret, » soupira-t-il, « à regret contre un prince de cette main son glorieuse 309 , à regret en se rappelant les temps

M * m Ad Papam melius informandum. •

306 Pie, dans sa Declar. pan. f assure l'avoir entendu personnellement et en public.

307 On place ordinairement à cette époque l'ambassade de Heimbourg à Rome; mais cela ne s'accorde pas avec n. 303 , et avec le récit qu'il fait dans son Apologie. Du reste, la collection de Freher renferme plusieurs documens sans date et remplis de fautes d'impression, quoi qu'en dise Struve. Comme ce récit n'a pour nous qu'un intérêt secondaire , au lieu de nous engager dans les détails d'une critique scrupuleuse, nous réunissons aussi authentiquement que possible dans un exposé sommaire les principaux traits épars.

3,8 Déclarât io panalis 6 Id. Aug. (8 août). Ce ban atteignit les gentilshommes et les conseillers tyroliens les plus considérables : Balthasar de Welschberg , Christophe Fucbs , Parcival d'Annaberg , Jacques Trapp , favori de Sigismond, Thiïring de Hallwyll, tous chevaliers ; les frères Oswald, Eberhard et Berthold Wolkenstein, fils d'un chevalier célèbre dans les annales de l'histoire et aussi dans celles de la musique, Gaspard de Trautsen et beaucoup d'autres. Bref aux curés.

309 Haselbach trouve cet événement inouï dans l'histoire de la maison souveraine d'Autriche ; mais nous ne voyons pas en quoi il est plus extraordinaire que le fait arrivé 45 ans auparavant , dans Constance , au père de ce seigneur.

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» meilleurs de l'archiduc, mais un devoir impérieux » l'ordonne; il n'ose pas à présent être Énée; les Serw gi us aussi ont eu parmi eux un Calilina; Néron n'a » pas terni la gloire du premier César. »

L'archiduc en appela au jugement d'une assemblée œcuménique de l'église 3 10 . « Le pape, » dit-il, « n^st pas » encore assouvi par toutes les injustices commises en- » vers nous et notre pays 311 ; il imagine encore des hé- » résies que nul n'attribuera aux Tyroliens ; il cite plus » de cent mille personnes devant son tribunal. Avec » quoi achetteront-ils du pain ? Qui mènera les enfans, » portera les malades 312 , guidera les aveugles jusqu'à » Rome? Nous avons défendu notre peuple contre l'au- » dace 313 et le meurtre; aurions-nous dû attendre que » le prêtre introduisît une armée étrangère dans no- » tre maison ? C'est à nous de protéger le pays. Nous » nous en tenons au Credo , et nous ajoutons foi au » reste avec la chrétienté. Bien des saints n'ont jamais » entendu parler du sens sublime des docteurs. Que » doivent répondre nos paysans quand le pape leur de-

,10 Son premier appel, celui de Blumenau, « ad Papam melins informandum ■ était du mois de juillet; le second, plus énergique, dont parle H e imbourg, fut fait à Inspruck le 13 août 1460 (l'archiduc Albert, Louis de Bavière , les trois électeurs ecclésiastiques , la France et Milan l'approuvèrent); il appela pour la troisième fois le 16 févr. 1461. S** kenberg in Selectis, IV, 390 , 392.

*" Nous lirons ce qui suit , en conservant autant que possible le texte primitif, d'une traduction allemande faite pour le commun des lecteurs, et que Bullinger a incorporée à sa chronique; c'est là que Jean- Henri HottingerY* prise pour la faire imprimer dans le VIII e volume de son Hist. ecclés.

111 Heimbourg savait bien que Pie n'entendait pas appeler à Rome la nation , mais ses avocats; il fait ici le sophiste et le démagogue.

m Gusanus était • a daring fellow. ■

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