‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 29 sur 178 · LIVRE IV. CHAP. VI · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP. VI

judiciaire 347 . Les Cantons prirent ainsi la place des archiducs*

En danger de perdre sa seigneurie paternelle, Sigismond somma seigneurs et chevaliers , la noblesse toujours fidèle de ces pays antérieurs, à défendre Diessenhofen et Winterthur. Les nobles se levèrent, les pères avec leurs fils 348 , les frères quand il y en avait plusieurs , les Landenberg et Hewdorf , les Hallwyl, les Bonstteten, les Truchsess, les Reischach , avec leurs gens. Laurent de Saal, gentilhomme aussi, dans toute la vigueur de la jeunesse 349 et plein de loyauté, avoyer de Winterthur, ainsi que toute la bourgeoisie , pénétrée du souvenir de ses fondateurs, de la maison de Kibourg , de Rodolphe de Habsbourg et de la fidélité tant de fois déployée avec gloire, reçurent les seigneurs. Les campagnards, prévenus en faveur des Suisses, entendirent les menaces de leurs ennemis 350 . Alors l'avant garde zuricoise, commandée par Félix Oeri , occupa le Heiligenberg , dont les hauteurs dominent la ville; ceux d'Andelfingen occupèrent les prairies de Veltheim. Peu de jours après, Schweiger amena la bannière principale par la descente prés de Tôs ; puis parurent les districts orientaux , Appen-

117 La juridiction provinciale et la criminelle, ainsi que les amendes, demeurèrent à la ville de Constance , à qui la maison d'Autriche les avait hypothéqués. Ch. dans Haller. On réserva à l'abbaye de Reichcnau et aux seigneurs justiciers inférieurs leurs droits. Protocole municipal.

m Marc le vieux et Marc le jeune de Hohencms; de Landenberg, outre Herrmann et Hugues, Albert l'aîné et Albert le cadet; le vieux et le jeune Eberhard de Bosswyl; Thûring de Hallwyl, le premier et le second. La liste est dans BulUnger.

M Agé de trente ans. Chronique de Jean Meyer dans Fiïsslin, Géogr. de la Suisse.

•*• • Qu'ils leur suspendraient leurs maisons au ciel. • BulUnger.

zell, Rarogne, l'abbé de St.-Gall et tous les cantons intérieurs de la Suisse ; seize mille hommes couvrirent la plaine 351 ; les forces de Berne se mirent en mouvement; Schafïhouse prit part à l'expédition. Du haut du Heiligenberg on lança contre les murs des pierres de quatre-vingts livres, et des boulets rouges mirent le feu à la ville dans trois endroits. Une fois encore avant l'assaut, on somma les habitans de se rendre; ils répondirent : « Nous avons juré fidélité à notre seigneur et à sa dame ; nous voulons tenir notre serment ou mourir. » La veille de la fête des Trépassés, les flèches des assiégeans éloignèrent des tombeaux les fidèles en prières; les assiégés ne s'en émurent point; décidés à descendre bientôt eux-mêmes , par le chemin de l'honneur et du devoir, vers les ombres chéries, gentilhommes et bourgeois, femmes et enfans supportèrent les neuf pénibles semaines avec la joie qui naît du mépris de la mort 352 . Us ne s'émurent point lorsque la grande pièce de siège des Zuricois, traînée par vingtquatre chevaux et sous le poids de laquelle le pont de la Tos se rompit, retirée de l'eau après trois jours de travail, parut devant les murs; des jeunes garçons amassaient des pierres pour réparer les brèches ; on établit des moulins mis en mouvement par des chevaux et un crible auquel étaient occupées de trois en trois heures vingt femmes sous un chef de leur sexe, tandis que d'autres repoussaient du haut des murs, avec des fourches en fer, les ennemis, et que des enfans versaient

,sl « Si la noblesse veut en venir aux mains , elle les trouvera réunis dans une vaste plaine, où campe en bel ordre une grande multilud e d'hommes. » Chanson de guerre.

y,i • Délibéra la morte ferocior. »

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