‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 35 sur 178 · LIVRE IV. CHAP. VI · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP. VI

du couvent du bourg de Légau 403 , George Beck , qui venait chercher un appui contre l'abbé Gerwig. La protection des opprimés fait la gloire des hommes de cœur. Le prélat l'avait accusé d'infidélité dans le commerce du vin 404 ; il était parvenu à prouver son innocence : l'abbé , au lieu de lui donner satisfaction, avait refusé de payer son compte et fait emprisonner son père , lorsque Beck osa porter plainte auprès des autorités judiciaires les plus hautes et les plus redoutables 405 . Comme ce pauvre serviteur ne pouvait se faire écouter ni du pape ni de l'Empereur, que le tribunal impérial 406 se montrait indifférent et que, pour sa cause, la justice ambiguë et sommaire de Westphalie semblait sommeiller 407 , il mit son espoir dans la loyauté des Suisses, et engagea trois cent trente-quatre hom^ mes à marcher avec lui. L'abbé l'apprit et disposa ses troupes ; il avait treize cents hommes. A la tête des plus courageux, au nombre de huit cents 408 , et de beaucoup d'artillerie, le chevalier Walther de Hohenek, seigneur de Wolkenberg 40<J , s'avança contre l'ennemi. «Mes gens, dit l'abbé, sont trois contre un; s'ils ne

m Tschachtlan.

4,4 11 achetait le vin en Alsace et en Brisgau.

40s C'est ainsi qu'il faut compléter l'on par l'autre Edlibacb t Tschudi, • Bullinger et Rhan, "•ARolhwyl. +

4,7 La justice s'exerçait alors partout contre' toute espèce de droit, par 1 ' exemple, là où l'abbé et son chancelier, sans être juges au tribunal se?, cret, avaient pourtant connaissance des procès et exerçaient de l'influence sur les tribunaux véhémiques.

448 II faut concilier de cette manière Edlibach et Ttchudi; le nombre de 2100 dans Bullinger est une erreur.

40 * Tschachtlan. Situé dans la sénéchaussée souabe de l'Allgau , du Hégau et du lac de Constance.

» veulent pas se défendre , que Dieu n'en laisse échap- » per aucun. » A Roschach sur le lac de Constance on cria aux Suisses : « N'allez pas au Buchenberg; tout » FAlIgau campe au bord du bois. » L'homme qui cherchait justice en frémit, et abandonna son dessein. Les Suisses déclarèrent la guerre par Forgane de Jean Waldmann 41 °. Ils s'assurèrent de Beck, que la peur pouvait porter à une démarche inconsidérée. Lindau reçut les guerriers avec respect. Ceux-ci montèrent par un couloir de la forêt; une neige profonde couvrait le pays. Us passèrent à côté de la ville d'Isny dont le bourgmestre fit mainte démarche pour la réconciliation ; mais les gens de l'abbé étaient trop fiers. Ils préfèrent « la rude voie , » soupira le bourgmestre , et il bénit les Suisses du signe de la croix. George Beck était d'Isny 411 . Ils espéraient acheter des vivres dans le bourg contigu au Buchenberg ; mais l'aubergiste craignit pour son vin. Ils recoururent à la force. Les soldats de l'Allgau n'avaient, de même, pris aucune nourriture. « Il faut qu'ils gagnent leur déjeûner, » dit l'abbé, espérant économiser la portion de ceux qui seraient tués. Soudain on donne le signal; trois cents pièces d'artillerie font feu. Les Suisses, par précaution ou pour adresser leur prière à Dieu , sont à genoux ; les boulets passent au-dessus de leurs têtes. Ils se lèvent, volent à l'ennemi, le frappent avec fureur d'estoc et (Je taille, rompent ses rangs. Là tombe entouré d'une

multitude des siens 412 le jeune chevalier de Hohenek,

4,0 Son frère Henri était porte étendard, et Hcini (Henri) Eberlin , d'Einsidlen , capitaine. L'entreprise n'avait pas un caractère officiel ; c'était une liberté. Etterlin.

411 Idem.

4 * J 188 étaient étendus autour de lui. Edlibach.

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