‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 36 sur 178 · LIVRE IV. CHAP. VI · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP. VI

chef de l'armée; sa longue chevelure blonde s étale sur la neige ensanglantée 413 . Avec lui s'éteint l'espérance de cette journée ; les bataillons de l'Ailgau, dissous aussitôt , cherchent leur salut dans une fuite rapide et dans la forêt de Wûrlingen; la nuit, leur amie, les protège enfin; mais elle n'amène pas le repos à l'abbé, il s'enfuit dans le sentiment de ses fautes ou de la haine de tous les partis. La satisfaction assurée, les Suisses rétrogradèrent ; ils passèrent à gué l'Argen , la ville de Wangen ayant fermé ses portes par mauvaise conscience 414 ; près de là ils traversèrent tout joyeux Buchhorn , pour se rendre à une conférence convoquée par le bourgmestre et le conseil de Lindau. Là se trouva l'abbé de Kempten; il fit réparation d'honneur à Beck, lui donna, ainsi qu'à ses protecteurs, une indemnité convenable 415 , et ne pouvant plus , après tant d'orgueil et une telle issue , régner avec dignité, il se démit de l'administration 416 ; montrant par son exemple aux autres seigneurs de Souabe, où en peut venir un homme dédaigné quand il s'adresse à de véritables amis *.

Après cela les Confédérés entrèrent dans l'association

*« Id. ; car les moindres détails de nos tableaux sont lires des sources.

"* Elle n'était probablement pas favorable à la cause de l'homme d'Isny.

*" A tousles deux ensemble 1000 flor. Tsehudi. A Beck 900. Tschaeht tan. Aux Suisses 800. Edlibaeh.

TêchachtUin.

* La destinée suscite quelquefois de ces hommes énergiques pour châtier les tyrans, et charge la postérité de s'acquitter envers eux. C'est une dangereuse mission que celle de réclamer ces principes et de défendre tes droits des peuples. Les persécutions de toute espèce en sont les fruits^ D. L. H.

formée par un grand nombre de princes et de villes de la haute Allemagne 417 dans le but d'assurer à chacun bonne justice, mais sous rengagement solennel de ne jamais la chercher en Westphalie auprès des tribunaux secrets». Ceux-ci, dont l'origine 418 , la nature, les limites et les lois étaient couvertes d'une obscurité impénétrable 419 , du sein de laquelle sortait parfois comme un éclair la nouvelle d'une exécution subite et formidable 42 °, s'entouraient d'une majesté salutaire dans un temps où la violence étouffait la justice. Lorsque les villes et les pays acquirent un droit plus positif à la faveur d'alliances populaires, lorsque les réformes de l'Empire 9 les règles de la paix publique et la souveraineté qui grandissait garantirent à tout citoyen allemand sa vie et ses propriétés , ces tribunaux n'eurent plus de but, et le mystère , sans la dignité, devint un instrument dangereux de la méchanceté égoïste 421 .

Chez les Confédérés rien n'offrait plus de difficulté que l'office spécial du gouvernement d'assurer à l'ordre

447 L'électeur palatin Frédéric et le duc Albert d*Autriche étaient à la téiede celte association. Tschudi, 11, 618.

418 Probablement après la dissolution du duché de Saxe , vers l'époque où la chute des Guelfes ruina les tribunaux provinciaux de Westphalie, et oit l'archevêque de Cologne ne conserva guère que te nom , la forme et l'ombre de l'office ducal.

419 A peine osait-on en parler; les statuts étaient tenus secrets. Voy. l'ouvrage profond de Kopp, conseiller intime de Uesse-Cassel. Gôttingue. 1794. in-8°. = Voy. aussi Fouvrage plus récent de Théodore Berck, Oesefuchte der fVestphœlischen FemgerichU. Bremen, 1815, in-8<>l. CM.

420 Sur la plainte du landgrave Henri de Hessc, le comte libre de Freyenhagen condamna en 1479, sans autre forme de procès, dans la juridiction de Benshausen , toute la population mâle au-dessus de 14 ans, à être pendue. Kopp.

4,1 Rapport d'Erfurt à (jôrliz : que c'étaient de fieffés pendards. W erdenhagen : • A nalura ipsa abhorret laie judicium. »

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