‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 63 sur 178 · LIVRE IV. CHAP. V · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP. V

payer une autre dette , les transmit au bailli de Metsch, Ulrich, comte de Kirchberg, bourgrave de Tyrol. Ulrich les donna à son fils Gaudenz. Cela se fit au su et du consentement des habitans 54 , car alors les hommes étaient comptés pour quelque chose 55 . Ensuite, Gaudenz convint avec eux gracieusement et vertueusement 56 de respecter leurs libertés héréditaires 57 et leurs alliances , de ne pas leur imposer un bailli qui ne fût pas à leur guise, d'habiter au milieu d'eux 58 , et de ne jamais les aliéner de la maison de Metsch contre Jeur gré. Tels étaient les égards pour les sujets avant rétablissement des armées permanentes; c'est ainsi qu'ils pouvaient concilier leur intérêt et leur devoir.

Les gens du sire de Hôwen à Hohentriem rachetèrent leur liberté à prix d'argent ; leur émancipation devint définitive à la suite d'un incendie qui consuma les titres sur lesquels se fondait le droit de réemption 59 . L« Heinzenberg et le vieux Tusis se rapprochèrent innocemment d'un état de liberté 60 . Le voyageur trouvait avec joie dans ces Alpes une sûreté hospitalière 61 .

54 Déclaration du bailli Gaudenz, jeudi avant St-Gall, 1471. Ibid. M Ecrit en 1802, alors qu'on traitait tout autrement l'Empire germanique.

M Expressions de Gaudenz.

M Telles qu'elles avaient été acquises de Vazet Mont for t. Déclaration du même , vendredi avant St.-Gall. Ibid.

58 • Afin que nos seigneurs nous trouvent dans leurs besoins. •

M Le bailli s'était rendu au château de Tamins. Hitt. des trois ligues (Gesch. gemeiner 3 Biindte, I). Les de Hôwen se seraient d'ailleurs trouvés hors d'état de racheter ce qu'ils avaient aliéné.

M Ils passèrent en 1476 de Werdenbergà l'évêché. Porta, Compend. 175. * , i

M Cbristiern d'Oldenbourg , premier roi de Danemarck de cette maison, tint sur les fonts baptismaux à Bergell la fille de Rodolphe Fabius, prévôt de Vicosoprano.

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Si, dans les Grisons, les vertus domestiques donnaient la suprématie au peuple, à Berne la direction des affaires appartenait aux premières familles.

Bâtie sur un sol libre par les recteurs impériaux de Bourgogne, nous avons vu cette ville, peuplée par les hommes libres du voisinage, prospérer par leurs soins et par ceux de nouveaux habitans , défendre valeureusement son indépendance et s'élever à un degré de puissance considérable pour le temps; nous avons vu aussi les nobles seigneurs 62 faire à la communauté de grands sacrifices. Ce que chacun avait acquis (que la valeur en dépendît de la fortune ou de l'opinion), était sa propriété : la chose publique n'existe pas là où il y a moins de sûreté pour l'écu du riche que pour le denier du pauvre. Si l'on ne respecte pas ce principe, gênant pour tous les tyrans, monarchiques, démocra-

61 En allemand Twingherren, seigneurs justiciers. C'est un provincialisme. = Nous les appellerons parfois simplement seigneurs. Le mot Twing, fort usité dans le langage juridique et diplomatique de la Suisse au moyen fige, signifie 1° certains droits , surtout ceux de la basse justice, exercés par des seigneurs sur leurs vassaux ou leurs serfs , quelquefois immédiatement, d'autres fois par l'intermédiaire de baillis; la baule justice s'appelait Bann; de là fréquemment l'association de ces deux mots, quand il est dit qu'un seigneur possédait ou vendait Twing und Bann, c'est-à-dire, la juridiction complète. 2° Twing signifie encore la juridiction exercée dans une circonscription locale, village, paroisse, district, sans distinction précise de haute et de basse justice. C'est ainsi que les Twingherren ou seigneurs justiciers exerçaient quelquefois des droits fort étendus, et même bien expressément la haute justice; on peut s'en assurer en comparant ci-dessous les notes 66, 82, 91, 101 , 103, 118, 153, 228. Au milieu de l'anarchie à laquelle l'Empire fut quelque temps en proie, et de la lutte des divers Etats qui se disputaient les droits qu'il avait exercés sur le sol helvétique , les seigneurs étendirent leur autorité, les uns plus, les autres moins. Le développement historique de ce fait a été présenté avec une admirable lucidité par par M. Emanuel de Bodt , dans son introduction à Frickard. C. M.

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