‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 7 sur 178 · LIVRE IV. CHAP. VI. i · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP. VI. i

de jurer obéissance à son frère Albert, prince souverain de Souabe et d'Alsace 82 . Émus de tout cela, les Schaffhousois résolurent 83 de faire un grand sacrifice d'argent pour racheter ce qui seul pourrait fonder des prétentions légitimes. Moyennant une somme de plus de dix mille florins 84 , ils obtinrent de la comtesse et des comtes de Sulz l'engagement de ne plus jamais relever Balm au-dessus du sol 85 (1 453).

Les prétextes tirés du droit ainsi écartés, les gentilshommes d'Albert, en partie alliés à la ville par la combourgeoisie, et à sa noblesse par le sang, fomentèrent des divisions pour engager Schaffhouse à se soumettre de bon gré. La plus ancienne des maisons originaires de cette contrée 86 , la puissante maison des nobles de Randenbourg, dans laquelle la dignité d'avoyer de Schaffhouse avait été héréditaire pendant de longues années 81 , venait de s'éteindre. Le gouvernement avait acheté d'elle une tour dans la ville 88 . De son manoir, sur

•* Expression de la charte. Tschudi nomme Sigismond ; mais celui-ci ne se chargea de l'administration de ce pays qu'en 1458. Hist. de l'Autriche antérieure, II, 162.

M Après plusieurs missions inutiles mentionnées dans les Comptes de ta ville. Le délégué Pierre Neunangstcr recevait journellement un florin pour lui et un demi-florin pour son domestique et son cheval.

84 10,500. Comptes de la ville.

85 Expression du traite, Egtisau, 15 août 1453; aussi lorsque le comte Rodolphe fit déblayer les décombres et restaurer les fondemens, la ville garda le silence; mais lorsqu'il voulut élever les constructions au-dessus du sol, elle s'y opposa. Iiueger.

86 Les Im Thurn sont originaires de la Rhétie.

" Peut-être dès les temps les plus anciens, avant que Jean-Jacques quittât en 1258 cet office pour le couvent; à coup sûr depuis 1308.

88 En 1436 Ulrich de Teltingen et Marguerite Randenbourg vendent à Tavoyer Gôtz leur tour (maintenant la tour de la Grande -Balance) et leur maisonnette entre cette tour et la chambre à boire des nobles. ,

une des pointes du Randen, l'œil embrassait un grand nombre de domaines de la maison 89 et une vaste étendue des montagnes de la Souabe ; on en retrouve encore des murs ruinés au milieu des broussailles 90 . Les de Tettingen, les de Randeck 91 , les lin Thurn, familles qui depuis des siècles formaient avec celle-là la haute noblesse, héritèrent de ses biens 92 et de la portion du Rhin qui lui appartenait. Depuis les écueils où , en quittant la ville, le Rhin se brise avec fracas, jusqu'à la grande cataracte vers laquelle il roule des eaux de nouveau tranquilles , profondes et puissantes, ce fleuve appartenait aux Randenbourg 93 ; en remontant depuis la Balance 94 jusqu'au rocher de Plumpen au-delà de Kirchberg, il appartenait, par suite de vieilles donations impériales, au couvent de Tous-les-Saints 95 , qui l'a vait long- temps inféodé à des particuliers nobles 96 , puis à la maison d'Autriche 97 , enfin à la viUe 98 . Peu

M Schleitheim, Beggingen.

Albert de Neuneck vend en 1438 la moitié de ce manoir à l'hôpital •de Schaflhouse.

91 Négociations de Marguerite de Randeck avec son beau-frère Wolf de Lichlenstein au sujet de l'héritage de son aïeule, Agnès de Randenbourg, 1438-1462. Elles concernaient un grand nombre de domaines en Souabe (à Horn, Roggenbach, Wangen), une maison à Schaffhouse, des terres à Wilchingen, la forteresse de Stoffeln, un droit de pêche dans le Ubin, la dîme du vin à Uhwiesen, Flurîingen, Fcurthalen, Lauffen.

92 Inféodation d'Osterfingen à Jean-Guillaume Im Thurn par le comte Jean de Lupfen. H VI.

n Enquête de 1435 : depuis le Scharkenstein jusqu'au Lauffen inférieur f la grande cataracte).

94 Appelée aussi le Lauffen supérieur.

95 Enquête de iàSk.

" Aux Brumsi am Stad, qui la cédèrent à l'Autriche en 1370. w 1380.

* 8 Le duc Frédéric le vendit à la ville en 1411.

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