LIVRE IV. CMAP. VI
dans la personne de son père, la branche mâle de sa maison 65 ; là, elle avait vécu avec son époux dans une union troublée par la discorde 66 ; maintenant elle et ses fils se rendaient 'redoutables aux marchands qui suivaient cette route. Une forêt noire couvrait toute la contrée , surtout le ravin sauvage où le Volkenbach roulait ses flots. C'est là que les gens des comtes de Sulz terrassaient les négocians d'Ulm et leur enlevaient leurs draps pour le plaisir de la violence, par cupidité ou à cause d'un péage litigieux 67 . Les Schaffhousois, admis dans la ligue des villes 68 , comme nous l'avons dit, sans calculer qu'ils n'avaient point de secours à espérer pour la guerre de Nuremberg 69 , entreprirent en faveur d'amis éloignés une lutte contrôla puissance multiple de l'injuste voisin 70 . Après avoir fait un vœu aux patrons de la ville 71 (1449), les Schaffhousois se mirent en marche à la tombée de la nuit, apparurent inopinément, pénétrèrent dans le château , emmenèrent prisonniers Ursule et ses lils Rodolphe et Auwiz, pillèrent
tions du bourgmestre Balthasar Pfhter pour Phistoire de Schaflhorse) ; mais il n'est pas prouvé qu'il possédât le château.
65 Le même qui avait été accusé d'impuissance.
66 Le comte Jean de Thengen à Henri SchnczerdeSchaffhouse, 1437 ; il entreprit de réconcilier aa tante et son oncle.
• 7 Ruger. Chron. de Schaffh.
" Depuis le 22 marsiaûe. Hœbcrlin, fftff. de l'Empire, VI, 262.SchaiThotise était alors dans une alliance plus étroite avec cinq villes.
Waldkirch, Chron. de Schafffi., rapporte qu'il n'arriva point de .<e* cours, mais sans en dire la cause.
70 Les comtes de Sulz, landgraves de Klelgau, étaient aussi juges provinciaux à Rolwyl.
71 Treize livres de cierges. Contptcs de la ville.
Balm 72 , le brûlèrent ensuite 73 , passèrent la rivière, rasèrent Neubourg sur la hauteur de rOttersbûhel 74 et s'emparèrent de la forteresse des comtes de Rheinau 75 . L'avoyer, le conseil et la commime furent astreints à leur prêter serment 76 . L'abbé Eberhard, apparenté à toutes les grandes maisons de Schaffhouse 77 , reçut avec joie les libérateurs ; son abbaye possédait à Schaffhouse une maison 78 et un droit de bourgeoisie qui protégeait un abbé même contre ses supérieurs ecclésiastiques 79 . La bannière de la ville rentra triomphante dans Schaffhouse avec la cloche de Balm , signal ordinaire d'entreprises hostiles 80 . On relâcha les prisonniers.
Le premier usage qu'Ursule fit de sa liberté , fut de faire mettre Schaffhouse au ban. Cette ville se trouva fort embarrassée. Au nom du saint Empire romain, l'empereur lui ordonna fermement et sérieusement 81 (1450) de rentrer sous la domination autrichienne, et
72 La recette provenant des prisonniers et du butin s'éleva à 122 livres & schel. 3 béliers. Ibid. On rendit aux marchands d'ilm leurs draps. Missive dans Rûgcr.
71 Après avoir consulté les villes.
74 Rûger trouve cela vraisemblable.
75 P. Moritz Hohenbaum van der Meer, Hist. de Rheinau Doneschiugen, 1778, fol. p. 126.
76 Leur déclaration en 1450 que c'est sans préjudice des droits de l'Autriche. Nulle ville ne voulait être soumise à une autre.
77 P. Moritz dit qu'il s'appelait Schwager, et que du côté de sa mère il appartenait à la famille Im Thurn.
78 A l'enseigne du Sapin. ld. La maison qui appartint ensuite aux Suli ; selon Pfister il possédait aussi la maison de la tribu des cordonniers.
79 Action de 1445 : «Lorsque l'évéque de Constance demanda l'extradition de l'abbé Ilugon, il fut renvoyé à suivre les voies juridiques. »
80 La cloche fut transportée dans la tour de la Grande Balance. Wiger. H Expression de la miss ivc j Neustadt (de VienneJ, Noël, 1450.