LIVRE IV. CHAP. VII
il s'était trompé, la résistance d'autorités consciencieuses 259 ; tandis qu'il cherchait à perfectionner la législation française par la comparaison des législations étrangères, il était si loin d'en tirer vanité, qu'il tenait ce travail secret pour ne pas ébranler l'autorité des lois subsistantes 260 . Quoique dans les commencemens il fit peu de cas de la table 261 et de la toilette 262 , il n'en savait pas moins gagner les Parisiens dans un festin 263 , et, quand il le fallait, il se présentait avec
m'y connus. • (Il n'aurait pas prononcé dans l'affaire du meunier Arnold. ) Au même : «Faites justice incontinent de celui qui a tort, et laisser toutes mes besognes pour ce faire. »
«*• Il enjoignit au parlement à plusieurs reprises et avec menace d'enregistrer certaines ordonnances. Le président vint avec une députalion lui déclarer qu'ils souffriraient plutôt la mort. Le roi fit déchirer le rescrit devant leurs yeux , et leur dit « qu'ils devaient continuer à être fermes et fidèles comme en ceci. • Bodin , de la républ. 1. III. Ils le forent.
160 Le roi à du Bouchage , Mondoubleau , 5 août 1479 : « Vous savez
• le désir que j'ai de donner ordre 5 la justice et à la police du royau-
* me. Il est besoin d'avoir les coutumes des autres pays. Faites quérir le » petit Florentin , pour avoir celles de Florence et de Venise. Faites-le » jurer de tenir la chose secrète. • .
Ml 11 y avait d'abord destiné 12,000 livres; à la fin cette somme fut portée à 39,000. Compte de la dépense de la table de Louis XI , dans Duclos, t. III. C'est pour cela que Seyssel lui reproche «qu'il était ( en ceci) par trop curieux. • Comme Frédéric.
2Cî Seyssel dit qu'il était parfois habillé comme un marchand; cependant il portait un bonnet de velours noir ; un jour il le donna au duc de Sommerset, qui le quitta comme il pleuvait. Chron. Scandai.
J6S On voit dans (a même chronique qu'il faisait à Paris «grandes et bonnes chères , • et que dans ces occasions il racontait les entreprises de ses ennemis • en moult beaux mots et piteux, de quoi tous et toutes (il y avait là beaucoup de demoiselles et honnêtes bourgeoises ) pleurèrent bien largement. • 11 invitait souvent à sa table des négocians, pour apprendre quelque chose d'eux ; mais il ne reçut plus celui qui avait acquis des lettres de noblesse : « Asie* , M. le gentilhomme ; quand je vous fai- » sais asseoir à ma table , je vous regardais comme le premier de votre
majesté 204 . Il se vit bien malgré lui 205 dans la nécessité d augmenter les impôts 266 ; mais il accorda aux districts souffrans des franchises pour plusieurs années et les exempta d'impôts plus anciens 207 ; en même temps il prenait soin de maintenir le pain à un prix raisonnable 268 . Il n'épargnait pas les dépenses utiles 209 , savait donner avec grâce à ses serviteurs 270 , et fermait les yeux sur des erreurs de compte que rachetaient des services 271 . Il ne prodiguait point la vie de ses soldats 272 et attendait des fautes de ses ennemis ce que d autres attendent du sort des batailles 275 . Il savait également bien provoquer ces fautes et en
Tu
• condition ; mais aujourd'hui que vous en êtes le dernier, je ferais in- - jure aux autres si je vous faisais la môme faveur. • Duclos , 1. X.
264 Il reçut les magnifiques Vénitiens sur un trône élevé, avec ses orne mens royaux. Bodin, IV.
les Voy. le Rosier des guerres. Il sortit plus d'une fois d'embarras en vendant un domaine de la couronne. Citron» scandai.
2 " Pour trois raillions, llénauti.
• 267 Duclos, 11.
268 Encore dans ses derniers momens. Id,
269 Nous en verrons des preuves dans les négociations suisses.
270 Le roi à du Bouchage, 1470 : «Je vous donnerai la chose qu'aime* le mieux , qui est l'argent »
271 Gomme il voulait examiner attentivement un compte du maréchal de Querdcs, celui-ci lui dit : « Sire, pour cet argent je vous ai acquis six » villes ; s'il plaît à Votre Majesté de me le rendre , je rendrai tout ce que » j'ai reçu. • — « Pàqucs-Dieu ! Maréchal , il vaut mieux laisser !e » moustier où il est. ■
272 • Il aimoit mieux perdre 10,000 écus que de risquer la vie d'un archer. » Molinct dans Duclos. = Combien nous valons mieux ! De nos jours on perd 150,000 hommes dans une seule campagne sans sourciller. D. L (L
27î Duclos, conformément à l'histoire.