UVRE IV. CHAP. VII
il sacrifia même un homme
ques-uns de ses agens ont été convaincus d'avoir voulu empoisonner par son ordre le roi Louis et le dauphin 294 ; peut-être le duc estima-t-il ce moyen permis, parce qu'il croyait que le roi s'était débarrassé de la même manière de son propre frère, Charles de Guienne, dont la faiblesse fut le principal instrument des désordres de la France 295 . Plein des plus grands projets, dont le développement systématique dépassait la force de son intelligence 296 , il ne savait souvent pas, dans l'effervescence de ses passions , quel parti prendre 297 ; ensuite il se jetait à corps perdu dans une entreprise que la raison aurait dû diriger 298 ; un long bonheur
291 II livra le connétable de St. -roi à une mort certaine en le livrant au roi , afin que celui-ci n'entravât pas son entreprise contre la Lorraine. Commet, 1. IV. Malgré tout qe qu'on pouvait mettre à la charge de cet infortuné, le tort du duc fut si évident que toutes ses disgrâces subséquentes furent regardées comme un châtiment du ciel.
1.4 Le premier par maître Ythier et son Hardy , en 1473 ; le second par Jean Bon, du pays de Galles, en 1476; la Chronique scandai, raconte la condamnation de tous les trois. Gaillard (Notices el Ext. des mscr. de UBibl. du lioi, IV, 42) ne croit pas un mot de tout cela. Ses raisqns seraient excellentes si le cœur de l'homme n'était pas un tissu de contradictions. Ce savant est très-défavorable au roi. A une certaine époque on arrangeait tous les siècles au gré du dix-huitième, et tous les caractères d'après quelques idées sloïques. Aussi y a t-il bien des choses à réviser.
2.5 Paul-Emile. Ce n'est pas ici le lieu d'examiner ce point; le fait est tout au moins douteux.
Mt • Il n'avoit pas assez de sens et de malice. » Comincs.
5,7 Ce même auteur nous le montre à Liège dans une grande agitation d'esprit, pendant laquelle il « ne tint pas bonne contenance, » tandis que le roi, en dépit de sa mauvaise situation , • sembloit de grande vertu , de grand sens. »
Î9S A son départ pour sa première guerre contre le roi , son épouse loi fit des représentations. Il répondit brièvement : Je l'ai empris. Elle, levant les yeux au ciel, répliqua : Bien en advienne! (Paradin). Dès ce jour il prit ces paroles pour devise et pour règle de conduite.
lui en donnait le courage 299 . En temps de paix il accomplissait assez exactement ses dévotions du matin et du soir 300 ; toutefois, en cela sa fougue ne se conciliait pas avec la constance 301 . Il portait des reliques sur lui 302 , comme le roi, suivant la croyance d'alors, ou parce que les magnifiques boîtes servaient d'ornements. Il observait exactement les jeûnes 303 , exercices d'abstinence dignes de l'homme. En revanche on Ta blâmé d l attribuer tout à son intelligence, sans reconnaître combien est décisif le concours des circonstances ordonné par la Cause première 304 . Comme le roi 306 , il voyait dans l' aumône un devoir prescrit par la religion chrétienne 306 , et dont les mouvemens du cœur die-
899 • Quo sœpius victor abisset, eo magis eventum experiendum opinabatur. • Thomas Bazin, Horobg. tempor.
î6 ° De la Marche (n. 2S1) : «Et soir efmatin Dieu amoit et servoit. •
La Chron. des ducs de Brabant dans Dunod rappelle qu'il disait journellement les prières de l'office.
101 Pont us H eut er us : T; n'.ôt on ne pouvait pas lui dire la messe assez lentement, tantôt pas assez vite; quelquefois il la négligeait pendant un long temps, puis il redevenait presque superstitieux.
M* Chron. de Brabant dans Dunod.
30J De la Marctie, Mém. : • Il jeûnait tous jeûnes. •
106 Comines , V : « Tout il attribuoit à son sens et sa vertu , et non à Dieu. •
105 ■ Étant en prière dans une église , un pauvre clerc vint lui représenter qu'après avoir déjà langui dans les prisons pour une dette de 4500 livres, il allait encore être arrêté pour la même somme, et qu'il était absolument hors d'état de payer. Le roi la paya dans l'instant et lui dit: ■ Vous avez bien pris votre temps; il est juste que j'aie pitié des malheu- • reux, puisque je demandais à Dieu d'avoir pitié de moi. » Ducbs, liv. X.
806 On doit à la religion chrétienne une multitude d'hôpitaux et d'établisscmens pour les pauvres , que les anciens ne connaissaient guère ; ils passèrent du christianisme dans la religion mahométane.