LIVRE IV. CMAP. VII
taient les règles 307 ; du reste , dans ses libéralités , sa prudence 308 ne dégénérait jamais en lésinerie 309 . Il se respectait trop pour s'adonner au vin et aux plaisirs de la table 310 . Quoiqu'il n'aimât ni les bals ni la société des femmes 311 , il y tenait bien sa place dans l'occasion 312 ; un prince , obligé de gagner les cœurs , ne doit rester étranger à quoi que ce soit , et ne rien faire malhabilement. Comme la nature lui avait refusé une voix harmonieuse , il cacha ce défaut par la théorie de Fart 313 , et la musique de sa cour fut toujours une des premières 3H . Du reste il prenait plaisir à la chasse au sanglier 315 , au vol du héron 31G , aux exercices dans les diverses armes 317 , en tout et partout infatigable 318 . Il remportait sur la plupart de ses contemporains aux échecs, qu'il considérait, conformément à l'esprit de cette invention , plutôt comme un exercice de l'intelli-
447 De la Marche : • Il donnoit à tous pauvres qu'il rcnconlroit. • Il destinait 20,000 francs par an aux aumônes.
M» Le même : « Il vonloit savoir à qui. • Comines : « Ses bienfaits n'éloient pas fort grands, parce qu'il vonloit que chacun s'en ressentît. •
1,9 • Il étoit large et donnoit volontiers. » De la Marche.
"° Bazin : . Vini et cibi temperans. -
311 De la Marclte : • De sa complexion il n'étoit point adonné à ces oisivetés,» Heuterus : • Excelsus animus à mollitie abhorrebat. • 1,1 De la Marche.
m Id. : ■ Combien qu'il eût mauvaise voix, toutefois il avoit l'art , et fit le ebant de plusieurs chansons bien notées. »
m Bazin: « Semper magnificam tenuit capellam, cum suis canloribu* canlu deleclatus. »
315 11 en tua beaucoup. De la Marche.
1,6 • Son passe-temps était de voler à émerillons. — Il aimait le vol du héron. • Jd.
117 • Puissant jousteur, puissant archer et joueur de barres, à la • façon de Picardie; et escouoit les autres par terre, loin de lui. • ht.
m • Le duc martial tenoit ses gens en continuel exercice. » Paradin. Il ajoute très-positivement que le duc lui-même se livrait à ces exercices.
gence que comme un jeu 3ia . On soupçonnait 320 et ses ennemis ont dit 321 que la chasteté auprès des femmes 322 lui coûtait d'autant moins , qu'à l'exemple des héros grecs et romains il préférait le commerce des hommes.
Chez les anciens il aimait tout avec passion ; nonseulement il entendait bien le latin, outre cinq langues modernes 323 , mais, son goût n'ayant point été gâté par les romans de chevalerie, lecture de sa jeunesse 324 , il se faisait lire chaque jour pendant deux heures l'histoire romaine 325 . Il avait incessamment devant les yeux la grande image d'Alexandre 326 . A l'exemple de ce mo-
,l9 « 11 jouoit aux échecs mieux qu'autre de son lems. •
* 10 Bazin : « Nullam fœminam praeter suam , vel itli adhinnire vole- » bat : quod nonnulli variis viis in vitium detorquebant.... Ipsius con- » tinentia , vel qua? de eo communis aestimatio habebatur. »
*** Justification de Jean de Chasse, de la Franche-Comté , son chambellan. 11 dit l'avoir quitté • pour ces très-viles et très-énormes choses • qu'il fréquentoit contre nature et contre notre loi . en quoi il a voulu » m'atlraire d'en user avec lui; pour échever le danger de cette a boni i- » nable vie, je me suis départi de sa maison, crainte de sa fureur. » Il paraît que ce n'était pas une chose bien frappante, puisque Chasse crut nécessaire d'en admonester « ses amis, de départir du lieu où si vi- » cieuses choses se fréquentaient. » On trouve cette pièce dans le t. III de Duclos.
,M De la Marche; Meyer; G u liât ; Heuter , tous.
M * Le français, le flamand, l'anglais, l'italien et l'espagnol. Dunod.
tu • Il s'appliquoit h lire du commencement les joyeux faits de Lan- » celot et Govin. » De la Marche.
,ls « Jamais ne se couchoit qu'il ne fît lire deux heures devant lui des » hautes histoires de Rome , et y print moult granl plaisir. » ldL
n6 Barlandus : Il savait son histoire par cœur. Lud. Vives de coneord. et discord, L. I : « Son admiration pour Alexandre l'égara. » Chez d'autres elle a développé la grandeur d'âme. La nourriture physique et morale n'est pas saine ou malsaine par elle-même ; tout dépend de l'estomac qui |a digère.