‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 99 sur 178 · LIVRE IV. CHAP. VII · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP. VII

avaient besoin, pour traiter avec la France, des Bernois qui connaissaient la langue et les cours. Ce fut pour eux un motif de s'entremettre plus activement afin d'apaiser la querelle des seigneurs 389 . Avant la réussite de leurs efforts, Adrien de Bubenberg, qui oubliait toujours son intérêt personnel quand la patrie avait besoin de lui, obtint que la Confédération autorisât Berne à négocier avec la France un traité conforme aux circonstances 390 . Il consista dans rengagement mutuel des deux pays de ne pas soutenir l'un contre l'autre le duc de Bourgogne 391 . Ce traité enleva au

»»• Les députés des cantons de Zurich, de Zoug et de Schwyz, envoyés à Berne vers le 21 juillet, à l'occasion de l'ambassade française, peuvent avoir donné lieu à la médiation mentionnée ci-dessus dans le texte à l'alinéa qui suit la note 179. 11 est étonnant que Frickard ne dise rien de cette négociation.

190 Stettler dit d'une manière inexacte ou ambiguë que Berne, pour sa part , accepte les propositions de la France. La ch. dit expressément :

• Cum piena et omnimoda potestate dominorum Magnae Ligua: Aleina- ■ nia? superioris confœderalorum , qua ulimur in bac parte, faciendi

• certum appuntamentum. • — Trois cantons seulement s'étant rendus à la diète convoquée à Berne pour le 26 juillet, on en convoqua une nouvelle à Lucerne, pour le 7 août; c'est là que Berne reçut l'autorisation de traiter avec la France au nom de tous les Confédérés. De Tillier. II , 138. Voyez la négociation du roi avec les Suisses dans ['Histoire des dues de Bourgogne , par M. de Durante , année 147a , t X. CM.

»M Ch. Scuileti et eonsulum dominii Bcrntnsis , Berne , 15 août 1470. Ratification royuie , Tours 23 septembre. Dans Comines et dans les Collections de Uinig , de Léonard et de Dumont = Comme le fait observer M. Zellméger (t. II, p. 84, to. 71) , il y a chez les auteurs une diversité surprenante à l'égard de ce traité : Flassan, 1, 233, en met la date au 20 septembre 1470; IL de Baranie, IX, 298, dit que le 13 août 1470, «les ambassadeurs du roi conclurent, avec les envoyés de Berne, re- » présentant aussi Lucerne, Uri , Schwyz , Unlerwalden , Zoug et Glaris ,

• un traité d'alliance contre les ligues suisses et le roi. • 11 ne nomme donc que sept cantons; le Traité historique , 6, ne parle même que de six cantons, ainsi qae te traité rapporté par Liïnig , tandis que l'acte

duc l'espoir d'un renfort de troupes suisses 392 . Le roi promit ce que le bon sens lui prescrivait 393 . Le bailli bourguignon se désista. Charles ayant appris les menées du roi, ne jugea sans doute pas opportun de resserrer le lien entre ce monarque et les Suisses.

La division et la haine entre les deux princes augmentèrent encore à la suite des troubles de l'Angleterre (1471); Louis parut favoriser Henri VI; tandis que Charles , au contraire , se montrait disposé pour Edouard IV, son beau-frère. Entre la France et la Bourgogne il n'y avait ni paix ni guerre; l'infidélité, l'inconstance, la fermentation étaient à l'ordre dujour. Sans la rude fermeté de Berne, la Suisse aurait été impliquée plus tôt dans les querelles : séduits, gagnés, un grand nombre voulaient servir le roi , d'autres s'engager contre lui 394 . Le peuple et plus encore la considération de Berne fit obtenir à son combourgeois le comte Jean d'Arberg-Valengin , célèbre chevalier 395 , Beaufremont , héritage de sa mère dans le duché de Bar 396 . '

d'alliance mentionne les huit anciens cantons et porte la date du 23 septembre 1470. Recueil des Alliances, rte, p. 40. G. M.

492 Ce qui était probablement l'intention du comte de Romont. Stettler,

m Môme sans un traité il n'eût jamais favorisé l'agrandissement de son ennemi mortel aux dépens de la Suisse.

m Nicolas et Guillaume de Diessbacb , Pierre Mûri, Pierre Ougspurger, âms Stettler, p. 204.

895 m Un des douze braves qui avec Pierre de Beaufremont soutinrent » à l'arbre de Charlemagne , dit celui des Hennîtes , le pas de l'an 1443. • Observât, sur les comtes d'Jrberg.

896 Jean , qui avait succédé h son père Guillaume en 1427, arrièrepetit-hls de Pierre d'Arberg, tué à Sempach, était né de Jeanne, fille de Philibert de Beaufremont, qui n'avait que trois filles. Pierre, non pas celui dont il est question ci -dessus, mais le fils de l'aînée de ces trois

Page 1