NOUVEAUX PROGRÈS DE LA RÉACTION ULTRAMONT AINE
de Viret, coulait comme le miel, de celle de Farel partait comme la foudre, et s'échappait en oracles de celle de Calvin. Jamais l'envie ne s'était glissée entre eux.
Bèze prit dans les églises la place qu'ils laissaient vacante. Poëte, bel à voir, agréable à entendre, le nouveau modérateur de l'église de Genève avait bien plus de flexibilité que n'en avait eu son maître; mais il laissa se relâcher les liens de la disciphne. Ce n'est pas qu'il fût inférieur à ses devanciers en zèle à châtier les papistes, les luthériens et l'hérésie ; sa mordante ironie s'alliait à l'intolérance d'un nouvel âge, et s'il ne rendit pas à ses adversaires la calomnie pour la calomnie, il leur paya du moins toutes leurs injures.
A Zurich, Bullinger se voyait entouré d'ennemis, tous en progrès, quand la peste entra dans sa maison. Il survécut, mais pour se voir privé de sa femme, de ses filles, sa consolation, et pour ne plus faire que descendre, toujours combattant, vers le tombeau. Jeune, il avait vu le protestantisme marcher de conquête en conquête. Mais combien tout avait changé ! Une réaction s'opérait sans bruit. Les nouveaux défenseurs de Rome ne laissaient plus à leurs adversaires l'avantage de l'instruction, ni celui de l'austérité. Arts, science, discipline, ils savaient tout faire marcher vers le même but. Pas de temps perdu dans de vaines querelles. Partout, derrière eux, le bras du prince était prêt à les seconder. Forts d'un double appui, ils marchaient de ville en ville, offrant le choix entre l'acceptation du concile de Trente ou le bannissement. Cependant la réforme restait divisée. Les Luthériens se