‹ Histoire de la Confédération suisseChapitre 19 sur 66 · NOU\'EAUX PROGRÉS DE LA RÉACTION ULTRAMONTAINE · texte numérisé non relu

NOU\'EAUX PROGRÉS DE LA RÉACTION ULTRAMONTAINE

que. Le dogme, la discipline furent fixés. Rome sortit rajeunie de l'épreuve. Il ne resta qu'à élever de nouvelles générations dans la sévérité de la règle restaurée. Déjà les jésuites s'étaient répandus tout autour de la Confédération; ils avaient, en 1558, introduit l'inquisition en Bavière; l'empereur Ferdinand les avait accueillis à Vienne, et partout où ils pénétraient c'en était fait de la tolérance religieuse.

En Suisse, grâce à l'appui des cantons de l'ancienne religion, avec lesquels il s'était secrètement allié (1579), l'évéque de Bâle, Christophe Blarer, avait étouffé dans Porentruy les germes de la réforme; à Lauffon, il remplaça le pasteur par un jésuite secret; il alla jusqu'à demander aux Bùlois la cathédrale. Les Confédérés, nantis du procès, les en laissèrent en possession, mais à la condition qu'ils lui payeraient 200000 florins pour ses prétentions. A Zoug, la Bible était lue et un pasteur, l'ami de Werner Steiner et de CoUin, prêchait contre les indulgences; le pasteur fut banni, les Bibles furent brûlées, et le soin de veiller sur tout ce qui concernait la religion fut confié, comme dans les Waldstetten, à un Conseil secret. A Claris, les réformés expièrent par bien des humiliations l'arrogance avec laquelle ils avaient, en 1530, enjoint au petit nombre des catholiques de se ranger à la foi nouvelle.

Les cantons ultramontains avaient renouvelé leur alliance avec le Vallais. (1578.) Ils renoncèrent à celle qui les unissait à Mulhouse (1586) et repoussèrent celle que leur offrait Strasbourg. (1588.) Seules, Berne et Zurich renouèrent leurs relations avec la cité, leur ancienne amie. Partout la réforme catholique battait

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en brèche la réforme protestante. Partout l'église passait avant la patrie. On était catholique ou protestant avant d'être confédéré. Deux drapeaux flottaient sur l'Europe et ralliaient tout sous leurs plis. La France et l'Espagne se balançaient encore, mais de jour en jour croissait, avec l'influence du catholicisme, celle de la puissance qui vivait en lui. L'enthousiasme avait changé de camp. La conquête de quelques \illages autour de Grandson et celle de la baronnie de Sax furent, en Suisse, les dernières du protestantisme. Ses grands hommes mouraient et n'étaient pas remplacés. La peste même, qui sévit à cette époque, sembla se ranger du côté de ses ennemis, tant elle moissonna dans ses rangs d'hommes-distingués.

Ce ne fut pas de la peste que moururent les trois hommes qui avaient répandu sur la réforme française une vive clarté, Calvin, Farel et Viret. Calvin s'aff'aissa comme la flamme qu'une ardeur trop vive a consumée prématurément; il s'endormit en Dieu le 27 mai 1564. Il laissait 225 écus ; c'était sa fortune, à distribuer entre le collège, les pauvres et les enfants de son frère. Son legs à Genève était la foi, l'instruction, des lois fortes, des citoyens nombreux, dévoués, et le souvenir de sa vertu. Il lui laissait son nom, qui l'a gouvernée longtemps et l'illustrera toujours. Il régissait la France réformée, le Palatinat, des églises nombreuses en Pologne et en Hongrie, l'Angleterre, l'Ecosse par la simplicité de son culte, comme l'église romaine la moitié du monde par la magnificence du sien, Farel et Viret ne survécurent pas longtemps à leur ami. Ils n'avaient, tous trois, qu'une pensée qui, de la bouche

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