NOUVEAUX PROGRÉS DE LA RÉACTION ULTRAMONTAINE
Conseil prirent un tel plaisir au résumé de l'histoire de leur république, fait par leur collègue Michel Roset, qu'ils voulurent qu'à chaque séance il leur en lût quelques pages; Casaubon promettait d'égaler les meilleurs esprits de son siècle, et Godefroy .répandait sur le droit romain des clartés nouvelles. C'étaient de nobles travaux, mais qui suffisaient à peine à conserver l'héritage de la réforme, tandis qu'on ne savait où s'arrêterait le réveil des peuples catholiques.
Ce réveil avait gagné Saint-Gall, Lucerne, Fribourg. A Saint-Gall, tout suivait, sous l'abbé Joachim, le chemin de la science. A Lucerne, après que l'on eût, douze années durant, inutilement discuté des projets d'université, le pape trouva bon de permettre à dix pères jésuites, de la province d'Allemagne, d'aller fonder un collège. Les pères furent secondés par deux ■hommes influents, l'avoyer Louis Pfyffer et le chancelier Rennv/art Cysat. Pfj^ffer était un de ces hommes qui rarement échouent dans une entreprise, parce qu'ils ne s'y engagent pas à la légère et qu'ils la poursuivent avec sangfroid. Il passait pour avoir la crainte de Dieu, parce qu'il observait scrupuleusement sa religion, qu'il portait respect aux prêtres et faisait de grandes aumônes. Il s'était fait connaître, à la bataille de Dreux, par son intrépidité. Cinq ans plus tard, il avait amené au roi Charles IX 6000 hommes, qui devaient porter le nom de garde du jeune monarque. En France, on crut qu'ils venaient occuper les villes des calvinistes et arrêter leurs chefs; c'en fut assez pour que Cohgny prît les armes. La cour était à Meaux; ordre aux Suisses d'arriver à marches forcées : encore