NOLTEAUX PROGRÈS DE LA RÉACTION ULTRAMONTAINE
ne croyait-on pas possible de s'ouvrir, sans cavalerie, le chemin de Paris. Pfyffer, en cette situation, supplia le roi de confier sa personne sacrée à la fidélité de ses alliés. Le service accepté, ils se placèrent, dix enseignes en avant, dix à l'arrière-garde ; les seigneurs de France se rangèrent sur les flancs; dans le carré s'avança le roi, avec sa maison. A l'approche des Huguenots, les Suisses serrèrent leurs files. « Conservez vos rangs avec soin, leur cria leur chef; si vous attaquez la cavalerie, vous romprez vos rangs, et elle vous écrasera. Que chacun donc, chers capitaines et soldats, garde bien sa place; arquebusiers, ne faites feu que sûrs de ne pas manquer l'homme ou le cheval. » C'est ainsi qu'ils amenèrent le roi à Paris, montrant que, sous un chef digne de gouverner leur courage, ils savaient faire obéir le bras à la tête, dompter leurs mouvements tumultueux, et que le peuple le plus indépendant savait, au besoin, se ployer aux lois de la discipUne la plus sévère.
Depuis la retraite de Meaux, le roi ne nommait Pfyfïer que son ami, le peuple voyait en lui le roi des Suisses, A Lucerne, à sa voix et à celle de Cysat, d'un de ces hommes qui ne se lassent jamais d'ajouter à la connaissance du présent celle des âges passés, tout contribua à l'érection du collège des jésuites. Pfyffer donna 5000 florins. Cysat se rendit de maison en maison, recueillant des dons. Les grands pays catholiques envoyèrent des sommes considérables. L'école fut ouverte en 4574. Dix ans plus tard Gaspard Pfyffer éleva, sur le Wesemlin, un monastère pour les capucins, plus populaires que les jésuites. Capucins et jésuites