ALLIANCE AVEC LA FRANCE
Alliance avec la France.
La France continuait d'être l'alliée de la seule Suisse catholique; mais des mercenaires de tous les cantons n'en servaient pas moins sous ses drapeaux. Elle récompensait le dévouement de leurs officiers par des titres, des décorations et des pensions. Il y eut un prince dans la famille desDiesbach. Un comte, Joseph de Hallw^i, maréchal de camp des armées du roi, fut rémunéré de ses services par une pension de retraite de \ingt mille livres. La fortune acquise par quelques hommes leur permettait d'élever, en Suisse et chez les Grisons, de riches demeures. Dans tous les cantons, les sommes répandues par la politique française entretenaient l'agitation. Les ligues grises étaient déchirées par la lutte des partis autrichien et français. Les Salis, les Sprecher, les Planta s'y faisaient une guerre continuelle. Le pays, qui se disait libre, était le jouet de quelques hommes puissants. L'un de ces seigneurs, le baron de Travers, lieutenant général au service de France, navré de s'être vu remplacé dans la faveur de la cour par Ulysse de Salis-Marschlins, s'était retiré dans son château d'Ortenstein et s'y conduisait en homme accoutumé au commandement. Il souleva le peuple contre lui ; réduit à s'enfuir, il ne revit pas ses foyers. (1766.) Des troubles pareils travaillèrent pendant plusieurs