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verner; les écrits périodiques furent soumis à une censure méticuleuse, qui mit bientôt fm à leur existence, et des désordres, provoqués par un esprit d'autorité, portèrent les magistrats à une mesure dangereuse, celle de ne permettre l'accès à de hautes études qu'aux fils de famille, appelés par leur rang et leur fortune à recevoir une éducation libérale.
La nature suisse fut le sujet de nombreux travaux. Le général Pfj'fîer, de Lucerne, ayant exprimé dans un relief d'une rare exactitude tous les mouvements du sol qui entoure le lac des Quatre Cantons , Meyer d'Arau résolut de faire davantage : il publia, en 1802, un atlas de la Confédération, œuvre remarquable pour le temps, et qui, même aujourd'hui, conserve une partie de sa valeur. Après lui, Osterwald publia sa belle carte de Neuchâtel, et Bouchwalder celle de l'évêché de Bàle, dont la clarté n'a été surpassée que par l'atlas du général Dufour. Sur les pas des ingénieurs, les géologues reprirent les sentiers des Alpes. Leurs observations, discutées par Escher de la Linth, Ebel et Léopold de Bouch, servirent à l'avancement de la science. Bientôt, le besoin se faisant sentir de réunir les études des naturalistes suisses, deux publications, VAlpina., dans la Suisse orientale, et la Bibliothèque universelle, dans la Suisse française, s'enrichirent de leurs travaux. Des ouvrages considérables contribuèrent, en même temps, à agrandir le champ de la science. De Candolle édita son Prodrome du règne végétal, Gaudin sa Flore helvétique, Hegetschweyler son Examen critique des plantes de la Suisse. Léonhard Stouder fit paraître sa Monographie des
molasses, précurseur de nombreux travaux. Vint le jour où ces études, qui se poursuivaient isolément, trouvèrent leur centre dans la Société suisse des sciences naturelles. C'était à Genève qu'elle avait pris naissance, dans la patrie des Pictet, des de Saussure, des de la Rive, desNecker, des Senebier, des Yaucher. Des amis de la nature, réunis dans la campagne du docteur Gosse, en avaient, en 1815. jeté les fondements, et bientôt elle embrassa la Suisse entière. La société se réunit tous les ans ; elle publia ses Annales, les ouvrit aux observations météorologiques de Horner et de Pictet, aux travaux de Kasthofer sur la dégradation des Alpes, à ceux de Vénetsch sur les changements survenus dans les glaciers. Elle s'enrichit des découvertes de Bourkardt en Syrie, de Rengger dans le Paraguay. L'histoire de l'homme, et spécialement celle de la patrie, n'eut pas moins que celle de la nature sa renaissance en cette période. Jean de MuUer publia en 1808 un dernier volume de son Histoire des Confédérés, œuvre de génie, inspirée par l'amour de la patrie suisse et de la liberté. Déjà l'on travaillait à approfondir son œuvre sur des points spéciaux. Fr.-Louis Haller écrivait VHistoire de VHelvétie sous les Romains, Zschokke, le fécond écrivain, celle des Grisons et celle de la Lidte des cantons démocratiques contre la révolution française. Henri Fussli publiait son Jsis, d'autres l'histoire de leur canton. Le doyen Bridel, toujours serein, spirituel et débordant de gaieté, réunit dans son Conservateur des pièces nombreuses, poursuivant le but de rapprocher la Suisse allemande de la Suisse française. Des collections historiques se
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formèrent. Le gouvernement d'Argovie acheta celle de Zourlauben. Félix Balthasar céda, en mourant, les siennes à Lucerne, sa ville natale. Les archives de Soleure enrichirent de nombreux documents sà Feuille hebdomadaire. De Mulinen quitta en 1806 la charge d'avoyer de Berne, pour ne plus songer qu'à raviver chez les Confédérés l'amour de la patrie en creusant plus profondément les sources de leur histoire. C'est dans le même but qu'il fonda, en 1811, la Société des recherches historiques, et qu'il lui donna pour organe V Investigateur (Geschichtsforscher). A Genève, Grenus et Galiffe firent servir les archives à de précieux travaux sur le passé de la Suisse romande.
Le droit public devint le sujet de vifs débats lorsque Charles-Louis de Haller eut publié sa théorie, plus brahmanique que chrétienne, de la restauration du droit. Troxler lui opposa la théorie de Milton. Accusé de répandre des doctrines régicides, il fut, à Lucerne, dépouillé de son enseignement. Alors de jeunes hommes en grand nombre se rendirent à Berlin, et se rangèrent autour de Savigny , qui leur exposa , non des théories absolues, mais un droit inné à chaque peuple et se ramifiant selon ses besoins. Revenus dans leur patrie, ils trouvèrent dans ses lois bien des dispositions à attaquer. Ce fut le commencement d'une lutte , qui ne tarda pas à s'engager entre les défenseurs de ce qui existait et les disciples de l'école nouvelle. La Suisse française ne fut pas étrangère à ce mouvement ; cependant ses regards s'étaient moins tournés vers l'Allemagne que vers l'Angleterre et la France. A Genève, les idées de d'Ivernois étaient celles de Pitt et du
torysme, les théories de Dumont, éditeur de Bentham, celles de Whigs. tandis que Sismondi se rattachait au parti libéral de France. Auprès d'eux prirent place, Bellot d'abord, puis un réfugié politique, Rossi, qui, pendant quinze ans, jeta un vif éclat sur l'horizon de la république rajeunie.
Des tendances diverses étaient donc aux prises, lorsque commença l'an 1830. Celle qui l'emportait voulait une régénération de la patrie. Déjà en 1819, de jeunes hommes, affligés de voir qu'il n'existait pas de relations entre les étudiants des académies suisses, avaient conçu le projet d'une société qui les réunît en un lieu central ; le but était de se voir, d'apprendre à se connaître, et, libres des préjugés dans lesquels ils étaient entretenus, de se tendre la main dans l'amour d'une commune patrie. Ce que les hommes engagés dans les liens de la politique pouvaient difficilement, il appartenait aux jeunes générations de le tenter; à elles de s'entendre pour préparer au pays un meilleur avenir. Ce qu'ils voulaient, ils l'avaient osé. (1819.) Dès lors la Société de Zofmgue s'est réunie chaque année. Elle a contribué pour sa part au resserrement du lien fédéral et au rajeunissement de notre Confédération.
Cinq ans après sa fondation, en 1824, eut lieu en Argovie le premier tir fédéral. D'autres le suivirent, et ces fêtes nationales furent une nouvelle et puissante impulsion. Tout servait à alimenter l'activité des esprits. Les diverses industries suisses étaient en progrès. Des essais étaient faits pour améliorer l'état des prisons. Lausanne avait introduit le système péniten-
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tiaire. (18'20.) Les premiers bateaux à vapeur s'étaient montrés sur nos lacs. (1825.) La Société helvétique, fille du siècle passé, se réveilla après un long sommeil. Dans sa réunion de mai 1830, Schinz lui rappela que nos gouvernements n'existaient que par le peuple et pour le peuple. Déjà sous ces inspirations des réformes s'étaient opérées à Zurich, à Lucerne, dans l'Appenzell et dans le Tessin. D'autres étaient demandées, quand arriva de Paris la nouvelle de la révolution qui venait, en trois jours, de renverser Charles X et de porter sur son trône Louis-Philippe d'Orléans.
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