DE
Winooskî, au Vermont.
Introduction
Ce ne fut que longtemps après la découverte du continent américain par Christophe Colomb, en 1492, que la belle vallée du lac Champlain fut aperçue pour la première fois par l'œil de l'explorateur européen. Jacques- Cartier, au service de la France, était bien entré, en 1534, dans le golfe et la rivière St- Laurent, et dans d'autres voyages subséquents, s'était avancé jusqu'à Hochelaga, aujourd'hui Montréal, mais il était réservé à Samuel de Champlain, gentilhomme de France, de pénétrer dans l'intérieur de cette
pittoresque vallée. En 1608, la cour de France lui confia le commandement d'une flotte avec toutes les choses nécessaires à l'établissement d'une colonie dans la Nouvelle- France. Arrivé à Québec le 3 juillet de la même année, il choisit un endroit propice et commença immédiatement la construction des édifices et fit faire quelques défrichements afin de connaître ce que la terre pouvait produire. Dans l'automne, un chef Algonquin, allié aux Hurons, étant venu à Québec, tout émerveillé des travaux des Français, fit instance auprès de Champlain pour l'amener à se joindre à lui contre les Iroquoisi ennemis jurés des Algonquins et des Hurons. Au printemps de 1609, les Hurons et les Algonquins étant venus faire alliance avec Champlain, le déterminèrent à les accompagner dans une expédition guerrière contre leurs ennemis ci-dessus mentionnés. Le 28 mai, Champlain mit à la voile pour remonter le Meuve, entouré de canots dont des centaines de bras faisaient mouvoir les avirons en cadence. On traversa le lac St- Pierre pour
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arriver à travers les îles à l'embouchure de la rivière des Iroquois. Ici, probablement sur l'emplacement actuel de la ville de Sorel, les guerriers campèrent sans trouble pendant deux jours, péchant, chassant et prenant leurs aises, puis on se querella. Les trois quarts de la compagnie sauvage se séparèrent du reste et retournèrent chez eux, tandis que les autres continuèrent leur route, remontant le Richelieu jusqu'aux rapides de Chambly. Ne pouvant aller plus loin, Champlain renvoya sa chaloupe à Québec, et ne retint avec lui que deux de ses hommes. Les guerriers sauvages retirèrent leurs canots de l'eau, et en longue file, marchant sur la côte à travers les bois, les portèrent sur leurs épaules jusqu'au delà des chutes. En amont des rapides, les chefs comptèrent leurs forces. Ils étaient 60 guerriers dans 24 canots. Ils se rembarquèrent. Champlain s'intéressait à étudier les mœurs, les habitudes, les allures des indigènes, tout en parcourant dans toute son étendue la plus belle vallée du pays. Enfin, après avoir passé l'île aux Noix, il
4 mSTOIRK Î)H I.A C0N01<E<;ATI(JN CANADlliNNE
entra dans le lac qui gardera son nom pour la postérité. L'île à la Motte, la Grande-Ile, l'île Valcour étant dépassées, il arrive au lac des Sauvages, s'étendant au delà des regards vers le sud, et formant à l'est une belle grande baie, sur le rivage de laquelle s'élève en amphithéâtre aujourd'hui la ville de Burlington que l'enfant des montagnes Vertes décore, dans son langage, du titre pompeux de Qîteen City (Cité Reine). Au loin, toujours à gauche, les hauteurs boisées des montagnes Vertes, dont quelques-unes ont encore la tête couverte de neige, se découpant à travers les nuages argentés, offrant à l'enthousiasme d'un artiste une multitude de paysages des plus enchanteurs, pendant que sur la droite, les Adirondaks se dressent dans toute leur rusticité, aujourd'hui le rendez -vous des amateurs de chasse et de pêche, des échappés de comptoirs, de banques, ou de classes universitaires, qui s'y rencontrent avec les beautés aventureuses, armés de jumelles, avec albums et crayons à la main. Plus on avançait vers le sud, plus le voyage
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devenait périlleux. On changea de système, on ne voyagea plus que la nuit, ne manœuvrant les avirons qu'avec la plus grande précaution. Le but était d'atteindre le promontoire rocheux sur lequel fut longtemps plus tard construit le fort Ticondéroga, et de là prendre la direction du lac George, lancer les canots sur sa belle nappe d'eau, aussi limpide que celle d'une source, débarquer sur l'emplacement futur de Fort William- Henry, et porter les canots à travers la forêt jusqu'à la rivière Hudson, pour y attaquer quelques-unes des villes des Mohaks. Comme je n'ai pas à raconter la suite de cette première expédition de Champlain, mais ce qui regarde Winooski, je laisse le reste pour revenir à ce qui peut nous concerner.
Champlain à Burlington
Que Champlain se soit arrêté, dans son premier voyage, sur le lac auquel il donna son nom, à l'endroit où se trouve aujourd'hui la ville de Burlington, l'histoire ou la relation qu'il a écrite de ses voyages nous en donne une preuve évidente, à mon sens
Dans le second volume de ses relations, il dit " qu'en entrant dans le lac, continuant " notre route sur le côté ouest, nous vîmes sur " le côté est de très hautes montagnes la tête "couverte de neige." Il dit encore plus loin : " d'autres montagnes furent bientôt décou- " vertes sur le côté ouest, et les sauvages '•' dirent que c'était là où demeuraient leurs ^ " ennemis." Toujours au second volume de \ ses relations, il dit : " Qu'il trouva sur le rivage | " de grands maronniers (chestnut trees) les " seuls qu'il vit dans ce pays." i
Aucun doute que ces montagnes qu'il dit i avoir vues de ce côté-ci du lac ne .soient Mans-
field et Camel's hump. Champlain ne dit pas qu'il a traversé le lac, mais comme le côté ouest était le terrain de chasse des Iroquois, il est évident que lui et ses compagnons n'ont pas dû s'aventurer plus au sud que la rivière au Sable sur le côté de l'ouest, et qu'au sud de l'île Valcour, ils ont dû traverser sur le côté est du lac, qui leur donnait une meilleure vue, et les tenait à une distance prudente de leurs ennemis. Cette opinion est encore corroborée par les maronniers qu'ils remarquèrent et qui ne se trouvent nulle part sur les deux rives du lac, si ce n'est que sur le haut de la côte qui longe au nord la baie de Burlington, sur la terre généralement connue sous le nom de Van-Ness Farm, au sud de la grande prairie formée par les alluvions de la rivière aux oignons, précisément à l'endroit où se trouvent aujourd'hui l'orphelinat catholique et le Lake View Cemetery, De plus, les montagnes au sud du côté ouest du lac, ne peuvent être aperçues en côtoyant la rive ouest du lac venant du nord. Ainsi dit l'auteur du Vermont Historical Magazine, M. Thomas H.
Canfîeld : " bien avant que les Hollandais " aient commencé leur établissement à Man- " hattan, que Hendrick Hudson ait découvert " la belle rivière qui porte son nom, que le " Mayflower avec sa charge de puritains " (cargo) soient descendus à Plymouth, que " John Smith ait exploré les côtes du Massa- " chusetts, les bords du lac Champlain avaient " été visités et explorés, et le Vermont con- " temple dans toute la verdeur de sa primitive " nature par Samuel de Champlain, fonda- " teur de Québec."
Premiers établissements au Vermont
Les premiers établissements de civilisation au Vermont furent aussi faits par les Français. Sur l'île à la Motte, 1665, monsieur de Repentigny vint lui-même choisir dans une des îles, à l'entrée du lac Champlain un endroit convenable pour y bâtir un fort. Au printemps de 1666, Pierre de St-Paul, Sieur de la Motte, capitaine au régiment de Cari-
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gnan avec quelques compagnies de soldats vint construire ce fort dans le cours de l'été, et le dédia à sainte Anne. Ce fut le premier établissement construit dans la vallée du lac Champlain, et l'île prit le nom d'île la Motte qu'elle porte encore aujourd'hui en l'honneur du capitaine.
Nous avons de fortes raisons de croire qu'une redoute française ait été aussi construite sur Colchester Point, car lorsque la town de Colchester fut établie vers 1773, des restes de fortifications et d'autres constructions étaient encore parfaitement visibles sur la pointe, et même à cette date, elles portaient l'empreinte d'une longue vétusté. Sur la terre originairement occupée par Benjamin Boardman, dont une partie est aujourd'hui occupée par la famille Reagan (1898), furent trouvées les fondations d'une vieille cheminée et les restes de nmrs de très vieilles constructions. A un certain endroit, on apercevait les traces de deux vieilles bâtisses évidemment construites pour des fins militaires. Il n'est pas possible d'assigner au juste la date de
l'origine de ces ruines; ni l'histoire, ni les souvenirs traditionnels ne nous en disent mot. Mais comme les Français avaient libre accès à cette partie du lac au temps ou ils ont établi leur ligne de fortifications sur le lac Champlain, déterminés qu'ils étaient de tirer partie de tous les points qui pouvaient les protéger contre les Iroquois, ce serait faire injure à leur sagacité que de supposer qu'après avoir dépensé tant de peines et de travaux à fortifier la vallée du Richelieu et l'île la Motte, ils auraient négligé un point aussi stratégique que Colchester Point, qui n'était qu'à une journée de marche du fort Ste-Anne, se trouvant être le lieu le plus convenable pour le poste suivant dans leur ligne d'avancement sur le lac, commandant la position la plus avantageuse comme poste d'observation pour connaître les mouvements de l'ennemi, qu'à nul autre endroit de cette partie du lac- De plus, un autre témoignage en .faveur de cette théorie, est le fait que Colchester Point, sur la première carte du lac qui fut publiée en anglais immédiatement après la cession du Canada à l'Angle-
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terre, est désignée sous le nom de la Pointe du moulin à vent (Windmill).
Or la coutume des français, partout où ils établissaient un poste, était de construire un moulin à vent pour moudre leur grain, chose toute particulière à eux. Il n'en faut pas davantage pour conclure qu'un poste français a existé à Colchester Point. A quelle date ? est-ce au temps de l'érection du fort Ste- Anne, ou un demi siècle plus tard, lorsqu'ils construisirent le fort St- Frédéric à la Pointe à la chevelure (Crown Point) et qu'ils bâtirent leur village de Chimney Point en 1731, nous ne pouvons dire, mais peu nous importe, notre point d'histoire n'en reste pas moins établi pour cela.
Routes naturelles aux expéditions à
TRAVERS LES FORETS DU VeRMONT
Comme les rivières étaient les seules voies de communication, Winooski, ou rivière à l'oignon, a été une de celles que les Français
et les sauvages ont su utiliser dans leurs excursions guerrières. On lui donnait indifféremment, au temps de la colonie française au Canada, les noms de rivière française, ou rivière à l'oignon, ou Ouynouski en langue abénaquise Dans l'histoire des Abénaquis, écrite par leur missionnaire, l'abbé Maurault, nous lisons qu'en 1703, monsieur de Vaudreuil, gouverneur de la Nouvelle-France, pour mettre obstacle aux démarches des Bostonnais contre le Canada, lança les Abénaquis, ses fidèles alliés, et les Iroquois du Sault-St-Louis contre les établissements anglais de la Nouvelle-Angleterre.
Hertel de Rouville, à la tête de 250 hommes abénaquis et iroquois, reçut l'ordre de se diriger sur Deerfield, sur la frontière du Massachusetts. Il partit de Montréal avec ses quatre frères, remonta la rivière Richelieu, se rendit à la rivière à l'oignon, sur le lac Champlain, pénétra jusqu'à la rivière Connecti- \ eut et descendit sur cette dernière jusqu'à s Deerfield, oi^i il arriva le 29 février, quelques \ heures après le coucher du soleil. 11 s'arrêta \
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aux environs du village, et envoya prendre connaissance des lieux. Ses éclaireurs rapportèrent que rien n'indiquait des préparatifs de défiance et que les sentinelles avaient abandonné leurs postes. Hertel résolut de marcher de suite à l'attaque. La place fut prise sans combat, 47 habitants voulant se mettre en défense furent tués, quelques-uns purent s'échapper et 120 faits prisonniers, parmi lesquels on comptait un ministre protestant et sa famille ; puis le feu fut mis au village.
Le lendemain, Deerfield n'était plus qu'un monceau de cendre, et les vainqueurs prirent leur route pour revenir au Canada avec leurs prisonniers. Hertel arriva à Chambly le 25 mars, après 25 jours d'une marche pénible et difficile. Il n'avait alors que 100 prisonniers, les autres avaient succombé aux misères du voyage. Ces prisonniers furent envoyés à Montréal. Un bon nombre d'entre eux furent rachetés et retournèrent dans la Nouvelle- Angleterre, les autres s'étant faits catholiques, restèrent au Canada.
14 IIISIOIRI': VK LA CONf.RÈOATION CANADIENNE
Ce fut dans cette expédition que les indiens du Sault-St- Louis rapportèrent leur cloche dont voici l'histoire :
LÉGENDE DE LA CLOCHE DE CaUGHXAWAGA
Vers la fin du premier siècle de la colonisation française (dix-sept), le père Nichol, missionnaire, demanda aux sauvages catholiques de Caughnawaga de lui réserver une dîme des fruits de leurs labeurs pour l'achat d'une cloche destinée à l'usage de l'église de la mission. Une cloche ! Les paysans sauvages ne savaient pas ce que c'était, ils n'en avaient jamais vu ; mais le bon missionnaire la voulait et on s'empressa de répondre à sa demande. Bientôt on put commander la cloche en France. Le temps se passait, et la cloche aurait dû être arrivée depuis quelque temps déjà, et rien ne venait. Le Père et les sauvages commençaient à s'impatienter et à désespérer, lorsqu'un jour on apprit à Montréal que le vaisseau portant la fameuse cloche
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avait été pris par les Anglais. La cargaison tout entière avait été transportée à Salem, dans le Massachusetts La cloche était déjà placée dans le clocher d'une église protestante à Deerfield, près de Salem.
On l'avouera, c'était un bien cruel désappointement. Les sauvages avaient attendu leur cloche, comme Israël avait attendu le Messie. Lorsque arriva la terrible nouvelle, l'un d'eux s écria : " Nos bras pour la cloche se battront." • Quelques années plus tard, lorsque M. de Vaudreuil demanda au Père Nichol de lui obtenir le concours des Caughnawagas, le missionnaire lui répondit : " Permettez-moi de reprendre notre cloche et vous aurez l'aide de nos gens."
La promesse fut faite, et le Père Nichol, réunissant ses sauvages sur la place du village, leur fit part de la demande du gouverneur et leur annonça qu'on allait reprendre la cloche.... La cloche, la cloche, s'écrièrent-ils tous d'une voix ! Allons, allons ! !
Après l'assaut de Deerfield, tel que ci-dessus
10 HISTOIRl. DE LA CONcJRtiCATION CANADIF.NNE
raconté, les sauvages n'eurent rien de plus \ pressé que de grimper au clocher de l'église où on l'avait installée. Elle fut vite descendue, et on songea à l'apporter au pays.
Ce n'était pas chose facile que de traîner cette cloche par des chemins à peine praticables, à une saison où la neige était un obstacle \ \ sérieux à la marche à travers la forêt. Aussi, \ \ dès qu'on arriva à la frontière, fut-il décidé d'en- s terrer la cloche dans un vieux cimetière indien ) près de Swanton, propablement à l'endroit | appelé aujourd'hui Maquam Bay, et de cofi- \ tinuer la route jusqu'au village du Sault avec > l'intention de venir la reprendre dans une saison plus propice. Au mois de juin, on retourna la chercher pour la faire entrer au Wigwam en triomphe, au milieu des cris de joie et des chants de triomphe de toute la population. C'est cette même cloche qui carillonne encore aujourd'hui au beffroi de la vieille église en pierre de Caughnawaga.
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Seigneuries françaises au Vermont
Après le traité d'Utrecht, en 17 13, entre la France et l'Espagne d'une part,et l'Angleterre, la Savoie, le Portugal, la Prusse et la Hollande de l'autre, il y eut un intervalle de paix. Les Français en profitèrent pour créer des établissements des deux côtés du lac, dans la certitude de n'être jamais troublés dans leurs possessions. Avec cette assurance, les autorités françaises concédèrent de grandes seigneuries. Une d'elles appartenant au capitaine de la Peirère, créée en date du 7 juillet 1734, commençait à l'embouchure de la rivière Ouynouski (rivière à l'oignon) et s'étendait de chaque côté de la rivière, une lieue, et trois lieues en profondeur dans les terres. Une autre seigneurie fut octroyée au lieutenant général Pierre Raimbault, voisine de celle du capitaine Peirère, au nord, s'étendant quatre lieues, nord et sud, et cinq lieues en profondeur. Ces concessions étaient accor-
dées à condition que dans un certain temps donné, un établissement devait être commencé, sous peine de forfaiture. De la Peirère, pour ne pas avoir rempli la condition exigée, perdit de cette façon son fief. Celui de Raimbault fut vendu par ses héritiers, le 27 septembre 1766, à Montréal, à Benjamin Price, Daniel Robertson et John Livingston, pour 90,000 livres. Cette vente fut faite, comme on le voit par la date, après la conquête du Canada et sa cession avec toutes ses dépendances, à la couronne d'Angleterre, confirmée par le traité de Paris en i 763.
Premiers colons à Winooski
Dans l'automne de 1772, Remembcr Baker et Ira Allen, son cousin, des bords de la rivière Connecticut vinrent explorer ceux de la rivière à l'oignon ou Winooski, en Abénaquis, et vinrent s'y établir définitivement au printemps de I 773 ; Remember Baker avec toute sa famille et Allen, encore garçon, tous deux mem
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bres d'une charte octroyée le 7 juin 1763 sous le nom de Onion River Company (voir cette charte avec les noms des membres de cette Compagnie dans History of Chrittenden county, page 553, edited by W. S. Ram.) octroyée sous le grand sceau du roi George III, par le gouverneur du New-Hampshire's Grant, Benning Wenworth. Pour se défendre contre les indiens et les Yorkers qui réclamaient le Vermont comme faisant partie de l'Etat de New- York, ils construisirent un fort, entre la rivière et aujourd'hui Allen Street, à quatre ou cinq rods à l'est de Main Street descendant au pont actuel, qu'ils occupèrent. Mais en 1776, au commencement de la révolution, ils quittèrent la localité pour un endroit plus sûr. Vers cette époque de 1776, vivait sur la grande baie de Colchester, un Français du nom de Pierre Mallette, tenant une sorte de taverne tout en cultivant la terre. Pendant la révolution, gardant une conduite
\ tout à fait neutre, il recevait indifféremment, tantôt les Congressistes, tantôt les Loyalistes,
l comptant que les deux partis étant aussi hon-
nêtes l'un que l'autre, pouvaient fort bien tous les deux faire son affaire, aussi longtemps qu'ils paieraient bien leurs écots. Il disparut soudainement pour des lieux inconnus vers I 790, laissant pour unique souvenir son nom ^ à la baie.
Ce ne fut qu'en i 783, au retour de la paix, que Remember Baker et Ira Allen avec quelques autres colons, vinrent reprendre leur premier établissement, et occuper leur fort. Les vieux Canadiens d'aujourd'hui se souviennent encore avoir vu dans leur enfance ce fort déjà très vieux, bâti par Ira Allen et Remember Baker, connu sous le nom de fort Frédéric.
Il ne faut pas confondre Ira Allen avec un autre Allen qui s'est rendu célèbre dans les annales du Vermont, autant par son audace et son brigandage que par son impudence et son impiété. Est-ce pour ces tristes qualités, je ne sais ; toujours est-il que ses compatriotes l'ont élevé au pinacle de la gloire celui-ci, et ne l'appellent jamais que "le Héro de Ticondéroga." j'ai nommé Ethan Allen. Son his-