Il sera loisible à l'évêque de changer
Joseph Niquette,
né h Lavftltrie, P. Q., en 1817; accédé à Winooski, Vt., en 1904: promoteur zélé de l'établissement religieux de Winooski.
rt.
ces règlements si le bien de la paroisse semble l'exio-er.
Donné à Burlington le 13 août 1873.
f Louis, Ev. de Burlington.
Dans la lettre qui accompagnait ce règlement, 1 evêque manifesta le désir de voir les propriétés de l'église passées à son nom. Le 25 août, le curé fit gratuitement, sans réclame, cession pure et simple à l'évêque de tous les terrains de l'église et du couvent, sans même réclamer de salaire, réduisant par là la dette de l'église à $12,500.
Etablissement définitif des Sœurs DE LA Providence Le trois septembre de cette même année 1873, l'évêque accorda aux Sœurs de la Providence, communauté établie à Montréal, tenant résidence à Winooski depuis cinq ans, l'usage de la maison et des terrains y attachés, qui lui avaient été donnés gratuitement par monsieur J.-F. Audet, selon les conditions suivantes :
8(> Hl.STOlKE DE LA CONGRÉGATION CANADIENNE
Conditions entre Louis de Goësbriand, évêque de Burlington, de la ville de Burlington,
d'une part,
Et les Sœurs de l'Asile de la Providence de Montréal, corps politique et incorporé en vertu des lois de la Puissance du Canada,
d'autre part.
Vu la vente de certains terrains et dépendances situés à Winooski, Vermont, et vendus ce jour (3 septembre 1873) par le dit Louis de Goësbriand à Les Sœurs de l'Asile de la Providence de Montréal, agissant et représentées par Sœur Philomène, assistante, demeurant en la cité de Montréal, il a été convenu de ce qui suit, savoir :
1. — Le dit Louis de Goësbriand reconnaît avoir reçu tout présentement des dites Sœurs, la somme de quatre cent cinquante piastres.
2. — Les dites Sœurs ne seront pas tenues d'instruire et fournir l'éducation aux enfants irlandais, et ce en considération du paiement fait par elles de la dite somme de quatre cent cinquante piastres.
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3. — Au cas où les dites Sœurs décideraient d'abandonner la mission fondée par elles sur les propriétés à elles vendues comme susdit par le dit Louis de Goësbriand, alors elles seront tenues de remettre ces propriétés audit Louis de Goësbriand, ou à ses héritiersou représentants, qui les posséderont ou en jouiront pour l'avantage de la paroisse canadienne de St-Prançois-Xavier, mais dans ce cas, le dit Louis de Goësbriand ou ses héritiers ou représentants seront tenus de rembourser aux dites Sœurs, la dite somme de quatre cent cinquante piastres, et la valeur des améliorations qu'elles auraient pu faire sur ces propriétés depuis leur acquisition, à même les deniers de leur communauté, et qui ne leur auraient pas été donnés pour les besoins de cet établissement.
4. — Les dites Sœurs continueront à tenir à la dite mission des Sœurs de leur communauté pour y exercer envers les pauvres et les malades les œuvres de leur institut, et elles continueront à faire pendant dix mois de l'année, au moins deux classes pour les petites
filles, y enseignant l'anglais et le français. Pour le présent, elles feront aussi deux classes pour les petits garçons, pendant dix mois de l'année, y enseignant pour eux aussi l'anglais et le français, mais il sera libre aux Sœurs de se faire aider par des maîtresses séculières, qui enseigneront sous leur direction, lorsqu'elles ne pourront pas le faire elles-mêmes.
5. — Chaque année, la somme de cent cinquante piastres sera payée aux dites Sœurs par la paroisse de St- François- Xavier, pour l'entretien des classes et de la maison. Toutes grandes réparations ou constructions, jugées nécessaires par l'évêque et dont les dépenses excéderont deux cent cinquante piastres, seront, sur la demande de Sœur Servante, à la charge de la dite paroisse de St- François- Xavier, pourvu que celle-ci soit en état de le faire
6. — Pour le présent, les dites Sœurs sont autorisées à exiger de tout enfant fréquentant les classes cinquante centins par mois ; lorsqu'il y aura trois enfants de la même famille, fréquentant les classes en même temps,
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le troisième ne payera que 25 centins, et quand il y en aura quatre, le troisième ne payera que 25 centins, et le quatrième ne payera rien.
7. — Toute subvention jugée nécessaire pour l'honnête entretien des Sœurs de la mission, sera accordée par la dite paroisse de St- François- Xavier avec l'autorisation de l'évêque du diocèse.
Fait et signé en la cité de Burlington, le trois septembre mil huit cent soixante-treize. t Louis de Goesbriand,
Evêque de Burlington, Vt.
Sœur Philomène, Asste. Gén.
En l'année 1874, il n'y eut, à proprement parler, rien de bien remarquable. Au mois de novembre eurent lieu les Quarante-Heures que l'évêque établit, selon les institutions clémentines, dans tout le diocèse, et fixa pour Winooski à la quatrième semaine de septembre. L'ouvrage dans les manufactures commença à diminuer, les prix diminuèrent dans le salaire des ouvriers, la misère se fit sentir à bien des foyers. L'hiver de 1874 à 1875 fut
90 HISTOIRE DE LA COXdRÉUATION CANADIENNE
d'une rigueur telle que les anciens disaient n'en avoir jamais vu de pareil. Le froid commença à Noël, et continua sans relâche jusqu'au premier avril, le thermomètre marquant en moyenne 15 degrés Farenheit au-dessous de zéro.
Visite d'un ablégat
En juin, Monseigneur Roucette fut envoyé par Pie IX, comme Ablégat du St-Siège, porter la Barrette de Cardinal à Mgr McClooskey, Archevêque de New-York. Invité par Mgr Louis de Goësbriand à venir visiter Burlington, r Ablégat arriva à l'évêché le 24 juillet par le train de 6 heures du soir, venant de Halifax, passant par Portland et Concord, accompagné par Mgr le Grand Vicaire Ouinn, de New-York, Mgr Desautels, de \'arennes, de M. O'Farrell, curé des environs de New- York et du docteur Ubaldi, secrétaire de son Excellence. Après avoir pris le souper à l'évêché, Mgr L. de Goësbriand, fit le programme pour la journée du lendemain qui se
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trouvait un dimanche. Dans ce programme, il était arrêté que son Excellence l'Ablégat ferait visite à l'église St- François-Xavier à Winooski sur les cinq heures du soir. Le lendemain, à l'heure indiquée, son Excellence, avec sa suite fit son entrée à l'église, reçue par le curé selon les cérémonies usitées.
Rendu au sanctuaire, l'Ablégat monta sur un trône préparé pour la circonstance, et l'adresse suivante lui fut lue par le curé au nom de la congrégation :
Excellence,
Votre passage au milieu de nous nous réjouit d'autant plus que nous étions loin de nous attendre à l'insigne honneur de recevoir votre gracieuse visite. Illustre Messager du grand Roi, vous êtes venu apporter l'allégresse au milieu de nous, en élevant un de nos Pontifes à la haute dignité de Prince de l'Eglise. Votre mission ne s'est pas arrêtée à conférer seulement des dignités, vous vous êtes porté avec toute l'amabilité d'un cœur excessivement bon, à visiter en particulier les nombreux diocèses de cette partie du continent,
recevant partout l'affection sincère des populations nombreuses se pressant sur votre passage. Après tant de réceptions pompeuses qui vous ont été faites dans ce pays, et dans les pays voisins, où vous avez recueilli les plus sincères expressions d'amour et de respect envers le St-Siège, nous sommes heureux de pouvoir, nous aussi, unir notre faible voix à celle de tous nos frères, pour vous dire combien nous aimons l'Eglise et son chef, le Grand et Immortel Pie IX.
Forcés de quitter notre beau Canada, comme votre Excellence l'a gracieusement appelé, nous avons eu le bonheur de trouver à notre arrivée dans ce pays, dans la personne de notre pieux et vénérable évêque, grâce à la sagesse de ce Siège Apostolique, un père selon le cœur de ce suprême Pasteur, un ami des pauvres et des orphelins, un zélé protecteur de notre foi. Bientôt vous allez. Excellence, prendre le chernin qui doit vous ramener à la Ville Eternelle, permettez que nous adressions au Ciel, nos plus ferventes prières, pour en obtenir la grâce de vous préserver de tout
DR WINOOSKI, VERMONT 93
danger, afin qu'arrivant sain et sauf aux pieds de l'infaillible Pontife, vous puissiez y déposer les nombreux témoignages de filial dévouement, que les milliers de catholiques et nous, nous vous confions pour son auguste personne.
Nous vous prions humblement de vouloir solliciter pour nous, Canadiens émigrés dans le pays de la République américaine, une bénédiction spéciale auprès de notre bienaimé et saint Pontife. Maintenant, que votre Excellence veuille bien accepter nos plus sincères remercîments pour l'honneur insigne que vous avez daigné nous faire par votre mémorable visite ; elle sera pour nous un précieux souvenir de la bienveillante attention de notre mère la Ste Eglise de Rome, dont vous êtes le digne interprète, envers les plus humbles de ses enfants. Congrégation canadienne de Winooski,
Vermont, Etats-Unis,
Ce vingt-cinquième jour de juillet, mil huit cent soixante-quinze.
J.-F. AuDET, Ptre, Recteur.
Ensuite eut lieu la bénédiction du Très Saint Sacrement. — Rendu à la maison du curé, mademoiselle Joséphine Leclaire, accompagnée de sa mère, vint saluer son Excellence et lui présenter un magnifique bouqnet dont la rose principale renfermait un $20. — Vers les 8 hrs, l'illustre visiteur retournait avec sa suite à Burlington, emportant visiblement le respect de toute la population catholique de
Winooski.
Une ordination sacerdotale
Une ordination de prêtre, outre les grâces qu'elle attire dans une église, présente toujours un spectacle imposant, propre à augmenter les sentiments de la foi et de la piété chez les personnes qui ont le bonheur d'en être témoins. Ces faveurs furent accordées à nr.tre église le 21 décembre 1876, par l'ordination à la prêtrise du Rév. Daniel O'SuUivan, né à Winooski même. Monseigneur Louis de Goësbriand fit l'ordination à une messe pontificale chantée solennellement sur les 9 hrs du matin, au milieu d'un concours
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immense de fidèles et d'étrangers tous avides de voir ces cérémonies si nouvelles, pour la presque totalité d'entre eux. Messieurs les Grands Vicaires Z Druon et Thomas Lynch, Jérôme-M. Cloarec, Joseph Duglué, François Clavier, Hervé Cardinal, Edmond Gendreau, George-N. Caissy, Michael McCauly, John Murphy, Joseph Kerlidon, John Gallagan, Joseph Brelivet, J.-F. Audet, tous prêtres du diocèse, et encore quelques autres dont les noms n'ont pu être enregistrés, furent présents à cette ordination, pour l'imposition des mains.
Agrandissement des écoles
Dès 1875, voyant le nombre des enfants qui fréquentaient les écoles catholiques augmenter toujours chaque année, il devenait évident que bientôt il faudrait agrandir ces écoles pour répondre au zèle des parents pour l'éducation religieuse de leurs enfants. En 1877, il fut décidé d'élever, sur l'emplacement même de la maison occupée par les Sœurs,
!)(i HISTOIKK DE LA CONGRÉGATION CANADIENNE
un premier corps de bâtisse de 85 pieds de longueur sur 30 de largeur à deux étages, avec couverture à mansarde et une cuisine de 55 pieds de longueur sur 18 de largeur, un seul étage, le tout en brique solide. Vu la gêne extraordinaire qui sévissait partout, et les plaintes de pauvreté et de misère que l'on se plaît quelquefois à exagérer par intérêt, nous résolûmes de ne rien demander aux paroissiens de Winooski, pour tous ces travaux qui s'élevèrent, en chiffres ronds, à $6000.
Le 1 5 octobre s'ouvrirent toutes les classes dans le nouveau couvent, qui, quoique bien simple, faisait cependant l'admiration de tout
le monde.
BÉNÉDICTION d'une CLOCHE POUR LE COUVENT
Le 30 décembre mil huit cent soixante-dixsept, Messire Jérôme- M. Cloarec, curé de la paroisse St- Joseph de Burlington, délégué et autorisé par Mgr Louis de Goësbriand évêque du diocèse, bénit solennellement.
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sur les trois heures de raprès-midi, dans l'église de St- François-Xavier de Winooski, Vermont, une cloche pour le couvent des religieuses de la Providence, établies déjà depuis plusieurs années dans la susdite congrégation catholique de St- François- Xavier à Winooski.
Furent parrains et marraines de cette cloche à laquelle on donna le nom de Maria Immaculata : Messieurs Joseph Niquette et sa dame, Bruno Pépin et Dame François Allard, Pierre Desautels et Dame Maxime Manseau, André Chicoine et Dame George Duprat, Pierre Villemaire, fils, et Mlle Sophie Villemaire, George Duprat et Dame Pierre Villemaire, Isaïe Dubuc et Dame Jerry Mongeon, George Carpentier et Mlle Alphonsine Dubrule, Gilbert Piette et Mlle Léonide Poirier, Henri Pépin et Mlle Octavie Manseau, Napoléon Foisy et Mlle Véronique Bombardier. Cette cloche, du poids de 350 livres, sortie des ateliers de Meneely et Kimberly, de Troy, N. Y., fut payée cent dollars par les demoiselles de la Congrégation de Marie. En
UWIVERSITAS S. PAëtl, 233 MAIN, OHAitt
98 }II.S'K)IKr. DE I.A ( ONGKÉGATKJN CANADIENNK
souvenir de cette libéralité, on trouvera gravé
sur cette cloche :
Les demoiselles de la Congrégation de Marie. — reconnaissantes.
Au mois de décembre 1879, l'offre d'acheter un orgue à tuyaux ayant été proposé au curé par un I\I. Poole de Boston pour la | somme de 800 dollars, tout monté dans l'église, et en bon ordre, fut accepté. Au dire des connaisseurs, l'orgue vaut certainement deux mille piastres.
M. Joseph Niquette ayant donné sa résignation comme conseiller de l'église, les deux conseillers restant, avec l'approbation du curé, choisirent M. André Chicoine pour le rem- \ placer. Il fut annoncé officiellement dans î l'église, au prône de la messe paroissiale, à la ^ suite de la reddition des comptes de la congrégation pour l'année 1S79, le premier dimanche après l'Epiphanie, 1880.
A l'automne de 1879, Sr François-d' Assise étant supérieure du couvent, un pensionnat
déjeunes filles fut ouvert. Pour la première