‹ Histoire de la conquête d'Alger (volume 2)Chapitre 113 sur 192 · DESCRIPTION DU TERRAIN · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DU TERRAIN

cendre pour l'investir au nord-ouest; pris de front par le comte de Loverdo, qui, se portant par la grande route (F ancienne voie romaine) et par un terrain formant plateau et presque chaussée, devait l'investir au midi; pris à droite par le baron Berthezène, qui, se portant par des chemins de traverse dans la direction de Test, de manière à couper les routes de Constantine et de la Méiidjah, c'est-à-dire les communications principales, devait compléter l'investissement au sud-est.

Pour s'expliquer les événements qui vont suivre, il faut se souvenir qu'on opérait sur un terrain difficile, tout nouveau; que l'état- major général, dirigé par le lieutenant général Després, savant de premier ordre, mais homme de théorie plutôt que d'application, ne connaissait pas suffisamment et avait peu de temps et peu de moyens d'étudier ce pays occupé d'ailleurs par l'ennemi, et qu'enfin on avait exclusivement pour guide la carte de Boutin, trouvée fautive sur plusieurs points, de sorte qu'on pouvait ne pas lui accorder une confiance absolue. Dans cette contrée, où la vue était bornée de tout côté, on n'apercevait du point de départ de l'armée ni le fort de l'Empereur ni Alger, et l'ctat-major conservait quelques doutes sur la position exacte de ces deux points, comme les faits devaient le prouver plus tard. On avait devant soi des plateaux superposés les uns aux autres et séparés par des ravins profonds, de sorte que les colonnes devaient sans cesse gravir des pentes escarpées et les redescendre, pour se retrouver sur des plateaux voisins les uns des autres à vol d'oiseau, mais séparés par la profondeur des gorges creusées comme des fossés entre ces deux sommets, assez semblables à des citadelles, ce Ces positions, dit M. PélissierV se rattachaient au mont Boudjaréa, situé au nord-ouest d'Alger, et dont l'élévation au-dessus de la mer est de 400 mètres. Les pentes du Boudjaréa sont roides, surtout au nord; des ravins très-profonds et (rès-escarpés le séparent de la ville; à l'origine de ces ravins, il se lie aux collines d'Alger, qui s'étendent à l'est jusqu'à l'Aratch,

* Annales algériennes, tome I*% page 55, deuxième ëdit.

594 ULSTOIRE D£ LA GONCfUÊTE DALGEfi.

petite rivière qui se jette dans la mer, à deux lieues de la ville. Ces collines sont séparées de la mer par une plaine de 600 mètres de largeur moyenne; elles sont coupées par de grands ravins. Sur le plateau qui les couronne, et au partage des eaux, sei*pentait une ancienne voie romaine très-praticahle dans les environs d'Alger, et qui se perdait dans la plaine de Siaouéli. Ce chemin passait auprès du fort de TEmpereur, bâti au sud de la ville sur les crêtes des hauteurs. Ce fort domine Alger et la vue sur toute la baie; mais il est lui-même dominé par le prolongement des pentes du mont Boudjaréa. Tout le terrain que nous venons de décrire est couvert de jardins, ie vergers et d'une prodigieuse quantité de maisons de campagne, dont quelc[ues-unes sont de fort beaux édifices; il est coupé par des haies épaisses, ce qui, joint aux difficultés naturelles du sol, en rend l'accès trèsdifficile : il est du reste d'une admirable beauté et d'une fertilité remarquable. »

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MARCHE ET COMaATS DU 29 JUIN.

La journée du 29 juin se divise en deux parties bien distinctes. Dans les premières heures de la journée, les trois divisions marchent à leur but; tout se fait avec ordre, régulièrement; chaque corps tient sa place, suit sa route. Vers six heures du matin, il y a de la confusion dans la marche et dans la destination des corps. Plus tard, les mouvements se régularisent et se rectifient. Il faut expliquer successivement ces deux phases.

Le 29 juin, à la pointe du jour, vers deux heures et demie du matin, l'armée s'ébranla en colonnes serrées, a Chaque coloYinc était formée d'un régiment; les divisions étaient à leur rang de

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