MARCHE ET COMBATS DU 29 JUL
bataille, c'est-à-dire la première à droite, la deuxième au centre, et la troisième à gauche. L'artillerie marchait dans les intervalles; une compagnie du génie avait été attachée à chaque division, pour ouvrir le chemin là où cela serait nécessaire ^ x»
Le duc des Cars, — nous commençons par la troisième division, qui eut la tâche la plus laborieuse de la journée, — avait réuni à trois heures du matin ses deux premières brigades en avant de leurs bivacs. « Elles étaient formées par régiments en colonnes serrées, dit le chef de cette division, auquel nous laissons la parole*. Deux pièces de canon et un détachement de sapeurs du génie marchaient avec la première brigade; quatre pièces de canon et une compagnie du génie marchaieni avec la seconde, qui formait Textrcme gauche.
« Deux brigades de la division Loverdo devaient déboucher par le pont et appuyer le mouvement de la brigade Berthier, qui avait ordre de franchir le ruisseau aux premières lueurs du jour, et de suivre le mouvement de la brigade Hurel, chargée de percer la ligne de Tenneni et d'appuyer sur sa gauche, en coupant de leui: retraite sur Alger tout ce qui occupait les ravins et les berges qui dominaient nos positions de la maison carrée. ^
«( A trois heures et demie, la brigade Hurel commença son mouvement. Le 17*de ligne marchait en colonnes par divisions, àdistancede section. Il était en tête, précédé par deux compagnies de voltigeurs, et flanqué sur sa gauche par une autre compagnie. Le lieutenant de Maleyssie. adjudant-major de ce régiment, officier fort intelligent, était chargé de diriger les voltigeurs sur le mont Boudjaréa. Les quatre pièces de canon suivaient le 17*. Venait ensuite le 30* dans le même ordre, La brigade Berthier formait deux colonnes : celle de gauche, composée du 35*, communiquait avec le 17* et marchait à sa hauteur; celle de droite, composée du 2* régiment de marche d'infanterie légère, marchait à la hauteur du 35* et devait communiquer avec la division Loverdo. Elles étaient couvertes par les voltigeurs de la brigade.
* Annales algériennes, tome I*', page 5G.
* Journal militaire communiqué par M. le duc des Gars.
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«( Vers quatre heures, nous avions franchi le premier ravin, et, le jour commençant à nous éclairer, les trots colonnes débouchèrent dans le meilleur ordre et attaquèrent vigoureusement les Turcs. L'ennemi ne s'attendait pas à notre attaque. 11 fut surpris et repoussé dans le plus grand désordre. Il se jeta dans un ravin profond, et fut vivement suivi par la brigade Berthier. La brigade Hurel appuya sur sa gauche, poursuivant sans relâche les Turcs, qui se sauvaient par des chemins creux qui mènent au Boudjaréa. Ce pays est très-diiGciie, très-coupé de haies épaisses, et si Tennemi avait eu le temps de s'y rallier, il aurait pu nous Caire éprouver une perte considérable. Nous primes le parti de le poursuivre avec nos tètes de colonnes, et le résultat prouva que nous avions bien fait. Dès cinq heures du matin, l'ennemi ne faisait plus de résistance; il fuyait dans toutes les directions, et le 17* occupait la hauteur nommée poste d'observation de la Marine \ qui domine Alger, le fort des Anglais et celui des Vingt-Quatre- Heures. La brigade Bertliier continuait son mouvement en chas* sant devant elle les Turcs, dont la déroute était complète. Vers six heures, toutes nos colonnes étaient en ligne, occupant à gauche le poste d'observation de la Marine, la droite sur un mamelon inférieur, plus rapproché de la ville et à portée du canon de la Casaubah; nous nous arrêtâmes alors, attendant les ordres ultérieurs du général en chef. L'ennemi avait beaucoup souffert de notre attaque rapide; il nous abandonna plusieurs pièces de canon, des chevaux, des mulets, des bagages et les tentes d'un camp. »
Pendant que la troisième division , dirigée avec autant d'aplomb que de vigueur, renversait tous les obstacles, surmontait toutes les difficultés de terrain et arrivait victorieuse à son but, la deuxième division, qui, au commencement de sa marche, on s'en souvient, devait combiner son mouvement avec la troisième et opérer au centre, suivait sa route avec succès*. Elle traversait à
* Sur les cartes, Vigie de la Marine.
' Nous suivons, pour la marche de la deuxième division, le rapport du général Loverdo au commandant en chef, que nous avons sous les yeux.
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