DOMINATION TURQUE
deyaut ces villes des forteresses qui les commandaient. Ses efforts furent couronnés de succès. Dans la Méditerranée, Oran, Vêlezdfr-Gomera, File du phare d'Alger, tombèrent ainsi à la merci des Espagnols; Tunis seul conserra son indépendance. A la même époque, don Manuel de Portugal détruisait, au moins pour un temps, la piraterie sur TOcéan, en s' emparant de SailS et d'Azamor. Ximenès avait voulu lui-même prendre part à une de ces expéditions, pour laquelle le roi d'Espagne fit, par son conseil, des préparatifs considérables, car il réunit dix mille hommes d'infanterie, quatre mille de cavalerie et une flotte de quatrevingt-dix vaisseaux. Il semblait que ce grand homme d'État, prévoyant les dévastations que les pirates devaient commettre pendant trois siècles, se hâtait de consacrer ce qu'il avait de force, de vie et de génie à écraser la piraterie dans ces nids d'oiseaux de proie, d'où elle allait sortir plus redoutable, au moment où l'on croyait l'avoir pour jamais vaincue.
ÊTABLSSEMENT DES TUBCS A ALGER. - BARBARIE. - PIRATERIE.
Quel était donc l'événement qui, donnant des proportions inattendues à la piraterie sur la c6te septentrionale de TAfrique, créait ce nouveau péril que le cardinal Ximenès s'efforçait de conjurer dans les derniers temps de sa vie? Un nouvel élément apparaissait sur cette côte occupée par les Arabes et les Berbères, les Turcs, vers le miUeu du quiniième siècle, jetaient les bases de leur étabUssement.
C'est ici que l'histoire d* Alger commence, et elle s'ouvre sur la vie des deux pirates les plus terribles dont les mers aient conservé le souvenir, nous voulons parler des Barberousse *.
* Pour tout ce qui concerne les Barberousse, la part ]m^e par eux aux guer-
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Quelle était leur origine, leur iamille, leur pays? D'où venait leur nom? Questions controversées et cbntroversables. On a fait d'eux tour à tour les fils d*un Lesbien, d'un Albanais, d'un Sicilien, d'un Français. On a longtemps répété que leur nom venait de la couleur de la barbe de l'ainé; puis on a dit plus récemment que ce nom de Barberousse pourrait être dérivé de ces deux mots arabes Baha-Haroudj, mal prononcés par les Européens. Les Arabes, en effet, faisaient précéder le nom de l'ainé des deux frères Haroudj du mot Baba, qfualification qu'ils donnaient et donnent encore à tous les Turcs. Toujours est-il que Baba-Haroudj, que nous appelons Barberousse, était un de ces génies singuliers entre le grand homme et le brigand, souillé de trop de crimes pour mériter entièrement le premier de ces titres, doué de trop éminentes qualités pour être flétri d'une manière absolue de la seconde de ces deux appellations, un de ces caractères vigoureux et entreprenants, qui, dans les époques troublées, s'ouvrent unç large place, comme ces boulets que rien n'arrête. Les premières années de Baba-Haroudj sont remplies d'entreprises hardies, de coups de main violents, d'aventures. Il connut les hauts et les bas de la fortune. Chef de la chiourme à bord d'une galère turque, il est pris à la hauteur de Candie par les chevaliers de Rhodes. Après deux ans de captivité, pendant lesquels il rame sur les galères de l'ordre, il parvient à briser sa chaîne au milieu d'une tempête, et atteint, à travers mille périls, la côte à la nage. De retour à Constantinople il est repoussé par les trésoriers de la marine, qui lui reprochent sa galère perdue; et, pour gagner son pain, il devient successivement portefaix, journalier, conducteur de barque. Un meurtre et un vol lui fournissent les moyens de commencer sa vie de pirate. Engagé comme timonier à Constantinople, à bord d'une galère armée en corsaire avec un brigantin, il tue d'un coup de hache son maitre endormi, soulève l'équipage, et se fait re-
les de leur temps et les expéditions de Charles-Quint, nous nous sommes trè»utilement senri du consciencieux ouvrage de M. de Rotalier, intitulé Histoire d'Alger,
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