‹ Histoire de la conquête d'Alger (volume 2)Chapitre 131 sur 192 · AVEC L'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

AVEC L'ANGLETERRE

L'expédition d'Alger avait complètement réussi par la parfaite appropriation des moyens aux obstacles, la rare prévoyance qui avait présidé aux préparatifs, la vigueur intelligente, mêlée de^ prudence, avec laquelle les opérations militaires avaient été conduites, le concours dévoué de tous les services. Jamais grande entreprise ne prouva mieux la part importante que la sagesse humaine peut avoir au succès.

Quand le bateau à vapeur qui portait la nouvelle de notre victoire arriva au port de Toulon, Tenthousiasme des provinces méridionales ftit universel. C'était pour elles une victoire à la fois locale et nationale. Tout ce qui regarde la Méditerranée applaudit avec ivresse à la chute d'Alger, dont l'ombre menaçante s'était projetée longtemps sur le littoral.

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La nouvelle de la prise d* Alger n'arriva à Paris que le 9 juillet 1830, dans la matinée. Le baron d*Haussez, qui avait pris une large part au succès par la fermeté d'esprit et la décision de caractère qu'il déploya dans sa lutte contre les préventions du conseil de l'amirauté, et par l'impulsion puissante qu'il imprima à l'administration de la marine, en dépassant toutes les prévisions par la célérité des préparatifs, eut l'honneur de porter cette grande nouvelle au roi. «Apportée par un bâtiment à vapeur et transmise par le télégraphe, dit-il dans ses notes, cette nouvelle m'arriva le 9 juillet. Je m'empressai delà porter au roi, qui, en l'apprenant, s'avança vers moi en me tendant les bras. Comme je m'inclinais respectueusement pour lui prendre la main et la baiser : « Aujourd'hui^ me dit-il, on s'embrasse; j» et Sa Majesté me pressa contre son cœur avec une effusion, avec une bonté dont le souvenir me sera toujours cher et glorieux. C'était, hélas ! le dernier moment de bonheur que cet excellent prince devait éprouver. »

A midi, la nouvelle télégraphique commençait à circuler dans Paris ; à deux heures, elle fut affichée à la Bourse. Elle était ainsi conçue : « Alger s'est rendu à discrétion le 5 juillet à midi ; à deux heures, le pavillon du roi flottait sur le palais du dey. Tous nos prisonniers naufragés sont sauvés, u

Cette dernière nouvelle, ajoutée à la nouvelle de la victoire, étaîb une réponse adressée à la tendre sollicitude que le roi n'a* vait cessé de témoigner pour le sort des naufragés du Silène et de V Aventure^ et dont on retrouve la trace dans la correspondance officielle du temps.

Ce ne fut point sans émotion qu'on apprit à Paris la nouvelle de la conquête d'Alger. Les bruits -de gloire sont toujours les bienvenus en France, et les esprits les plus prévenus ne sauraient S3 défendre d'un premier mouvement de joie, à la vue d'une belle page ajoutée à notre histoire militaire par l'héroïsme de nos soldats. Mais ce sentiment ne dura qu'un moment, et les passions politiques prirent aussitôt le dessus. La Bourse, ce thermomètre financier qui marque les oscillations de l'opinion, demeura à peu

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