PREMIÈRE EXPÉDITION DE GONSTANTINE
uients du t6n*ain forment une défense naturelle. Constantine a quatre portes : celle du pont, ou Bab-el-Cantani, est du côté de Mansourah ; les trois autres, Bab-eM)jedid, Bab-el-Oued et Babel-Djabia, font face à Coudiat^Ati. Il y avait là un faubourg, audessous sont les écuries du bey, appelées le Bardot »
I^ maréchal envoya la brigade de Rigny sur le plateau de Coudiat-Ati, qui est le véritable point d'attaque; le reste de l'armée campa sur le plateau de Mansourah. Le 2* léger, sous les ordre du commandant Changamier, reçut Tordre de traverser le Rummel a gué, opération hardie et périlleuse, et d'occuper les vastes bâtiments du Bardo. Le maréchal dit au commandant Changamier, qu'on commençait déjà à regarder comme un homme à la hauteur des tâches difficiles, d'aller s'établir dans ce bâtiment et d'y faire flotter le drapeau tricolore, a Cela, ajouta-t-il, produira un grand eflet sur la population. » C'^it un dernier sacrifice lait par le maréchal aux illusions qui l'avaient amené devant Constantine. Le bâtiment ftit occupé sans coupfiérir, à la tombée du jour; le drapeau arboré fut salué, le lendemain, dès que l'aube parut, par une vive canonnade qui ne lit point de mal au 2" léger retranché par son commandant dans les profondeurs du bâtiment. Sa présence dans le Bardo devenait inutile, puisque la démonstration sur laquelle comptait le maréchal avait manqué son effet; le commandant Changamier saisit le moment où les troupes du bey exécutaient une sortie, se jeta/apidement sur leur flanc, contribua à les obliger à la j*etraite et se réunit à la division de Rigny.
Le lendemain 22 novembre, l'armée était donc ainsi disposée : la division de Rigny au delà du Rummel sur le plateau de Goijh diat-Aty; laj division Trézel, avec le maréchal Clausel, sur le Mansourah. L'armée avait, les jours précédents, subi des souf-* trances si mdes, qu'elle commençait à se démoraliser; les ton* neaux d'eau-de-vie avaient été pillés et défoncés.
Ahmed-Bcy avait laissé le commandement de Constantine à
* Ammles aUjèriemus, par le cdpittme Pi lissier.
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Ben— Aïssa, et tenait la campagne avec sa cavalerie. Le lemp> s'était mis au beau, mais le Rummel, grossi par la pluie des jours précédents, n'offrait plus de gué. Ahmed-Bey tenta une attaque sur les derrières de la division de Rigny ; il fut vigoureusement repoussé par le iT léger et par le bataillon du 2". Cette abin* fit tant d*honneurà ce bataillon,que le général deRigny,ayantreçii par un soldat qui traversa le Rummel à la nage, un billet du commandant en chef, ainsi conçu : « Attaquez à minuit la portr qui est devant vous, » choisit pour diriger cette attaque le commandant Ghangarnier, en adjoignant à son bataillon trois compagnies d*élite du 17^ léger. Un ordre plus détaillé arriva daD> la soirée, vers les huit heures, grâce à la baisse des eaux, que b' beau temps avait diminuées ; le maréchal désignait pour commander l'attaque le colonel Duvivier; ce vaillant homme de guerre revendiqua son droit, qui dut être respecté.
Le maréchal, presque à bout de munitions et de vivres, nr pouvait songer à un siège régulier; sa seule ressource était de brusquer un assaut, sauf à se retirer s*il échouait. C'était le parti qu'il adoptait. A minuit, tandis que le colonel DaviTier tentait de faire sauter avec des sacs à poudre la porte Bab^l- Oued , le colonel Lemercier, de la division Trézel, essayait de birr sauter celle qui fait face au pont de Constantine. Toutes les cir constances se trouvèrent réunies contre cette double tentative La pluie cessa, le temps se rasséréna; le clair de lune, qui dénonçait l'opération, favorisa les assiégés ; ils dirigècent sur le:" assaillants un feu meurtrier; il y eut de l'encombrement et delà confusion sur les deux points, et la double attaque, qui ne pouvait guère réussir que par une surprise, échoua complètement.
Déjà on avait éprouvé des pertes cruelles. A l'attaque du pont, le général Trézel, gravement blessé, avait du laisser le commandement au colonel Héquet. A l'attaque de la porte Bab-el*Oued. le commandant Richepanse, digne fils du général républicain de ce nom, avait été tué, et le capitaine Grand, de Farme du génie. mortellement blessé. Il fallut faire retirer immédiatement ^ colonnes, labourées par les boulets ennemis, qui, dans c^
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