‹ Histoire de la conquête d'Alger (volume 2)Chapitre 175 sur 192 · LE DUC D'AUMALE GOUVERNEUR · texte numérisé non relu

LE DUC D'AUMALE GOUVERNEUR

commandanU des proTÎnces, les chefa de radministration civile, et voulut discuter avec eux, en présence du conseil supérieur de la colonie, non-^seulement le système général du gouvernement indigène, mais aussi et surtout les mesures à prendre pour favoriser le développement graduel de la colonisation européenne. Cette réunion eut l'avantage de déterminer un parbit accord entre tous ceux qui devaient coopérer à la même œuvre, et de concilier au nouveau gouverneur la confiance de tous ses coopérateurs, frappés de l'élévation d'idées et de l'expérience pratique qu'il déploya dans cette réunion.

A mesure que notre conquête faisait des progrès, on avait cherché à organiser notre domination. Dans la division nouvelle, il n'y eut plus que trois provinces, ou plutôt trois grandes divisions militaires, Alger, Oran, Constantine. La province d'Alger, d'une superficie de 113,000 kilomètres carrés, contintsix subdivisions, dont les chets-Ueux turent Alger, Blidah, Médéah, Aumale, Hiliana et Orléansville. La province d'Oran, d*une superficie de 102,000 kilomètres carrés, compta cinq subdivisions, Oran, Mascara, Hostaganem, Sidi-bel-Abbès et Tlemsen. La province de Constantine, de 175,000 kilomètres carrés, n'eut que quatre subdivisions, Constantine, Bône, Sétif et Batna. Dans chaque province il y eut onze cercles commandés par des offih ciers supérieurs, avec un bureau arabe auprès de chaque commandant militaire chargé du gouvernement des indigènes. Les Arabes gardèrent leur organisation propre; seulement les grandes tribus, les kaïdiks formés de plusieurs tribus, furent placés sous la haute direction du commandant militaire de chaque cercle; les kalifs, les kaïds, les agas, les cheiks, furent désignés par Tautorité française, sur la notoriété de leur influence ou sur présentation. C'était la pensée du maréchal Valée. On conserva, comme intermédiaires entre la France et les tribus les plus éloignées et les plus indépendantes, ceux qui avaient sur elles une action acquise. Ce lut surtout le système qu'on adopta vis-à-vis des tribus kabyles et celles du Sahara. C'est en conformant ainsi son gouvernement à la nature des choses, au lieu de chercher à

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618 TABLEAU DE LA GONQOÊTE DE rALGÉRIE.

plier violemment la nature des choses aux idées inflexibles d'im gouvernement conçu à priori^ que la France devait parvenir à régner sur les 1,1^^ tribus, formant une population d'à ptn près 3 millions d'âmes, qui reconnaissent aujourd'hui la domination française.

L'Algérie était soumise ; mais Abd-el-Kader, libre encore $ur les terres du Maroc, menaçait de ses tristes regards notre domination, qu'il avait si longtemps combattue. 11 était réservé à U courte administration de M. le duc d'Aumale de voir tomber c dernier danger. L'émir, suspect depuis longtemps à l'empereur du Maroc, qui était cependant partagé entre sa vénération pour le marabout et la crainte que lui inspirait le compétiteur, augmenta tellement, par ses manèges, les appréhensions de scn hôte involontaire, que la crainte et par suite la haine fimrent par l'emporter sur le respect. Une première attaque ayant êl tentée contre lui par les troupes marocaines conduites pjr Mouley-Hachem, neveu de l'empereur, Abd-el*Kader les attaqiiii à son tour et mit en déroute le camp ennemi. Plusieurs tribu^ marocaines, croyant que sa fortune abattue en Algérie allait S'relever dans le Maroc, où peut-être une révolution s'opérerait '. son profit, se déclarèrent en sa faveur. Ce fut le signal de sa perte. Abd-er-Rahman, poussé à bout, renonça alors à sa cu-h duite équivoque, prit son parti et se mit franchement d*acco:i avec les Français pour donner la chasse à l'émir. Le général Lamoricicre, averti, accourut à la frontière pour mettre la mzw sur cette noble proie.

Refoulé par les troupes marocaines, devenues trop nomlNneur^ pour qu'il pât les vaincre, Abd-el-Kader commença à éprouver cet abandon précurseur des déchéances. Ses denx frères euxmêmes, Sidi-Mustapha et Sidi-Saïd, le quittèrent et allèrent -^ rendre aux Français. L'opiniâtre Abd-el-Kader voulut résistr; encore. Quelques compagnons de ses luttes, hommes d'elit» éprouvés par tant de combats, restaient fidèles à l'agonie de '.. fortune de leur général. Il envoya sur le territoire français toi la partie de sa deira impropre au combat : les femmes. K^

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