VILLE
L'enceinte d'Alger consiste en un mur à l'antique, de 11 à 15 mètres de hauteur, couronné d'ouvertures à meurtrières et eu tout de 214 embrasures h canon, garni généralement, h petites distances, de tours h peu près cai*réeS| sans saillie et sans capacité. 11 n'y a que les parties FF F qui puissent être regardées comme véritablement flanquantes. Le fort est creuse en forme à peu près triangulaire, en sorte qu'il y a en général de chaque côté un talus en terre, depuis le niveau du terrain environnant jusqu'au fond. Cette profondeur peut être de 6 à 8 mètres. Le fossé e€t boixlé, à l'extérieur, d'un mur de 6 à S pieds de haut, sur 12 à 15 pouces d'épaisseur; depuis la porte Neuve jus- <|u'k celle de Babasson, un peu au-dessus et au-dessous de la porte de Babalouet, il est partagé en deux par un mur presque parallèle à la contrescarpe, surmonté de petits massifs détachés, dans lesquels on a pratiqué des créneaux l)our fusils. L'espace entre ce mur et l'escarpe est plus élevé que le reste et fonne une espèce de baie fausse.
Toute la partie supérieure, c'est-k-dii-e les deux tiers de la ville, sont interdits aux Européens. C'est une espèce de merveille que de passer par la {wile Neuve; on s'est hasardé cependant k parcourir les rues RRR, ce qui il donné ^moyen d'observer un peu la Casauhah et la forme du rempart.
Le mur d'enceinte se compose d'une espèce de terre-plein de 3 k 5 pieds de large, au-dessus duquel s'élève, de 3 à 4 pieds au plus , un parapet do I k 3 pieds d'épabseur qui, comme nous l'avons dit, est percé d'ouvertures pour la fuftillade et le canon : elles sont toutes k peu près de la même gran-
Googk
deur. Le rempart toinbe presqu^à pic des deux eûtes ; ainsi hon épaisseur totale est de 5 à 6 pieds au plus. Il y a, de distance en distauce, des escaliers pour monter au terre-plein, dont râéTation an-dessus du sol de la rille peut ▼arier de 8 k 20 pieds.
On a passé devant la porte de la Casaubah, mais on n*a pu Toir l'enceinte, devant laquelle sont des maisons ; on en a découvert le sommet de b mer et du port. La Casaubah forme un triangle dont deux côtés lui sont communs avec la ville; le troisième, qui fait fore à la mer, a un fossé et un raui semblables au reste et même plus fort.
Le côté nord-ouest de la ville n'est point attaquable, au moins sur les deux premiers tiers de son développement à partir du bas. La première portion est couverte par le faubourg et Ton serait pris à dos par le fort des Vingt-Qualrto Heures. Sur la deuxième, la pente est extrêmement rapide, couverte de nuisons, dVbres et entrecoupée de murs. Le dernier tiers est plus accessible; «a pourrait s'établir en (38), mais il serait difficile d'aller à la brèche ; on arriverait avec beaucoup de peine en (38), et il fiiudraît donner une hauteur coiisû dérable aux cavahers de tranchée ou plutôt batteries de brèches. Le fossé e^t là assez grand, et Ton aurait quelque chose à craindre des petits flancs. D'ailleurs, en entrant dans la viUe, au-dessous delà Casaubab, il faudrait, en quelque soite, faire un second siège, puisque ce lieu est la citadelle de la ville éL qu'on y renferme le trésor et tout ce que Ton a de plus pi*écieux. Ce siège ne serait pas aisé à faire h cause de la pente du ten^, des maisons et de> chicanes qu'on pourrait éprouver de la part des habitants.
L'autre côté de la ville est à peu près dans le même cas que le précédent, surtout depuis la porte de Babasson jusqu'à la porte Neuve.
La gorge n'est point attaquable h cause des forts de la Marine. Il faudrait s'attacher à l'angle de l'est où l'on serait encore tourmenté ; il resterait toujours à prendre la Casaubah.
On peut s'établir en (37) contre le saillant du sud; là on commande au lieu d'être commandé; on descend à la brèche par une pente donce; on aurait pa>sablemcnt de la terre, ce qui est à considérer, autour de la ville ; on n'a point de feux de flanc à craindre, et l'on passerait la partie la plus étroite et la moia< profonde du fossé ; enfin la prise de la Casaubah doit entraîner tout le reste par l'avantage qu'on aurait sur le palais du Jcy, sur toute la ville et sur la Narine. qu'on prendrait à dos.
Cette attaque pourrait être secondée par une autre ou plutôt par un prolongement sur le cimetière, à droite du chemin ; mais il fiiudrait bien se doonii de garde de découvrir les morts.
Dans cette attaque on a à battre en brèche la partie probablement la plu> épaisse de l'enceinte; mais cette considération est bien petite auprès de U»us les avantages qu'on a d'ailleurs. Les pièces basses de la Casaubah deviendraient nulles par le seul fait de la brèche, et le terrain ne leur pennettrait guère d<^ tirer auparavant.
On voit encore que, |)0ur cette attaque, il faut être maître du château de l'Empereur.
FORT DE L^ÉTOILB OU DES TAGARINS.
lln*existc plus; il fut, dit-on, détruit par uue esclave qui, de dépit amoureux contre son maître, qui en était gourerneur, mit le feu au magasin h poudre. Il avait été construit par Assan-Pacha.
HAAINfi.
C'est la partie la plus forte. L'aimement est considérable (180 pièces), et du canon du plus gros calibre : il y en a de 36, 48 et même au-dessus. Les pièces du rez-de-chaussée sont bien couvertes ; c'est là que les Turcs se complaisent dans leur confiance et croient pouvoir défier toutes les puissances de l'Europe ; tous se jettent à la Marine en cas d'alerte. 11 faudrait donc paraître devant ce point pour les y attirer ; mais on croit qu'il serait aussi dangereux qu'inutile d'\ former une attaque réelle, à moins d'avoir une flottille exprès pour cela.
U possession des forts de la Marine serait sans doute très-avantageuse dans le cas qu'il arrivât une flotte de secours à l'ennemi ; mais, si la nôtre peut, en peu d'heures et presque sans danger, s'emparer des forts Matifoux et de l'Eau, et se mettre ensuite sous la protection de l'un et de l'autre, des batteries voisines et de celles qu'on pourrait faire encore, il faudrait peut-être se consoler de ne \)Sks occuper la Marine, puisque notre flotte n'en recevi*ait pas une protection suflisaute, ne pouvant entrer dans la darse, où il n'y a que 15 k 20 pieds d'eau, et dans le voisinage de laquelle la flotte de secours pouri-ait toujours tourmenter notre droite. Il faut remarquer encore que nous ne pourrions profiter de la darse qu'autant que nous fussions maîtres de la ville, dont la prise peut bien ne pas suivre immédiatement.
Dans tous les cas, le mieux serait que la flotte revînt le plus tôt possible ; sa présence sur ces parages serait toujours une amoree pour les Anglais.
FORT HEUF A l'aNGLB NORO-OUEST DE LA VILLE.
Il est à peine achevé et n'est pas encore armé. 11 appuie la droite de la Marine (par rapport i nous); il y a entre lui et le môle 8 pièces en batterie ; à la droite sont quatre autres batteries. C'est donc encore un point dont il faut s'approcher avec circonspection.