II PRÉFACE
celte mer avaient eu et avaient encore à souffrir de hi piraterie. Les idées religieuses qui s'alanguissent quelquefoisy mais ne meurent jamais, se réveillèrent à l'aspect de la lutte que la civilisation chrétienne engageait contre la barbarie musulmane sur cette terre d'Afrique, où le catholicisme avait Qeuri pendant la domination romaine, où saint Augustin, ce flambeau de l'Église d'Hippone et de l'Église universelle, avait brillé, où, bien des siècles plus tard, saint Louis, souvenir cher et douloureux au cœur de la France, était venu mourir.
Les graves conséquences du succès de cette expédition achèvent d'en faire un événement considérable. La Méditerranée affranchie du tribut que levaient les corsaires, l'esclavage chrétien aboli sur cette longue ligne de côtes inhospitalières occupées par les puissances barbaresques, un nouvel ébranlement apporté à la puissance mahométane, une porte ouverte à la domination française et à la civilisation européenne, introduites par la même victoire en Afrique, les efforts énergiques et persévérants de la France sous le gouvernement de Juillet, pour faire fructi- Ger cette victoire et compléter la conquête de la ville par celle de tout le territoire de la Régence, les longues luttes militaires et les brillants combats qui en furent la suite, l'admirable école qu'y trouva notre armée, les talents des généraux qui s'y formèrent, la forte discipline, l'activité infatigable et intrépide des soldats initiés au métier des armes par ces rudes campagnes où la vigilance, la rapidité des mouvements, Thabitude de la fatigue, le mépris des intempéries des saisons sont, non pas seulement des conditions de victoire, mais des conditions de vie ; les grandes traditions militaires ainsi continuées et même perfectionnées dans notre nrmée, malgré la prolongation de la paix européenne; les résultats agricoles et industriels déjà rc-
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