PRÉFACE. III
iiiarquables de cette nouvelle possession : il y a dans cet ensemble de faits quelque chose qui rehausse encore l'importance de la première expédition, source principale iroù sont sorties toutes les conséquences ultérieures.
L'époque où nous sommes semble bien choisie pour écrire l'histoire de la conquête d*Àlger. On n'est ni trop près des événements pour pouvoir dire toute la vérité sur les hommes et les choses, ni trop loin pour la savoir tout entière. Ceux qui ont eu la principale part dans ces événements ont disparu de la scène du monde. Le roi Charles X a terminé dans l'exil, en 1836, sa longue et laborieuse vie. Son adversaire vaincu, Hussein-Pacha, dernier dey d'Alger, ne lui a survécu que deux ans. Vingtsix jours seulement après la chute du deylik, la monarchie française disparaissait en trois jours, comme ces tentes qu'on dresse dans le désert et qu'un ouragan emporte. M. de Bourmont, qui prépara l'expédition militaire comme ministre delà guerre et commanda l'armée comme général; l'amiral Duperré, qui conduisit la flotte, ont cessé de vivre. M. d'Haussez, le dernier ministre de la marine de la Restauration, qui lit les préparatifs de l'expédition maritime avec une activité sans égale et qui, par la décision de son esprit et la vigueur de son caractère, eut une grande part à la résolution prise par le roi Charles X de conquérir Alger, est allé depuis peu les rejoindre. M. Denniée, l'intendant général qui eut la direction supérieure du mouvement de l'administration pendant la campagne, est mort comme eux. Tant les années marchent vite, en emportant les générations que nous avons vues se mouvoir sous nos yeux, les hommes que nous avons connus, écoutés, suivis ou combattus! L'historien se trouve donc, par rapport à la conquête d'Alger, dans les conditions de la véracité et de l'impartialité la plus complète.
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