‹ Histoire de la conquête d'Alger (volume 2)Chapitre 21 sur 192 · BARB8B0DSSE ALLIÉ DE FRANÇOIS · texte numérisé non relu

BARB8B0DSSE ALLIÉ DE FRANÇOIS

à Polia (c'était TamlMissadeiir de France) une armée maritime de telle qualité et quantité que Tavez demandée, il est commandé à Famiral Barberousse qu'il mène la guerre contre l'ennenii à Totre youloîr. » Pendant que le roi très-chrétien s'alliait avec le croissant, le dief du saint-empire s'alliait avec l'hérésie dans la persomie de flenri VIU. Désormais, aux yeux des gouvernements, les intérêts politiques dominaient tout.

On vit, en 1543, Barberousse paraître à Marseille avec une flotte de cent cinquante bâtiments. Il avait, en passant, fait le sac de Beggio, et enlevé la fille du gouverneur, dont la beauté l'aTaît frappé, et qu'il contraignit à embrasser le mahométisme pour l'épouser. L'âge n'éteignait point les passions chez le fougueux pirate. Avec ce faste qui lui était naturel, il menait le cortège d'un roi et en prenajt le titre ; on lui rendit en France les plus grands homiiMirs : toute la cour de François T'', conduite par le comte d'Enghien, nommé à vingt ans commandant des forces réunies à Marseille, accourut dans cette ville pour voir de près les Turcs et l'homme extraordinaire qui les commandait. Barberousse était avant tout un homme d'action; or rien n'était prêt à Marseille pour agir ; il s'en plaignait avec la violence d'un corsaire et l'amertume d'un homme de guerre qui voit sa renommée compromise. Au moment d'agir, François P hésitait. Il sentait ce qu'il y avait d'odieux dans son alliance avec les Turcs, et surtout dans la coopération des flottes barbaresques et françaises; il craignait l'exécration qu'attacheraient à son nom les excès commis par ses sauvages alliés, qui ne faisaient la guerre que pour le pillage qu'elle procure et pour les excès qu'elle entraîne. Il se décida cependant à la fin, et les armées combinées se dirigèrent contre Nice. La ville fut prise, mais on ne put forcer la citadelle. Bientôt les Français, mal approvisionnés, manquèrent de munitions, et Barberousse, à qui ils en demandèrent, leur répondit par d'injurieuses et de cuisantes railleries, en leur disant qu'ils avaient mieux aimé, sans doute, charger leurs navires de barils de vin que de barils de poudre. Le marquis du Guast arrivait au secours de la citadelle avec dos

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52 ALGÉRTB : ORIGINES HISTORIQUES.

forces nombreuses; on se rembarqua après avoir pillé la ville. L'expédition, mal conçue, mal conduite par des alliés qui ne s'entendaient pas, et qui, au fond, se haïssaient, finissait mal. On remarqua seulement la supériorité des Turcs sur les chrétiens dans Tart de construire les batteries de siège et de les diriger : les Français et les impériaux furent unanimes à la reconnaître.

Du reste, cette guerre révéla de plus en plus la tendance des cours à laisser prévaloir les intérêts sur les croyances. Tandis que François 1^ était, comme on Tadit, Tallié des Turcs, Charles-Quint celui de rhérétique, Barberousse se montrait avant toutTami de son plus glorieux adversaire, André Doria. Ces deux hommes de mer semblaient se ménager réciproquement, comme s'ilscomprenaient que Texistence de Tun importait à l'influence et au crédit de l'autre. Doria avait laissé Barberousse sortir de Bone après son désastre de Tunis, Barberousse refusa d'attaquer la flotte impériale dispersée par une tempête, et les officiers turcs lui dirent, en le raillant à ce sujet, qu'on se ménageait, ils le voyaient bien, de corsaire à corsaire. En outre, Gênes rendit sans rançon, à Barberousse, le célèbre pirate Dragut, pour lequel il avait précédemment oflert jusqu'à trois mille ducats d'or, et le lui renvoya comblé de présents. Il est vraisemblable qu'on achetait ainsi son abstention de toute grande opération militaire. Tout le mondey trouvait son compte : l'empereur, que les Turcs n'affaiblissaient pas, tout en pillant ses sujets ; les Turcs, qui, préférant le pillage à la guerre, dévastèrent sans péril les côtes d'Espagne, et portèrent un riche butin à Alger.

François 1" seul y perdit. Il eut l'inconvénient moral de l'alliance des Turcs, sans en avoir les avantages miUtaires. Le comte d'Enghicn gagna, pendant l'hiver, la sanglante et inutile bataille de Cérisoles, en Italie. Barberousse hiverna avec sa flotte à Toulon, hôte àla fois compromettant, dangereux, incommode, inutile, onéreux et insolent. Charles-Quint rallia toute l'Alle- . magne contre François P, à la diète de Spire, avec ce mot : a L'alliance des Français et des infidèles, » et le scandale de sa

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