RAPPORTS DE LÀ FRANGE AVEC ALGER
tentrionales de FAIrique durant le treizième et le quatorzième siècle; mais, dès le siècle suivant, les guerres des Anglais au nord et à Touest de la France, et les luttes soutenues par les corn* tes de ProTence pour consei*ver les droits de la maison d*Anjou à la couronne de Naples et de Sicile, ayant fait monter le taux de l'argent à vingt pour cent, rendirent le commerce périlleux et peu productif. Venise, parvenue à l'apogée de sa prospérité, l'absorba presque entièrement.
Après l'expulsion des Anglais, le commerce, favorisé par Charles VII et Louis XI, prit un essor nouveau . Maraeille s'ouvrit alors des communications directes avec les côtes de la Méditerranée, 011 elle avait d'abord envoyé ses vaisseaux, et rétablit partout ses comptoirs et ses consuls. Les pavillons de France et de Venise jouirent alors seuls, dans la Méditerranée, de privilèges spéciaux.
Plusieurs chartes, bulles et diplômes de la première moitié du quinzième siècle parlent des possessions du roi de France en Mauritanie. Hais, à partir de 1 450, on peut suivre sans interruption rbistoire de ces possessions. A cette époque, deux marchands de Marseille, Thomas Linché et Martin Didier, y conduisirent un assez grand nombre de leurs compatriotes. Ils payaient aux Arabes certaines redevances pour se concilier leur amitié ; cependant ces espèces d'étrennes en usage dans le pays où tout se fait au moyen de présents, et où les présents prennent facilement un caractère périodique, n'impliquaient point, de la part du gouvernement français, l'abdication du droit de souveraineté sur ces possessions. On en trouve la preuve dans deux faits dignes de remarque : le roi de France nommait les chefs de plusieurs tribus, d'accord avec les gouvernements de Bougie, d'Alger et de Constantine, usage qui s'est perpétué jusqu'au dix-neuvième siècle, et notre gouvernement fit élever différents forts sur le littoral, pour assurer la conservation de ces possessions et protéger les i^ujets français qui venaient commercer dans le pays ou s'y livrer à la pèche du corail.
Les Turcs trouvèrent les Français ainsi établis sur la côte d'A-
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fnque quand ils y parurent eux-mêmes. En 1518, le sultan Sélim 1" ayant conquis la Syrie et l'Egypte et répandu TépouTante sur tout le littoral méridional de la Méditerranée, les consuls français au Caire et à Alexandrie demandèrent à ce prince la reconnaissance des propriétés françaises sur la côte de Barbarie ; Sélim les reconnut par un acte dans lequel il les déclarait trèsanciennes.
Plus tard, Barberousse, après avoir fait la conquête de Constantine, s'empara du Bastion de France, centre militaire de nos établissements de poche et de commerce, et emmena comme prisonniers de guerre les Français qui y résidaient; mais, peu de temps après, ils furent relâchés par ordre exprès du sultan Soliman et remis en possession du Bastion de France, des forts qui en dépendaient et de la pèche du corail.
Ce fait est important dans l'histoire des relations du gouTernement français avec la régence d'Alger. En effet, les circonstances générales qui le portèrent à faire entrer dans les principes de sa politique l'alliance de la Porte Ottomane exercèrent une influence naturelle sur ses rapports avec Alger, lorsqu'un gouvernement turc s'établit dans cette ville. Dès 1525, il y avait des relations amicales entre la Porte et la France. En 1536, Jean de Laforêt, chevalier de l'ordre de Malte, conclut un traité de commerce entre François T' et Soliman. Ce traité garantissait la libre navigation des bâtiments des deux puissances sur leurs côtes respectives, l'inviolabilité des consuls, jusque-là considérés comme des otages responsables, la juridiction souveraine des consuls dans toutes les affaires civiles ; la mise en liberté des esclaves faits antérieurement ; l'engagement pour l'avenir de ne plus réduire les prisonniers de guerre en esclavage. Ce traité servit de base à tous ceux que les rois de France conclurent dans la suite, soit avec la Porte, soit avec les puissances barbaresques, et quand la violation de ces clauses rendit nécessaires de nouveaux accords, on ne fit guère que confirmer ou reproduire l'esprit de ces dispositions.
Les relations amicales que la cour de France entretenait avec
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